Dépenses publiques et fiscalité : la politique économique d'Emmanuel Macron est un échec

Les constats : 

1. Chiffres macroéconomiques :

La dépense publique augmente encore plus que sous François Hollande : + 44 milliards d'euros en 2018-2019 contre + 28 milliards d'euros en 2013-2014 selon la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Le nombre de fonctionnaires d'Etat n'a baissé que de 0,25% depuis l'élection d'Emmanuel Macron (6 100 postes non remplacés en 2018-2019 sur 2,4 millions). L'engagement de réduire de 50 000 le nombre de fonctionnaires d'Etat sur le mandat n'est pour le moment pas tenu.

• En novembre 2018, Eurostat et l'OCDE ont indiqué que la France était n°1 des prélèvements obligatoires (en 2017). Selon l'Insee, la France a également atteint un record historique : plus de 1 000 milliards d'euros de prélèvements obligatoires (45,3% du PIB en 2017). En 2018, Emmanuel Macron a encore augmenté les prélèvements obligatoires sur les ménages à hauteur de 4,5 milliards d'euros selon l'Insee.

La France aura cette année le pire déficit de la zone euro (devant l'Italie dont le déficit est attendu à 2,9 %). Le gouvernement espère « contenir le déficit à environ 3,2 % pour 2019 ». De l'aveu même d'Edouard Philippe, de l'ordre de 60% des annonces nouvelles d'Emmanuel Macron seront financées par le déficit, c'est-à-dire par les impôts de demain. 

La dette continue d'augmenter (pour approcher 100% du PIB) « à rebours de la quasi-totalité des pays européens » selon le Haut conseil des finances publiques. La dette publique de la France s'approche des 100% du PIB (99,3% du PIB au 30 septembre 2018). La dette a augmenté de 107 milliards d'euros depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

La France aura cette année l'une des plus faibles croissances d'Europe : elle est attendue cette année autour de 1,6%, juste devant la Belgique (1,5%) et l'Italie (1,2%), selon les prévisions de la Commission européenne.

Le commerce extérieur de la France s'est encore dégradé, ce qui démontre la persistance de la sous-compétitivité chronique de notre économie : 33,5 milliards d'euros de déficit extérieur au premier semestre 2018 contre 29,6 milliards d'euros au semestre précédent.

2. Sur les ménages :

Les retraités sont les grands perdants de la politique d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron avait promis pendant la campagne de ne « pas faire d'économies sur le dos retraités » et de « préserver leur niveau de vie » ; il avait promis une fois président de ne demander des efforts qu'aux retraités « les plus aisés ». Résultat : l'acharnement contre nos aînés est sans précédent. Sur la CSG, Emmanuel Macron a fait marche arrière pour une partie des retraités mais la désindexation des pensions s'applique depuis le 1er janvier à 8 retraités sur 10. La perte de pouvoir d'achat pour un couple de retraités à chacun 1 500 € par mois sera de l'ordre de 1 000 € en 2019 (660 € par la hausse de CSG et 440 € par la désindexation des pensions). La retraite n'est pas un privilège, mais un droit, le fruit d'une vie de travail.

• Dans la continuité avec François Hollande, la politique familiale est progressivement détricotée : baisse de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE) de 8,5%, baisse du plafond de la PAJE et de la prime de naissance, désindexation des prestations familiales (dont les allocations familiales). Pour la quatrième année consécutive, le nombre de naissances a baissé en 2018.

Le maintien de la taxe d'habitation pour les 20% de ménages les plus aisés « est sur la table », a indiqué Benjamin Griveaux le 7 janvier 2019. Il y a un an, Emmanuel Macron s'engageait pourtant à « supprimer cet impôt pour la totalité de nos concitoyens ». Est également évoquée la création d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu.

3. Sur les entreprises :

Le taux d'imposition des entreprises est le plus élevé d'Europe selon la Banque mondiale (60%), deux fois plus qu'au Royaume-Uni (30%), 20 points de plus que la moyenne européenne de (40%).

Les motifs d'inquiétude pour les entreprises se multiplient : le prélèvement à la source a engendré jusqu'à 1,2 milliard de coûts de gestion supplémentaires cette année ; des baisses de charge sur les bas salaires ont été reportées (2 milliards d'euros) ; sont évoquées la prise en charge par les employeurs des arrêts maladie ou la surtaxation des contrats courts.

Nos propositions :

1. Nos propositions pour réduire la dépense publique de 20 milliards d'euros par an :

• Porter progressivement le temps de travail à 39 heures par semaine dans la fonction publique et diminuer les effectifs (2,4 milliards d'euros d'économies la première année, 10,6 milliards d'euros par an à terme), avec suppression de la surrémunération des temps partiels (800 millions) et instauration de 3 jours de carence comme pour les salariés du privé (400 millions).

Baisser le train de vie de l'État en rationalisant le parc immobilier public (1 milliard), en optimisant les achats publics (500 millions), en accélérant la digitalisation des administrations (500 millions) et en vendant la moitié du parc automobile administratif (500 millions).

Réformer les retraites en alignant le mode de calcul du public sur le privé et en supprimant les régimes spéciaux, ce qui générera aussi des économies de gestion (5 milliards par an à terme) alors que la réforme des retraites du gouvernement sera « à enveloppe constante ».

Améliorer la prévention santé (300 millions), développer les parcours de soin et l'e-santé (1 milliard la première année et 5 milliards par an à terme).

• Sortir de l'assistanat et valoriser le travail par une aide sociale unique (5 milliards sur les seuls coûts de gestion). Il existe aujourd'hui 47 aides sous conditions de ressources dont le coût avoisine 100 milliards d'euros.

Responsabiliser les bénéficiaires de la santé gratuite (CMU-C) par une participation forfaitaire de 1 € par acte (300 millions), durcir et systématiser les sanctions pour les chômeurs qui refusent de chercher un emploi (1 milliard) et réformer le régime des intermittents en luttant contre les abus (500 millions).

Lutter implacablement contre les fraudes sociale et fiscale (1 milliard d'euros dès la première année), notamment la fraude documentaire des individus nés à l'étranger.

Supprimer l'Aide médicale d'État (AME) pour ne prendre en charge que les soins d'urgence (800 millions) et conditionner à 3 ans de cotisations l'accès des étrangers aux prestations sociales non contributives : RSA, ASPA, allocations logement et allocations familiales… (2 milliards)

Réduire le financement public des syndicats pour rejoindre la moyenne européenne (1 milliard).

2. Nos propositions pour le pouvoir d'achat des classes moyennes et des retraités :

Annuler la hausse de la CSG pour tous les retraités sans exception.

Baisser les impôts des classes moyennes, en commençant par l'impôt sur le revenu.

• Alors que notre système fiscal est illisible et imprévisible (350 impôts et taxes, des niches fiscales partout), il faut engager sa remise à plat : supprimer des taxes, baisser les impôts, réduire le nombre de tranches.

Revaloriser le niveau de toutes les retraites et des allocations familiales en fonction de l'inflation (réindexation des pensions de retraite et des prestations familiales).

Rétablir les allocations familiales pour tous et relever le plafond du quotient familial à 3 000 €.