publié le 18 octobre 2015

Réforme de l'Assurance Maladie à aligner sur le modèle de l' Alsace-Moselle:

Pour contrer les augmentations des dépenses pharmaceutiques de ces dernières années, les médicaments devront être remboursés sur la base du moins cher d'une catégorie de médicaments équivalents (médicament générique). Chaque mois, en plus des cotisations qu'ils versent comme tous les Français pour financer l'assurance maladie de base, les salariés et retraités alsaciens et mosellans s'acquittent d'une cotisation supplémentaire (1.8% sur le salaire brut), qui leur ouvre le droit à une complémentaire santé obligatoire. Héritage de l'annexion de l' Alsace-Moselle par Bismarck en 1871, elle porte à 90% le taux de remboursement des honoraires médicaux (contre un taux national de 70%) et prend en charge intégralement le forfait journalier hospitalier (non pris en charge ailleurs). +++Avantage pour les assurés d' Alsace-Moselle de bénéficier d'une complémentaire santé extrêmement redistributrice, avec des cotisations proportionnelles au salaire, alors que les complémentaires ont souvent des tarifs pas du tout liés au salaire. ---En revanche ce régime local n'intervient pas sur un certain nombre de dépenses en forte hausse ces dernières années, comme les dépassements d'honoraires, la lunetterie, les prothèses dentaires ou encore la facturation des chambres individuelles à l'hôpital. Pour faire face à ces dépenses de santé, les assurés d' Alsace-Moselle ont donc intérêt à souscrire à une Mutuelle malgré l'existence du régime local (les tarifs des mutuelles y sont "en moyenne inférieurs de 50% à ceux pratiqués dans le reste de la France). Ce régime local se positionne comme un deuxième étage de prise en charge des dépenses de santé. Il intervient donc entre l’assurance-maladie de base, commune à l’ensemble du territoire, et l’assurance-maladie complémentaire servie par les mutuelles. Il ne se substitue à aucune autre. Les autres Caisses d'Assurance Maladie Françaises devront se doter du même régime obligatoire et qui lui permettrait de bénéficier de meilleurs remboursements. Jusqu’à 100 % des dépenses hospitalières et 90 % des soins ambulatoires. Le tout contre une cotisation de 1,8 % payée par les salariés en fonction de leurs revenus. Avantages a long terme: un coût de fonctionnement très faible du fait de son adossement aux caisses de régime de base, il avoisine 1 %. contre environ 24 % pour les assurances complémentaires du reste du territoire. son financement solidaire, ce régime local assure une redistribution entre générations et entre catégorie de revenus, et bénéficie notamment aux plus modestes, sa réactivité rapide aux évolutions budgétaires, liée à sa gestion autonome : permet au conseil d’administration d’ajuster à tout moment le niveau des prestations et celui de la cotisation, à la baisse comme à la hausse. Discussions: le lobby des mutuelles et des assureurs privés objecte qu'on ne peut imposer une augmentation des cotisations sociales, obligatoire en temps de crise et que sa généralisation entraînerait la réduction du champ des complémentaires sur le reste du territoire. Ce qui pourrait mettre à mal le modèle économique bâti en France. Au contraire, je pense qu'il s'agit d'avantages évidents à long terme pour les plus modestes et pour l'ensemble du secteur des mutuelles et des assureurs privés car il favorisera des rapprochements ainsi qu'une profonde mutation de l'approche commerciale et de l’acquisition des assurés avec l’avènement du digital représenté par les comparateurs de mutuelle ou il leur faudra accroître leur présence. Il y a aussi un vaste domaine a défricher car les dirigeants du privé envisagent de leur côté d’améliorer l’accès à l’information sur les risques (actions de prévention, investissement dans du matériel, des outils d’information, des défibrillateurs, etc.). Les Français ayant de plus en plus de difficultés à payer les frais dentaires les mutuelles, même si elles sont critiquées, prennent en charge la part non assurée par la Sécurité Sociale. Enfin, cela permettra par la transparence d'assainir durablement ce secteur (les vendeurs des complémentaires santé sont régulièrement mis en cause sur des tarifs en intégrant dans les taux de remboursement annoncés la part prise en charge par la sécurité sociale, d'avoir un fonctionnement opaque et d'être très coûteuse avec des charges de production et de distribution qui représentent plus de 24% des cotisations contre au maxi 3 % pour l'assurance maladie (ceci, hélas, contredit des espoirs que nos députés, ayant à cœur de réduire les coûts de façon importante, mettent sur les compagnies d'assurance privées étant jugées plus efficaces que le monopole public...).

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