01 septembre 2017

Dans une interview fleuve accordée à l’hebdomadaire Le Point, le Président Macron, dont la parole est rare mais prolixe, révèle des facettes inquiétantes de sa personnalité. Derrière les grands discours sur l’écoute et la réconciliation, il stigmatise les retraités, considérés comme privilégiés, et se révèle brutal envers tous ceux qui lui opposent la moindre contradiction ! Bien loin de réconcilier les Français, il fragilise ainsi la cohésion nationale en ouvrant une guerre des générations.

Faire payer les retraités

Plutôt que d’engager de travailler sur le niveau de dépenses de l’État et l’efficacité des services publics, Emmanuel Macron en revient à la vieille antienne : « il faut faire payer les riches » !

Le problème étant que les riches de Monsieur Macron sont tous les retraités qui touchent plus de 1200 euros par mois.

En réalité, avoir acquis un petit patrimoine, fruit du travail de toute une vie, n’est pas un privilège indu auquel il convient de s’attaquer sans délai ! C’est d’autant moins acceptable qu’Emmanuel Macron ne prend en compte aucune des inégalités, cette fois-ci réelles, que sont les régimes spéciaux de retraite ou les inégalités entre le secteur privé et le secteur public.

Cliver la société

En réalité, Emmanuel Macron renoue avec son idéologie originelle, celle de Terra-Nova, qui tendait à monter les Français les uns contre les autres.

Les difficultés de nos aînés, pourtant bien connues, pour se loger, se soigner ou encore financer la prise en charge de la dépendance, n’intéressent en aucune façon le Président Macron. Pour lui, « les grands sacrifiés » de notre société sont « le jeune, le peu qualifié, l’immigré ou le descendant d’immigré ».

En 2011, on se souvient que Terra Nova avait préconisé d’entériner la sortie des catégories populaires de l’électorat de gauche et de les remplacer par une nouvelle coalition basée sur « les jeunes et les minorités ». Emmanuel Macron renoue donc avec cette vision du monde qui l’a façonné et qui l’avait conduit, pendant la campagne présidentielle, à déclarer qu’il n’y a pas de culture française ou que la colonisation en Algérie est un crime contre l’humanité.

Bien loin de pacifier les esprits, il dresse les populations les unes contre les autres, occulte totalement les classes moyennes des zones urbaines et rurales et pointe du doigt les plus âgés jugés responsables des difficultés des plus jeunes.

Un président qui ne touche plus terre

Ce dédain à l’égard des classes moyennes et de retraités choque d’autant plus que, dans cette interview, Emmanuel Macron contemple son action avec une autosatisfaction enfantine. 

Pour Jupiter, toute son action est grandeur : il va nous faire renouer avec « l’héroïsme politique ». Quand il réforme, c’est une « révolution copernicienne ». Son ambition est de se mettre dans les pas de Louis XIV, rien que ça ! « Clé de voûte », c’est lui qui nous porte tout entier sur ses épaules !

Jupitérien toujours, Macron refuse toute contradiction : et une pique pour Hollande, une pique pour les collectivités qui osent mettre en garde contre les baisses de dotation alors qu’un effort de 11 milliards d’économies leur a déjà été demandé pendant le quinquennat Hollande, une pique pour le général de Villiers qui, courageusement, avait osé lancer un cri d’alarme face aux décisions budgétaires dangereuses d’Emmanuel Macron. Alors que la démission du général de Villiers a créé un très fort émoi au sein de l’armée française, Emmanuel Macron n’y voit « qu’une tempête dans un verre d’eau ». Quel mépris !

Emmanuel Macron, qui fait face à une chute vertigineuse de sa cote de popularité, espère remonter dans les sondages en changeant sa communication. Il n’est pas sûr que cette interview soit de nature à y parvenir. Il est grand temps qu’il comprenne que ce ne sont pas des paroles mais des actes qu’attendent les Français.

 

>> Télécharger l'argumentaire

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains