publié le 05 octobre 2015

En finir avec les réformettes ministérielles.

Pourquoi chaque ministre nouvellement nommé à l'Education Nationale se sent-il obligé d'imposer sa petite réformette ? A chaque réformette, nous avons constaté, nous les enseignants, une dégradation systématique de nos conditions de travail. Les programmes sont de moins en moins cohérents. La progression logique qui permet la compréhension des phénomènes et leur acquisition a disparu. Des notions indispensables sont supprimées des programmes officiels pour faire places à d'autres notions. Mais pour faire l'acquisitions de ces nouvelles données les notions supprimées sont indispensables et doivent être impérativement enseignées. D'où une augmentation insidieuse des contenus dans un temps toujours plus court, avec souvent comme prétexte un allègement des programmes. Dans l'administration des établissements scolaires pourquoi continuer à conserver les fameux "Conseils d'établissement" ? Ils transforment nos établissement scolaires en véritables Kholkoses où règnent les syndicats, essentiellement de gauche, ainsi que les associations de parents d'élèves aussi de gauche (FCPE). Ces membres imposent leurs diktats qui consistent en une limitation de la formation et de la qualité des savoirs transmis pour asservir plus facilement l'individu qui ne sait plus réfléchir. Cet objectif est clairement énoncé dans le dogme idéologique de cette gauche. Pourquoi donc conserver cette structure alors que dans chaque établissement il y a un chef d'établissement ou un proviseur pour le diriger ? Il y a un intendant pour le gérer financièrement ? Des secrétaires pour assister ces personnes responsables, et des personnels chargés de la discipline ? J'ai constaté que, tout au long de ma carrière, plus la présence des parents était importante sous forme d’associations de parents d'élèves, plus nos conditions de travail se dégradaient. Les parents jouant allègrement le rôle de censeurs dans notre travail.

Le respect de l'enseignant s'est effrité, la place de plus en plus grande prise par la démagogie qui a remplacé la pédagogie, tout ceci au détriment des élèves. Cette démagogie accentuée par le placement de l'élève au centre du système en lieu et place de la connaissance est une des causes majeures de la baisse de niveau avérée des élèves. En classe de seconde, plus de 20 % des élèves ne savent pas lire couramment et ne comprennent pas ce qu'il lisent. Comment peut-on apréhender la connaissance dans cs conditions ? Cette démagogie imposée conduit à atteindre malgré l'évidence à plus de 85 % de candidats reçus au Baccalauréat. Cette démagogie imposée nous amène aussi à constater que plus de 40 % des bacheliers échouent lamentablement aux examens qui sanctionnent la première année d'études universitaires. Il ne faut oublier que le Baccalauréat est le premier examen universitaire. Trop distribué, à trop de candidats n'en ayant pas le niveau on dilapide les moyens du ministère, moyens qui manquent ensuite pour dispenser un enseignement de haut niveau aux meilleurs des étudiants. Combien de fois, nous a-t-on demandé explicitement à la remise des copies et du barème de correction de noter sur 24 voire même sur 25 au lieu de 20 une épreuve scientifique. Combien de fois, nous a-t-on demandé à l'issue de nos corrections et au cours de la délibératiuon de rajouter quelques points pour qu'un candidat puisse être reçu directement dans le seul but de diminuer le nombre de candidats pour la cession à l'oral de repêchage ? Ce n'est pas en poursuivant ces pratique ou en introduisant le contrôle continue pour le Bac que nous relèverons le niveau de nos élèves. C'est en remettant la valeur du travail en avant que cela sera possible. Mais pour cela il va falloir sortir les syndicats et autres associations de la gestion administrative et surtout pédagogique des établissements. La connaissance doit retrouver sa place au centre du système. Votre projet pour le reste semble cohérent. Il me semble nécessaire de supprimer toutes ces activités falbalas fort peu utiles à l'élève et qui occupent un temps qui sera beaucoup plus utile pour finaliser les acquis fondamentaux.

Il me semble également nécessaire au primaire, d'étaler la semaine de l'élève sur 5 jours, de rétablir les devoirs à la maison et les leçons à apprendre par coeur. C'est le B A BA de la mémorisation. Notre cerveau ne mémorise que par la répétition, et le respect du fonctionnement biologique de la mémoire. La mémorisation ne passe que par des étapes obligatoires et absolument identiques chez tous les individus. Ce fonctionnement qui permet l'acquisition de la connaissance, sa mémorisation et sa réutilisation, nécessite également l'utilisation par l'élève la manipulation de tous les outils de la connaissance. Tous ces éléments permettent l'acquisition des savoirs, des savoir faire et des savoir être. Ces trois objectifs sont évalués par les enseignants au cours des devoirs corrigés et notés bien entendu. La note finale correspond à la somme des partiels donnés à chaque objectifs. La note correspond à une évaluation de l'élève à un moment donné. Elle permet de situé l'élève dans son parcours cognitif et ne peut en tout cas ne pas être une sanction.

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