16 janvier 2017

Lors de leur passage au gouvernement, depuis 2012, tous les candidats à la primaire se sont inlassablement obstinés à détricoter les réformes que la droite avait conduites, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. La primaire de la gauche est l'occasion pour chacun d'entre eux de critiquer ce qu'ils ont fait ensemble hier, et que, soi-disant, ils feraient différemment demain dans le cas – hautement improbable – où ils seraient réélus.

Manuel Valls propose le rétablissement des heures supplémentaires, alors qu'il en était l'adversaire farouche

Les socialistes promettent tout et son contraire, dans l'espoir d'éviter le naufrage électoral annoncé. Leur démagogie ne connaît plus de limite !

Fervent opposant aux heures supplémentaires défiscalisées, Manuel Valls estimait en janvier 2008, que « les dispositifs de défiscalisation des heures supplémentaires ne marchent pas. C'est une usine à gaz, tous les chefs d'entreprise le disent ». En 2011 il allait plus loin encore, faisant de leur suppression « ses propositions ». Manuel Valls a pourtant reconnu en décembre 2016 que « pour beaucoup de salariés ça représentait une amputation sérieuse de pouvoir d'achat ». « Je pense qu'il faut que nous réfléchissions au rétablissement ».

En février 2012, Arnaud Montebourg était lui aussi un partisan de la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. Selon lui, il s'agissait de « subventions », pour « des milliers d'emplois en moins » soi-disant. Les qualifiant même « d'idiotie ».

À présent que tous deux sont candidats à la primaire de la gauche, ils promettent le contraire de ce que fut leur action pendant 5 ans. En mai 2016, Arnaud Montebourg reconnaissait même « une erreur ». Il a d'ailleurs reconnu que leur suppression « a coulé l'économie ». Il ne fait rien d'autre que de confirmer que c'est une des premières mesures du gouvernement socialiste qui a coulé la France...

Arnaud Montebourg trompe les Français en promettant des réformes déjà retoquées deux fois par le Conseil constitutionnel

Après avoir reconnu que la suppression des heures supplémentaires a « coulé l'économie », mis en panne la France et qu'elle n'a toujours pas redémarré, Arnaud Montebourg se laisse aller à proposer des mesures inconstitutionnelles !

Arnaud Montebourg n'en est plus à une énormité près. Le voilà qui, après avoir participé à des gouvernements qui ont augmenté de 50 milliards d'euros la fiscalité des ménages et des entreprises, propose de rendre hypothétiquement 6 milliards d'euros aux ménages. Sa solution ? Réduire la contribution sociale généralisée (CSG) pour tous les salariés jusqu'à 1,3 Smic, soit « jusqu'à 1 500 € nets ». Selon Arnaud Montebourg, il s'agirait d'un allégement de charges qui pourrait aller jusqu'à 1 200 € pour les salariés, sur un an. Sur le papier cette proposition peut paraître alléchante. Si elle n'intervenait pas après 5 ans de matraquage fiscal. Et si elle n'était pas purement et simplement inconstitutionnelle...

Le Conseil constitutionnel a censuré à deux reprises des mesures de réduction de la CSG sur des critères sociaux. En 2000 – sous le gouvernement Jospin déjà – les Sages avaient jugé qu'une telle proposition est « contraire au principe d'égalité » entre les contribuables. Ensuite, en décembre 2015, le Conseil constitutionnel avait à nouveau retoqué un amendement de Jean-Marc Ayrault au projet de budget pour 2016, qui avait reçu le soutien du gouvernement. Décidément les socialistes n'apprennent pas de leurs erreurs et Arnaud Montebourg sort de son chapeau les vieilles recettes socialistes, alors même qu'il les sait vouées à la censure par les juges constitutionnels.

Benoît Hamon propose la légalisation du cannabis et annonce un revenu universel, dont le coût est estimé à près de 500 milliards d'euros

« Ma position, c'est la légalisation du cannabis, pas simplement la dépénalisation d'usage ». En décembre 2016, Benoît Hamon a affirmé que son projet serait de légaliser la consommation de cannabis. Cette idéologie soixante-huitarde va inéluctablement conduire à la multiplication des trafics. Il est totalement illusoire de croire que la légalisation mettra un terme à l'activité des dealers de drogue, qui se tourneront vers le trafic d'autres drogues, plus dangereuses encore. Lever l'interdit de la drogue ce n'est pas résoudre le problème de santé publique qu'elle pose.

Le revenu universel est une autre lubie de Benoît Hamon, une vieille lune socialiste. Lionel Jospin proposait déjà d'en instaurer un en France. Benoît Hamon s'inscrit donc pleinement dans un héritage politique dépassé, fruit de l'idéologie socialiste archaïque. Outre son coût exorbitant – estimé entre 350 milliards d'euros et 500 milliards d'euros, le revenu universel, tel que prôné par Manuel Valls et Benoît Hamon est contraire à l'idée même de solidarité nationale. La solidarité nationale, ce n'est pas distribuer de l'argent à tous les Français, argent que la France n'a pas tant les socialistes ont mis le pays au bord de la banqueroute. Où trouver ces centaines de milliards d'euros, alors que la dette approche 100 % du PIB, que le déficit reste supérieur à 3 % et que les impôts ont explosé depuis 2012 ?

>> Télécharger l'argumentaire

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains