publié le 25 octobre 2015

Disposer des moyens de son ambition

Deux remarques préliminaire: 1) La France seule, puissance désormais moyenne, conserve cependant les ambitions et responsabilités liées à sa position historique, notamment comme membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU. 2) Le partage de ces responsabilités er donc des moyens nécessaires à l'échelle européenne reste un fantasme en l'absence de perspective fédérale. Nous sommes donc seuls, sans doute pour longtemps, à pouvoir mettre en oeuvre les objectifs ambitieux et parfois originaux de notre politique étrangère, donc de défense, notamment en Afrique ou au Moyen-Orient. La question de l'adéquation des moyens dans un contexte budgétaire limité dans la durée se pose avec acuité. Tous les responsables militaires savent que nous sommes à la limite des capacités de nos armées professionnelles dans le seul cadre des missions actuelles. Je ne reviens pas sur le format actuel, d'autres propositions déjà écrites en parlent longuement, notamment de la question du 2ème porte-avions. J'aborde en revanche le sujet tabou de la force stratégique océanique. Aucune menace actuelle ou prévisible, aucune possibilité d'atteinte d'intérêt vital ne justifie la possession des SNLE et de leurs missiles balistiques. Il est indispensable de conserver l'armement nucléaire, ne serait ce que pour maintenir notre position à l'ONU. Mais les missiles de croisière avec leur variété de porteurs (aéronefs, navires, sous-marins d'attaque) sont adaptés à ce rôle, avec la souplesse d'emploi nécessaire. La perspective de l'abandon à terme de cette composante permettrait de dégager progressivement les crédits nécessaires à une meilleure adéquation de nos moyens d'intervention et de protection.

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