publié le 18 février 2016

Trésor acte à la Française

Cela fait 15 ans qu’on nous raconte que l’Angleterre est une terre bénie pour la détection. Cet article a pour but de vous expliquer brièvement comment cela se passe d’un point de vue légal au Royaume Unis. Le Treasure Act est une loi du Royaume-Uni votée en 1996. Elle concerne les trésors découverts en Angleterre, en Irlande du Nord et au pays de Galles. Selon cette loi, toute personne découvrant un trésor sur un de ces territoires doit le déclarer au coroner (un fonctionnaire chargé d’enquêter sur les circonstances d’un décès violent, obscur ou qui semble le résultat d’un crime, et d’en déterminer la cause.) le plus proche dans les quatorze jours suivant la découverte. Une enquête est alors menée pour déterminer si les objets découverts forment bien un trésor. Dans ce cas, le Treasure Valuation Committee, un organisme d’experts indépendants, est chargé de déterminer la valeur marchande du trésor, en vue de son acquisition éventuelle par un musée. Si aucun musée ne désire acheter le trésor à ce prix, le découvreur peut en disposer. Grâce à cette loi 90% des trésors trouvés au Royaume Unis sont déclarés d’après les archéologues locaux; en France la proportion est clairement inversée, et aujourd’hui à notre humble avis, compte tenu de la radicalisation d’une minorité de l’archéologie française et d’une loi bancale, ce sont moins de 10% des trouvailles qui sont déclarées. Le Treasure Act n’est cependant que la partie visible de l’iceberg… Au royaume unis archéologues et prospecteurs travaillent la main dans la main. Oui, vous avez bien lu, main dans la main. Cela fait bien longtemps que les instances archéologiques ont compris l’utilité des prospecteurs. Des archéologues anglais m’avouaient que malgré certaines voix qui s’insurgeaient contre ce partenariat, la grande majorité bien que méfiante s’y est résignée. Pourquoi me demanderez vous ? Les anglos-saxons sont connus pour leur pragmatisme. Cette doctrine est une méthode philosophique tournée vers le monde réel. En effet,l’essor que connait notre loisir depuis quelques années en France, cela 20 ans qu’il s’est produit en Angleterre avec la création de nombreux clubs locaux très bien organisés et influents ainsi que l’ouverture de nombreux points de vente de détecteurs qui contrairement à la France, ne ferment pas au bout de 1 ou 2 ans. Quand plus de 100 000 prospecteurs commencent à errer dans les champs, vous avez 2 solutions et une opportunités. Soit vous ne faites rien, c’est qui prévaut en France depuis 1989. Soit vous réprimez, c’est ce que certains pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Italie choisissent. Cela ne fonctionne pas, puisque les régions au sud de l’Espagne et la Suède qui avaient fait ce choix, sont revenues en arrière plus ou moins sous la contrainte. La 3ème solution est une opportunité. Il s’agit de se servir des prospecteurs pour faire avancer la connaissance, entourer notre loisir d’un cadre légal définissant droits mais aussi devoirs. Ce partenariat gagnant-gagnant se manifeste sur le terrain par la présence de professionnels de l’archéologie lors des rallyes, par des agents de liaison chargés de faire le tri entre le trouvailles et de déclarer les spécimen intéressants et par la mise en place d’une base de donnée participative financée par le ministère anglais de la culture et des sports (DCMS): Le Portable Antique Scheme que vous pouvez trouver ici: http://finds.org.uk. Ainsi, tout ce qui est trouvé est identifié et daté sur ce site. Une équipe de modérateurs spécialistes validant tout cela sous la houlette du British Museum. Bien entendu même outre Manche, il y a toujours des mécontents, des extremistes, des mandarins inutiles soucieux de protéger leur chasse gardée, mais ils sont plus que minoritaires. Vous pouvez par exemple jeter un coup d’œil à ce blog tenu par un archéologue anglais exilé en Pologne farouchement hostile au détecteur de métaux: paul-barford.blogspot.fr
Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains