08 février 2017

Les mesures inscrites dans le programme de Benoît Hamon témoignent de son amateurisme et sa démagogie. À tel point que même les ténors socialistes restent sceptiques quant à ses propositions et leur application concrète.

Benoît Hamon préfère rester très ambigu sur la question de la laïcité

En décembre dernier, une vidéo montrant un café à Sevran où les femmes sont interdites, avait choqué toute la France. Mais pas le candidat socialiste qui relativise ces images, estimant que l'absence de femmes n'est pas un phénomène nouveau et pas spécifique à des cafés tenus par des musulmans. « Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n'y avait pas de femmes » se justifie-t-il tout simplement.

Pour lui, ce phénomène relève avant tout de la question sociale plutôt que religieuse : « Le problème c'est que quand vous faites, en France, plus souvent l'expérience de l'inégalité que de l'égalité, de la contrainte que de la fraternité et bien vous vous dites, à un moment, [...] « Vivre ensemble en France, ça ne marche pas donc je choisis l'entre-soi » (France 3, Dimanche en politique, 18 décembre 2016).

Pour lui, « la République est coupable du fait qu'il y ait des discriminations et qu'il y ait des espaces confisqués aux femmes » (BFMTV, Bourdin Direct, 19 décembre 2016).

Dans les rangs socialistes, ses prises de position ne passent pas vraiment. Ainsi, interrogé par 20 Minutes, le 24 janvier dernier, le député Malek Boutih déplorait son attitude : « Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral ». Le même jour sur France Info, Manuel Valls renchérissait : « Il y a des ambiguïtés et des risques d'accommodements de sa part ».

Benoît Hamon propose des mesures économiques fantasques qui seront financées par de nouveaux impôts pour les classes moyennes

Création d'un revenu universel d'existence et revalorisation immédiate de 10 % des minima sociaux, du Smic et du point d'indice des fonctionnaires... Autant de mesures portées par Benoît Hamon mais sans aucune piste de financement. Or, compte tenu du poids de la dépense publique dans notre pays, le candidat socialiste ne pourra pas recourir à l'emprunt massif. Autant dire que seules des hausses d'impôts conséquentes pourront compenser ces dépenses. Une nouvelle augmentation de l'impôt sur le revenu viserait clairement les classes moyennes, étant donné la très forte concentration de l'impôt sur cette tranche.

Le coût du programme économique de Benoît Hamon est gigantesque : environ 380 milliards d'euros par an pour son revenu universel et près de 20 milliards d'euros pour la seule augmentation du point d'indice dans la fonction publique. Autant dire qu'il va falloir doubler le budget de l'État !

La plupart des poids lourds socialistes ne sont convaincus ni sur le fond, ni sur la forme par les mesures de Benoît Hamon. Sur France Inter, le 31 janvier dernier, le ministre de l'Économie, Michel Sapin, critiquait ouvertement la mise en place du revenu universel : « Ça ne sert à rien de promettre quelque chose, si on n'est pas capable de le mettre en musique ensuite. ». De son côté, Manuel Valls déplore l'ambition d'Hamon de vouloir une « société de l'assistanat et du farniente ».

Enfin, côté fiscalité, Benoît Hamon va à l'encontre de l'évolution technologique en voulant créer sa fameuse « taxe robot ». Il mise ainsi sur la soi-disant raréfaction du travail, causée par la robotisation. Pourtant, un coup d'oeil sur ce qui passe chez nos voisins européens, prouve bien que cette réflexion est fausse : en Allemagne, le taux de chômage est de seulement 6 % contre 10 % chez nous, alors qu'il y a 170 robots pour 10 000 employés dans l'industrie manufacturière outre-Rhin, contre 126 en France...

Immigration, cannabis, PMA, euthanasie... Benoît Hamon, c'est la France du laxisme

Peu soucieux de créer un appel d'air, Benoît Hamon souhaite mettre en place une politique promigrants. Il veut ainsi verser une allocation d'insertion pour les migrants, sans en préciser le montant, et donner une autorisation de travailler aux demandeurs d'asile après trois mois de présence sur le territoire. De même, il propose la création d'un visa humanitaire donnant un accès légal et sécurisé au territoire français pour un accueil et une protection temporaire des réfugiés de guerre, de la répression, de la détresse économique ou climatique.

« Nous n'avons pas été à la hauteur, nous avons accueilli si peu de migrants », déplore-t-il sur BFMTV, le 15 janvier dernier, alors même que la France ne parvient pas aujourd'hui à absorber les flux migratoires.

Enfin, Benoît Hamon n'impose aucune barrière à la société et se positionne en faveur de la légalisation du cannabis, de l'ouverture d'une PMA à tous et de l'euthanasie active. Arnaud Montebourg a fait ouvertement savoir son désaccord quant à la dépénalisation du cannabis, tout comme Manuel Valls sur BFMTV, le 15 janvier dernier, et de s'alarmer sur cette proposition : « Il faut des interdits dans une société, des règles. Nous connaissons les effets du cannabis sur les plus jeunes ».

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