16 novembre 2016

La grève des personnels hospitaliers – infirmiers et aides-soignants notamment – est la démonstration qu'aucun Français n'est épargné par les politiques désastreuses du gouvernement. Mené sans concertation et avec des objectifs purement comptables, le plan d'économies présenté en 2015 par Marisol Touraine, montre aujourd'hui clairement ses limites.

Une vision comptable de l'hôpital et de la santé publique

Le plan 2015-2017 d'économies du gouvernement pour l'hôpital public prévoit de réduire les dépenses de plus de 3 milliards d'euros. Il donne avant tout une vision comptable du soin en milieu hospitalier.

Concrètement, il se traduira par des réductions d'effectifs, et la fermeture de près de 16 000 lits d'hôpital. Ce rythme de restructuration est quatre fois plus rapide que celui observé en 2011-2012.

Et pourtant, malgré les apparences, ce plan d'économies n'en est pas véritablement un, puisque le gouvernement se contente de ralentir la progression des dépenses. C'est-à-dire que les dépenses hospitalières continueront d'augmenter, mais seulement moins vite, de 3 milliards d'euros par rapport au rythme initialement prévu.

En outre, avec son projet de groupements hospitaliers de territoire, le gouvernement mène une réforme autoritaire de l'organisation territoriale des hôpitaux, au détriment de la médecine de proximité.

Le gouvernement déstabilise donc l'hôpital public, sans apporter de véritables solutions structurelles aux défis qu'il rencontre. La stratégie retenue par Marisol Touraine ne fait que dégrader davantage les conditions de travail déjà difficiles des personnels hospitaliers, au premier rang desquels figurent les infirmières et les aides-soignantes. La récente grève, à laquelle se sont joints des professionnels libéraux, fait rare, traduit, avec éclat, le malaise de l'hôpital sous gestion socialiste.

Pour redonner de la vitalité à l'hôpital public, les Républicains proposent de leur accorder davantage d'autonomie

Les Républicains ont fait des propositions dans leur projet d'alternance afin que notre système de santé reste parmi les meilleurs au monde. Il est urgent de proposer un nouveau modèle de fonctionnement de l'offre de soins.

1. Accorder davantage d'autonomie aux hôpitaux

Sur le modèle de ce qui a été fait en faveur de l'autonomie des universités, nous proposons d'accorder également davantage d'autonomie aux hôpitaux afin qu'ils puissent s'adapter aux réalités du quotidien et aux enjeux des années à venir. Cela contribuera à améliorer les conditions de travail des personnels hospitaliers qui seront mieux prises en considération.

Ainsi, la négociation du temps de travail dans les hôpitaux ne doit pas constituer un tabou. Les 35 heures ont véritablement affaibli les hôpitaux français.

2. Recentrer les Centres hospitaliers universitaires sur leur mission de pointe

Les CHU ont vocation à être les fers de lance de l'excellence de la recherche médicale et de la délivrance des soins hospitaliers. Recentrer leur mission sur ces objectifs permettra de maintenir un haut niveau de soins.

À cette fin, les cliniques privées doivent pouvoir être intégrées au service public hospitalier, pour que nous cessions d'opposer hôpital public et cliniques privées. Il existe une vraie complémentarité des deux modèles qu'il nous faut encourager.

3. Promouvoir la médecine ambulatoire

La médecine ambulatoire est source d'économies conséquentes. La médecine ambulatoire constitue le premier niveau, chargé des soins courants et du suivi dans la durée des patients. Les hôpitaux de proximité constituent le deuxième niveau, au sein duquel doit s'opérer la prise en charge des soins aigus courants, avec des durées de séjour les plus courtes possible.

Les hôpitaux doivent pouvoir accueillir en leur sein des médecins libéraux, en complément des soins offerts par les médecins hospitaliers. Il ne sert à rien d'opposer médecine publique et médecine libérale, tant elles sont complémentaires.

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