publié le 04 novembre 2015

Méthodologie la simplification des normes

L’idée d’un choc de simplification est une excellente idée, car chacun se rend compte qu’il y a une déperdition d’énergie que vous avez chiffrée à 60 Milliards et que par ailleurs les décisions ce qui est plus grave sont parfois retardées de plusieurs années. Comme chacun le sait toutes les idées simples sont difficiles à mettre en œuvre, car la plupart du temps on engage l’action en créant des organes qui essaient de comprendre la complexité et finissent par s’enliser devant une telle difficulté. Etant moi-même confronté actuellement à une expérience (mise en conformité d’ascenseur), j’en ai déduit peut être une méthodologie (à vous d’en juger) pour la simplification des normes. Méthodologie la simplification des normes. Le cas de l’ascenseur est un excellent exemple, car il est à la convergence des directives et recommandations européennes, des normes françaises, de la réglementation française qui essaient d’intégrer les besoins de sécurité, les besoins des handicapés et les besoins d’amélioration d’une population de plus en plus vieillissante. Force est de constater que nos normes et notre réglementation vont bien au-delà de des normes européennes tant dans leurs exigences que dans leur domaine d’application. Madame la Ministre Cécile DUFLOT a eu la sagesse de faire un moratoire sur un des points importants des mesures de mise en conformité qui devaient être appliquées en Juillet 2013. J’ai pris connaissance du rapport Lambert-Boulard, s’il relève un nombre important d’aberrations je n’y est pas trouvé la méthodologie qui permettrait de mettre en branle notre administration et de la faire travailler pour 2 objectifs : - baisser nos coûts par la simplification (compétitivité par le bas) - garder ou donner un avantage concurrentiel temporel à nos entreprises (compétitivité par le haut) Comme le stipule le rapport Lambert-Boulard : « La seule nuit d’abrogation s’est déroulée le 4 août 1789 » Nous avons une chance inouïe de ne pas repartir de zéro avec les normes européennes qui représentent un consensus minimum entre les états dans les domaines ou elles s’appliquent. La méthodologie que je propose est la suivante : - Revoir toute la réglementation sous l’angle de ces normes européennes. Autrement dit : Examiner toute la réglementation qui fait référence à une norme française - dans le cas ou la norme européenne est identique à la norme française faire référence aux 2 numéros de norme - dans le cas ou la norme européenne n’est pas identique à la norme française ne faire référence qu’à la norme européenne - dans le cas ou la norme européenne ne reprend pas la norme française convertir cette réglementation en recommandation, dans le cas où nous n’aurions pas à protéger notre industrie. (c’est l’attitude de l’Allemagne) Cette méthodologie est surement décoiffante mais a le mérite de la clarté quant à l’exécution. Si cette méthodologie avait été appliquée dans le domaine des ascenseurs, nous ne serions pas arrivés à des situations ubuesques du style - dans le petit résidentiel des copropriétaires condamnent parfois leur ascenseur (dégradation de la situation pour les handicapés et risques d’accident plus important dans les escaliers) - mise en conformité d’ascenseur pour les handicapés même si le chariot ne rentre pas dans la cabine - signalisation des étages lorsque celui-ci ne distribue des demi-étages - Difficulté de changer la vitesse de l’ascenseur afin d’améliorer le décalage au palier parce que la norme française impose de régler le limiteur à 110% de la vitesse de l’ascenseur, alors que la norme européenne fixe la vitesse limite en fonction du type de freins. - Etc.… J’aurais pu comprendre une plus grande sévérité de nos normes si nous avions à protéger l’industrie française. Malheureusement notre industrie dans ce domaine a disparu, elle est maintenant allemande, suisse, américaine et finlandaise. Nous aurions d’ailleurs intérêt à proposer cette méthodologie au niveau européen ce qui : 1)D’une part rendrait le marché allemand plus perméable En effet l’Allemagne se sert de ses normes comme barrière technologique pour donner à l’industrie allemande un avantage temporel sur son propre marché. Ayant travaillé dans une entreprise allemande je connais cette boucle bien rodée. - investissement en développement important - élaboration d’un nouveau produit (par exemple avec une meilleure efficience énergétique) - changement de la norme pour s’aligner sur cette nouvelle efficience énergétique sur une partie de la gamme - Eviction momentanée du marché de la concurrence qui doit adapter ses produits sur cette partie de gamme - Vente pour l’industrie allemande sur le marché à des marges confortables pour cette partie de gamme - Surmarge reconvertie en recherche et développement et en marketing - Valorisation de la marque qui rejaillit sur l’ensemble de la gamme C’est l’explication du positionnement prix des marques allemandes de 5 à10 % plus élevé que les autres marques, même si la qualité des produits sont identiques. 2)Et d’autre part donnerait un coup d’avance à l’industrie européenne quand c’est possible. Par exemple : pour reprendre le domaine des ascenseurs, la seule entreprise européenne est Thyssen KRUPP qui est la seule dans sa gamme de motoréducteur à proposer des moteurs standards couverts par les normes européennes. Il suffit que la norme européenne sur les ascenseurs stipulent que les moteurs doivent respecter la gamme de puissance européenne pour obliger les concurrents à revoir leur produit (durée minimum 1 an) Evidemment Thyssen Krupp est avantagé, mais il y aura également une retombée sur l’usine d’Angers qui je crois est le site pilote du groupe pour les ascenseurs. Le domaine des normes et de la réglementation, s’il est piloté avec « intelligence » est à la fois une des sources de la compétitivité - par le bas: baisse des coûts par la simplification - par le haut : avantage concurrentiel par protection temporelle de l’avance technologique de l’industrie quelle soit française ou européenne.

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