11 juillet 2017

L’annonce du plan d’actions du gouvernement en matière de fiscalité s’est faite sur un rythme de tango : un pas en avant, deux pas en arrière, puis à nouveau un pas en avant. Bien sûr, les hausses d’impôts (CSG en tête) ont été programmées dès 2018 mais pour ce qui est des réductions, nous avons assisté à un total cafouillage dans les annonces. Il faut dire que M. Macron et son comparse, Édouard Philippe, sont forcés de reconnaître publiquement ce qu’aucun des deux n’ignorait mais que tous deux ont fait mine de découvrir : la situation budgétaire de la France est devenue dangereuse. François Hollande, dont M. Macron fut le ministre de l’Économie, a laissé une lourde ardoise.

Le chiffre

8 : Plus de 8 milliards d’euros, c’est la somme qu’il manque au gouvernement pour boucler le budget 2017.

MM. Macron et Philippe savaient que la situation budgétaire était dramatique

En tant que ministre de l’économie de François Hollande, Emmanuel Macron ne pouvait ignorer que les cadeaux électoraux faits par François Hollande se faisaient au détriment de la bonne santé budgétaire de la France. Il a d’ailleurs participé à la supercherie qui consistait à renvoyer à 2017 de très nombreuses dépenses. Michel Sapin, collègue d’Emmanuel Macron à Bercy, l’a justement rappelé : « Au mois de juillet tous les ministres connaissaient l’état des finances ». Or Emmanuel Macron n’a quitté le gouvernement qu’en août 2016.

Il n’en est pas autrement pour Édouard Philippe. À l’Assemblée nationale, puis lors de la campagne présidentielle, il a dénoncé l’insincérité budgétaire des lois de finances socialistes. Il était donc au fait de la grenade budgétaire qui avait été dégoupillée, et qui allait exploser. D’ailleurs, les Républicains n’ont eu de cesse de dénoncer cette situation tout au long du quinquennat.

M. Macron ne peut s'empêcher de repasser derrière son premier ministre

Alors que la hausse de 20 milliards d’euros de la CSG interviendra dès 2018, les baisses d’impôt sont un sujet autrement plus compliqué. Les baisses de cotisations ? Il est certain que cela sera pour plus tard. Pour ce qui est de la réforme de l’ISF et de l’exonération de taxe d’habitation, il semble que le calendrier ne fasse pas l’unanimité.

Alors que dans le discours de politique générale d’Édouard Philippe, qui était censé poser de manière claire et ferme le plan d’action du gouvernement, il était prévu d’attendre « d’ici la fin du quinquennat » pour la réforme de la taxe d’habitation et 2019 pour celle de l’ISF, les dernières déclarations d’Emmanuel Macron laissent entendre que tout serait mis en oeuvre dès 2018. Emmanuel Macron ne voulait pas être un président omniprésent. Mais, il ne peut s’empêcher de repasser derrière son Premier ministre pour rectifier ses propos. Édouard Philippe reste cantonné dans son rôle de supplétif choisi pour des raisons
avant tout politiciennes.

Les Républicains ne s’y trompent pas : dans les « 4 vérités », le 11 juillet, Bernard Accoyer s’était justement interrogé sur les recettes pour financer ces promesses électoralistes, alors que plus de 8 milliards d’euros manquent déjà en 2017 pour boucler le budget.

Le Gouvernement fait de la sécurité des Français un objectif de second ordre

Alors que la menace qui pèse sur la France reste particulièrement sérieuse – en témoignent les attentats régulièrement déjoués – le gouvernement n’a pas sanctuarisé les budgets des ministères de la Défense et de l’intérieur. Nos soldats sont confrontés à de nombreuses opérations (Syrie, Irak, 10 000 soldats déployés en France pour l’Opération Sentinelle, Mali, Sahel, etc.) et sont en train de s’épuiser en remplissant remarquablement leurs missions. Idem pour les policiers et gendarmes.

Au mépris de ses engagements, le gouvernement prévoit cependant de faire peser sur les ministères régaliens la majeure partie des coupes budgétaires annoncées : 850 millions d’euros pour la Défense, alors que les moyens en matériels, notamment dans le cadre des Opérations extérieures, se révèlent notoirement insuffisants ; 526 millions d’euros pour l’Intérieur, alors que la menace terroriste est toujours aussi pressante ; 126 millions pour la Justice, alors que celle-ci se trouve déjà dans une situation financière alarmante.

Ces coupes budgétaires de plus de 1,5 milliard d’euros, décidées après plusieurs jours de totale confusion entre le président de la République et son Premier ministre, représentent un choix politicien insensé. Cette situation est d’autant moins acceptable qu’elle vise prioritairement à compenser les promesses fiscales d’Emmanuel Macron.

>> Télécharger l'argumentaire

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains