publié le 05 octobre 2015

Relever le niveau de l'enseignement

Le niveau de l'enseignement en France n'a pas cessé de se dégrader depuis des années. Cette érosion s'est enclenchée depuis la décision de faire accéder 80% d'une classe d'âge au baccalauréat. Ce taux est de mon point de vue un leurre, un détournement de l'égalité des chances. Je constate en effet que plus le taux de réussite au baccalauréat s'accroit, plus les inégalités s'accroissent... Les nombreuses réformes engagées depuis cette décision "politique" ont eu paradoxalement pour seuls résultats de faire rétrograder la France dans les classements des pays industrialisés (nous sommes aujourd'hui en dessous de la moyenne alors que nous étions encore en tête de ces classements à la fin des années 80).

Sur ce constat, je proposerais de revoir les programmes scolaires afin que les connaissances acquises par les élèves au baccalauréat soient alignées avec celles attendues pour poursuivre dans l'enseignement supérieur. En effet, les taux de réussite en première année universitaire sont beaucoup trop faibles. Si je prends l'exemple du baccalauréat scientifique, je constate que dans cette section le programme de mathématiques a été fortement réduit et simplifié. Le nombre d'heures consacrées à cette discipline fortement réduit. Ceci a eu pour conséquence directe de créer un fort décalage entre le niveau atteint à la fin de la terminale et celui nécessaire pour réussir le début des études supérieures. Revoir le niveau à la hausse aura mécaniquement pour conséquence de réduire le nombre de bacheliers mais les diplômés auront une plus grande probabilité de réussir dans l'enseignement supérieur. Cette décision réduira aussi de fait le nombre d'étudiants entrant à l'université et permettra donc d'améliorer la qualité de l'enseignement.

La révision à la hausse des programmes scolaires jusqu'au baccalauréat doit s'accompagner d'une revalorisation des filières de l'enseignement court après la classe de 3ème (CAP et BEP) et les possibilités de passerelles permettant aux élèves en fonction de leur niveau et de leur motivation de pouvoir accéder à un niveau supérieur. De trop nombreux élèves passent 2 ou 3 ans après le baccalauréat dans l'enseignement supérieur sans obtenir le moindre diplôme. Cela créé de grandes désillusions et frustrations et pire une inadaptation aux besoins du marché du travail. Il ne faut pas craindre de dire que l'école est un lieu de sélection. L'école doit donner la possibilité à chacun, en fonction de ses capacités, d'acquérir les connaissances lui permettent d'exercer au métier pour lequel il a les plus grandes affinités et qui lui permettront de trouver un emploi.

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