publié le 20 octobre 2015

Réforme de l'Education Nationale

J’ose vous proposer un « concept » qui me tient particulièrement à cœur . Professeur de Technologie à la retraite, née à Rabat, mère de trois enfants, j’ai eu le plaisir d’enseigner dans diverses parties du globe, et en France. La matière qui était la mienne est complexe et a vu des mutations successives à chaque changement de Ministre. Je pense donc savoir ce que réforme veut dire. Des cours d’Enseignements Ménagers, je suis passée aux Travaux Manuels Educatifs, à l’Education Manuelle et Technique avec dessin technique, en passant par la menuiserie et la ferronnerie, et en terminant par l’Informatique, l’Electronique et les Systèmes Automatisés. J’ai eu des élèves de la 6ème à la 3ème, des cours d’adultes, des responsabilités et des initiatives pour faire bouger les choses et souvent compenser les incohérences du système dans lesquels je me trouvais. Je ne dirai qu’un mot au sujet des classes technologiques que j’ouvrais sans moyen aucun, à qui nous avions pourtant promis des formations à la carte. J’ai donc organisé un voyage d’étude d’une semaine à Hawaï, que les élèves ont entièrement financé par une année complète de formation dans le domaine du tertiaire. Là nous étions dans la réalité des choses. Permettez moi de vous exposer mon concept. Actuellement, pour passer d’une classe à l’autre, 6ème en 5ème etc. il est indispensable d’avoir une moyenne dans les matières « dites nobles » à savoir Français, Mathématiques, Anglais, Histoire. Mes pauvres élèves de technologie n’avaient jamais la moyenne dans ces matières. Par contre, très souvent doués en sport, en dessin, en musique, j’entendais les professeurs dirent : « dommage, mais il ne peut passer avec des notes pareilles dans les matières fondamentales ». Disons que, actuellement, le passage dans la classe supérieure est « linéaire horizontalement ». Je préconiserais que cela soit comme dans les universités, « linéaire verticalement ». A savoir, un élève qui est très bon en dessin, passerait dans la classe supérieure en dessin, ainsi il ne perdrait pas son temps dans les matières qui seront peut-être à l’origine de son métier plus tard, si on ne l’en a pas dégoûté avant. Au même titre que des élèves très doués dans les matières littéraires se voient parfois en difficultés en mathématique ou en physique (ou inversement). Pourquoi ne pas leur donner une chance de mieux les appréhender en ne redoublant que pour celles-là ? Serait-il possible également de faire des ateliers où l’on viendrait comprendre le sujet spécifique d’un cours et ne participeraient que ceux qui sont intéressés, qu’importe le niveau de classe sans avoir le complexe de se dire « je viens là parce que j’y suis obligé et que je suis mauvais ». De même, il faudrait à mon avis, ouvrir la formation aux adultes en les mélangeant aux élèves sans distinction d’âge et de niveau. Un adulte qui ne sait plus écrire peut très bien apprendre au contact des enfants éprouvants les mêmes difficultés, parfaire une langue avec des élèves qui veulent se perfectionner etc… Bref ouvrir l’école au monde. Je me suis fait fort de faire visiter des usines à chaque classe de 5ème, 4ème et 3ème à raison de deux par année. C’est vous dire que dans un cursus chaque enfant a été en contact 6 fois avec des entreprises et 2 fois en stage d’une semaine. Je ne parle pas des classes technologiques qui, elles, partaient en stage pour 15 jours deux fois dans l’année. Reste le point des crédits que l’on alloue aux collèges et aux lycées pour chaque niveau. Je pense qu’il faudrait responsabiliser tout le corps enseignant en laissant l’utilisation de ces crédits sur plusieurs années civiles. Il se trouve qu’à chaque fin d’exercice, tout le monde se précipite pour dépenser de façon inconsidérée les crédits qu’ils restent de peur que l’année d’après on ne redonne pas ces « sacro-saints crédits ». Je trouve ça immature et c’est hélas ce fonctionnement qui les y oblige. J’espère que la lecture de cette lettre ne vous aura pas été pénible. J’espère que vous pourrez faire les réformes qui doivent être faites. Je suis bien évidemment à votre disposition si besoin était et reste bien qu’à la retraite votre dévouée serviteur. Jacqueline Grenson-Baud

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