publié le 05 octobre 2015

LUTTER CONTRE LA DEFLATION AU NIVEAU LOCAL ET NATIONAL

A – UN SYSTEME NE DE L’INIATIVE DE GROUPES DE CITOYENS Les premiers Système d’Echange Local (SEL) sont apparus en Europe dans les années 30. L’idée est venue de Grande Bretagne, où des chômeurs pour la plupart, ont décidé de prendre leur destin en main. Le premier SEL sur le continent américain a été fondé au Canada à Vancouver dans les années 80 ‘LRTS en anglais pour Local Exchange Trading System) par Michaël Linton (monnaie locale : le green dollar). Le premier SEL de France a été crée à Montbel, petit village de l’Ariège, en 1994. Très vite des réseaux se sont constitués, en Dordogne, dans l’Aude, dans l’Hérault, sur le modèle ariégeois. Aujourd’hui, il y a plus de 400 SEL en France, de tailles plus ou moins grandes (de2 à quelques centaines de membres). En Europe : plus de 400 SEL en Grande Bretagne permettent à plus de 20 000 personnes de procéder à des échanges. Les SEL existent aussi en Suisse, en Tchéquie, en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique, en Italie, en Espagne. STATUT JURIDIQUE Les échanges se font dans une communauté librement formée, dont le statut juridique est une Association de fait ou association déclarée loi 1901 : Loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association (journal officiel du 2 juillet 1901). Les SEL prennent la forme de réseaux à but non lucratif, implantés localement et qui autorisent leurs membres de procéder à des échanges de services, de savoir et d’objets sans avoir recours à la monnaie traditionnelle. Ils permettent surtout de créer des liens et s’assimilent à un groupe d’entraide. ORGANISATION Les échanges se font moyennant une monnaie fictive, aux noms variés : grain de sel, grain de raisin, cacahuète, piaf, puce etc … Il est donc possible à tous les membres du système d’échanger des services en utilisant cette monnaie. Par exemple, une personne pourra être créditée de 100 puces en gardant des enfants pendant une soirée avant d’aller les dépenser ailleurs en cours de guitare. Il n’y a pas de différence entre une heure de cours de maths et une heure de jardinage. On ne rend pas forcément service à la personne qui vous l’a offert : A apprend l’utilisation du logiciel Excel à B qui covoiture C de chez lui à la Gare de Lyon et C jardine chez D … On convient dans presque tous les SEL de France qu’1 heure de service est comptabilisée 60 unités. Ce groupe se dote d'un administrateur comptable qui constitue un répertoire précisant les compétences de chacun ainsi que les avoirs en monnaie de tous. À chaque opération le compte du bénéficiaire de la prestation est débité et celui du prestataire crédité à due concurrence. Ainsi des besoins sous forme de biens ou de services sont couverts sans utilisation de la monnaie du pays. En l'absence de pouvoir d'achat chacun apporte son savoir faire et le monnaye avec une unité de compte choisie et acceptée par tous. Dans cette situation il n'y a pas de tva donc de rentrée fiscale. Une somme de départ est allouée à chaque membre afin "d'amorcer la pompe". Ce type de système apparaît et se développe dans les périodes de contraction monétaire. Ces dernières années nous entendons souvent : "il n'y a pas d'argent". À part ceux qui disent que l'argent existe mais qu'elle est confisquée par un petit nombre. Certains affirment que nous vivons une période dure à vivre de déflation et qu'il est très difficile d'en sortir. L'exemple du Japon est présent dans nombre d'esprits. Des milieux politiques attendent le Messie moderne qui serait le retour à la croissance. Il est utile de constater que le taux de croissance connaît une baisse tendancielle sur le long terme. Il est plus réaliste de ne pas attendre de miracle dans ce domaine. La question est de rapprocher la situation de l'économie et celle de la masse monétaire globale multipliée par la vitesse de circulation de la monnaie. L'offre globale et la demande globale s'harmonisent si le niveau du stock de monnaie est ni trop, ni trop peu abondant afin d’éviter les deux écueils de l’inflation et de la déflation. Aujourd'hui la demande globale est basse voire atone si bien que certaines entreprises sont suréquipées et d'autres dont le carnet de commandes n'est pas à la hausse ne sont pas enclins à investir dans des biens de production. Effectivement l'argent manque globalement. B - POUVOIR D’ACHAT : CREER UNE MONNAIE