publié le 06 octobre 2015

RESTRUCTURER NOTRE MARINE AUTOUR DE TROIS COMPOSANTES PRINCIPALES

Notre Marine Nationale est actuellement structurée principalement autour d’un Groupe Aéronaval avec un seul porte-avions, le Charles De Gaulle. Or, pour disposer d’au moins un porte-avions en permanence sur zone d’action opérationnelle, il en faut 3 ce qui n’est pas à la portée budgétaire de la France. L’expérience de plusieurs décennies montre que nous ne pouvons pas compter sur des partenaires européens pour défendre nos intérêts vitaux malgré le fait que ces derniers nous soient le plus souvent communs. Notre Marine est donc orpheline de son unique porte-avions plus des 2/3 du temps avec les conséquences opérationnelles que l’on imagine et les changements de posture périodiques que cela implique dans son organisation et ses déploiements. Ce qui tenait encore la mer avec 2 porte-avions a été rendu caduc par la décision du président Sarkozy d’annuler la construction du second. Il sera dès lors déraisonnable de programmer un successeur au CDG. Libérée de la protection de son principal actif, la Marine devra assurer les missions qui s’imposent à elle autour de trois composantes. Une force de sous-marins, tous à propulsion nucléaire, avec : 4 unités pour la dissuasion (SNLE) équipés chacun de 16 missiles intercontinentaux « mirvés » ; 4 unités pour la coercition littorale profonde (type Suffren allongés) équipés chacun de 48 missiles portant à un millier de kilomètres, pouvant ultérieurement être propulsés plus loin en grappes de six par un premier étage commun; 8 unités polyvalentes pour l’intervention discrète en mer ou sur les atterrages. Une force de souveraineté en surface, avec : dix-huit frégates polyvalentes de premier rang et autant d’escorteurs hauturiers pour la haute mer, des patrouilleurs côtiers et des unités de déminages pour les zones littorales avec les aéronefs à voilures fixes ou tournantes adaptés à leurs différentes missions ainsi qu’un train logistique leur permettant d’opérer sur les théâtres nécessaires. Une force d’intervention, de la coercition à l’action humanitaire, avec trois BPC (type Mistral) et trois bases flottantes en béton de 800.000 tonnes pour 800 mètres de long et 80 de large. Ces bases pourront constituer une piste continue avec un hangar protégé dessous. Autopropulsées par un diésel électrique de 80.000 chevaux pour leurs transits, elles peuvent rester quasi indéfiniment sur le même théâtre d’opération avec une protection passive de cloisons de béton armé (50 cm d’épaisseur et 2,5 t/m3) à raison de 8 longitudinales, 32 latérales et de 6 ponts. La protection active est assurée par un équipement anti-aérien identique à celui d’une FREDA. Dotées de 3 ascenseurs latéraux qui donnent accès au hangar (600 m x 45m) protégé sous deux ponts et isolable en 3 volumes par deux cloisons étanches amovibles elles n’ont aucun des équipements spécifiques et coûteux des PA et bien que quasi insubmersibles, sauf en cas d’attaque nucléaire, elles sont équipée de deux centrales à béton en avant et en arrière du hangar pour les réparations éventuelles. La vitesse de déplacement est faible et quatre pods permettent de stabiliser les plateformes sur zone. De telles bases, sans les systèmes complexes des porte-avions, seraient bien moins coûteuses tant à la construction qu’à l’entretien (300 personnels hors aviation, pas d’IPER) et à l’utilisation (pas d’escorte sauf éventuellement une FREMM en transit). Elles pourraient accueillir jusqu’à une centaine d’appareils d’une coalition et de nombreux types d’aéronefs y compris pour l’ASM, l’AA, l’assaut, le transport, les patrouilles et la direction des opérations aériennes. Navigables dans une zone restreinte, ces bases n’auront, évidemment, pas la souplesse de porte-avions pour les actions en haute mer mais la France ne se destine probablement pas à affronter en surface une escadre dotée de porte-avions, d’autant que ceux-ci sont vulnérables aux attaques discrètes des SNA comme l’a démontré récemment notre vieux « Saphir ». Mais au tiers du coût d’un seul PAN (1,5 milliard d’Euros contre 4,5) pour une performance opérationnelle bien supérieure on peut y réfléchir à … au moins trois fois !

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