02 février 2018

Présentée comme une révolution, la feuille de route du gouvernement nommée « Action publique 2022 », est pourtant sans surprise. La réforme de l'Etat est un éternel recommencement. Le plan de départ à la retraite volontaire ? C'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy. Il s'agissait du dispositif de fin d'activité (DFA) qui concernait le ministère des Affaires étrangères, à savoir le départ à la retraite des diplomates. Ce dispositif n'avait pas été renouvelé par François Hollande en 2013. La rémunération au mérite des fonctionnaires ? En 2008, Nicolas Sarkozy avait créé la « prime de fonction et de résultats » (PFR), pour récompenser la performance individuelle et collective. Mesure qui avait été supprimée en 2014 par la ministre Marylise Lebranchu. Le recours accru aux contractuels ? C'était l'un des axes de la révision générale des politiques publiques (RGGP) sur des postes de compétences. Même chose pour les indicateurs de satisfactions des usagers et la réforme de l'ENA. Tout avait déjà fait l'objet de réformes.

Encore une fois, cela prouve que les méthodes efficaces n'ont pas été retenues. La réforme de l'Etat est une affaire de stabilité et de permanence. C'est une bonne chose que le gouvernement revienne aux méthodes précédentes. Mais que de temps perdu ! « Action publique 2022 » est dans la continuité de la RGPP, mais nous devons aujourd'hui aller plus loin. Supprimer 120 000 emplois publics sur le quinquennat est bien trop peu pour alléger la dépense publique. C'est d'une réforme en profondeur des politiques publiques dont la France a besoin. Afin de connaître les intentions du gouvernement en ce sens, la commission des Finances de l'Assemblée nationale auditionnera prochainement la présidence du « Comité action publique 2022 ».

Cet éternel recommencement de la réforme de l'Etat ne doit pas tendre vers un éternel renoncement.

Eric WOERTH
Président de la commission des Finances
Député de l'Oise

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