SUPPLEMENTAIRE A L’EURO POUR EVITER LA DEFLATION : L’EURO-FRANC Avec une monnaie unique et une Banque Centrale indépendante, les instances démocratiques européennes n'ont plus aucun pouvoir sur la monnaie. Or la France, comme toute l’Europe est proche de la déflation, cette redoutable conjonction de baisse des prix, des revenus et des profits, aggravant le chômage, multipliant les cas d'extrême pauvreté et précipitant les faillites. Le pouvoir d’achat des français est plombé par des salaires stagnants et des hausses d’impôts pour financer l’austérité. Cette politique vide les carnets de commande des entreprises tandis que l’économie réelle manque de monnaie, comme le corps peut manquer d’oxygène. A l’heure actuelle, toute la création monétaire est capturée par les banques, à des fins essentiellement spéculatives. En effet les banques au lieu de calibrer au plus près les crédits à l’économie pour répondre à la demande des entreprises en matière de trésorerie et d’investissement, préfèrent placer leurs liquidités sur les marchés financiers et prêter aux Etats pour couvrir leur déficit budgétaire. Il est devenu nécessaire, dans ce contexte, et tout en gardant l’acquis de l’euro, d’émettre une monnaie supplémentaire temporaire qui arrive « jusqu’au porte-monnaie ». Un « euro-franc » serait créé par la Banque de France, ce qui n’est pas juridiquement interdit. Ce serait une monnaie à parité fixe : 1 euro-franc = 1 euro. Elle serait inconvertible, inutilisable pour l’achat d’actifs financiers (non directement productifs) et de biens immobiliers afin d’éviter de peser sur les prix. Chaque citoyen résident âgé de plus de 18 ans, recevrait chaque mois 150 euro- francs, sur un compte ouvert à cet effet. Contrairement au RSA qui est financé sur ressources budgétaires, ces sommes seraient financées par la création monétaire ex nihilo. Ce système aurait l’intérêt d’augmenter la demande sans passer par la case « augmentation de salaires » qui augmentent les coûts de production et pèsent sur la compétitivité de nos entreprises. Il est évident que ce montant serait modulable en fonction de nombreux paramètres : situation de l’économie, vitesse de circulation de la monnaie, propension à épargner sans y toucher etc … Il disposerait d’une carte de paiement et pourrait consulter son solde sans pouvoir effectuer de retrait en espèces dans les distributeurs à billets des banques. Les paiements aux tiers seraient possible seulement dans le cas où le compte en euro-franc serait créditeur et pourraient s’effectuer uniquement sur le territoire national. Cela impliquerait l’ouverture d’un compte en euro-franc pour chaque citoyen ayant-droit donc une poursuite de la bancarisation de la population française. Chaque mois chaque banque calculerait un montant global correspondant à 150 euros multiplié par le nombre de bénéficiaires. Un état serait produit auprès de la Banque de France qui créditerait le compte courant de la banque (prise pour exemple) ouvert chez elle de ce montant global. Bien entendu une avance de la Banque de France pourrait être effectuée à la banque (prise pour exemple) d’un mois sur l’autre à titre de prévision . A l’actif du bilan de la banque (prise pour exemple) son compte courant ouvert à la Banque de France serait augmenté du montant global correspondant à tous les montants alloués aux ayant-droits inscrits à son passif. Fonctionnant comme un impôt inversé, ce serait un surplus direct de pouvoir d’achat, pour plus d’égalité et de sécurité économique. Des milliers d’entreprises et de citoyens utilisent déjà avec succès des monnaies complémentaires au niveau local. L’euro-franc serait une monnaie locale «nationale» et «supplémentaire» qui, sans porter préjudice à nos partenaires, pourrait soulager directement les Français, avec un vrai potentiel de relance sur l’activité économique réelle. Cette initiative de création monétaire contrôlée pousserait les autres pays européens à faire de même. Une fois la situation monétaire européenne stabilisée, les différentes monnaies supplémentaires émises seraient, par l'usure, à nouveau remplacées au fur et à mesure par des euros. En période d’inflation l’Etat prenait des mesures telles que l’encadrement du crédit et les réserves obligatoires. En période de déflation ou presque pourquoi des mesures ne seraient-elles pas prises pour soulager la souffrance des peuples ?

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