31 mars 2017

Alors qu'Emmanuel Macron claironnait que son objectif était de renouveler en profondeur les pratiques politiques, le QG d'En Marche ! ouvre chaque jour davantage ses portes aux socialistes à la recherche d'un abri les protégeant de la tempête qui menace le PS. Après Bertrand Delanoë, Jean-Yves Le Drian, c'est au tour de Manuel Valls d'appeler à voter pour Emmanuel Macron. L'équipe de campagne qu'il s'est constituée ne résistera pas à l'épreuve du réel.

Le chiffre

500 : Plus de 500 élus socialistes ont déjà rejoint la campagne d'Emmanuel Macron.

« J'avais besoin de croire qu'une nouvelle façon de faire de la politique était en train de naître (...) Les ralliements successifs tous azimuts et symboliques à bien des égards, à commencer par ceux de l'actuel gouvernement, ne correspondent pas à ma conception du changement », Général Bertrand Soubelet, lettre à Emmanuel Macron, le 28 mars 2017.

François Bayrou avait été le premier à ouvrir la valse des ralliements des soutiens de 2012 de François Hollande. Il a rapidement été rejoint par des élus socialistes paniqués par la catastrophe électorale annoncée.

Le ralliement de Manuel Valls symbolise la continuité avec le quinquennat finissant

Face à un Parti socialiste qui se déchire autour de l'utopie promise par son candidat, Manuel Valls n'aura résisté que peu de temps aux sirènes d'Emmanuel Macron dont il a rallié la candidature. Désireux d'échapper à l'effondrement du PS, l'ancien premier ministre assume de vouloir contribuer à la future majorité d'Emmanuel Macron.

Rejeté massivement au sein de sa propre famille politique, Manuel Valls se voit contraint d'adhérer au projet d'En Marche ! pour continuer à se rêver un avenir sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Comptable de la politique qu'il aura mené avec François Hollande pendant cinq années, Manuel Valls n'entend ainsi pas rompre avec la ligne politique qui aura conduit la France à la paralysie.

Emmanuel Macron s'apprête donc à appliquer aux problèmes immenses de la France les mêmes solutions qui ont échoué à redresser le pays depuis 2012. D'ailleurs, près d'une proposition sur deux d'Emmanuel Macron est une reprise du programme de François Hollande en 2012.

Emmanuel Macron se contente de recycler la majorité socialiste sortante

Si par diversion Emmanuel Macron était élu président de la République, les Français pourront aisément se passer, pour la première fois depuis 1958, des traditionnelles cérémonies de passation destinées à marquer l'entrée en fonction d'un nouveau gouvernement. En effet, le ralliement massif des ministres de François Hollande à Emmanuel Macron a un avantage pour l'ancien ministre de l'économie : son gouvernement sera déjà constitué, puisqu'il pourra se contenter de reconduire une bonne partie de l'équipe sortante.

Alors qu'il souhaite « tourner la page de ces cinq dernières années », Emmanuel Macron voit se bousculer à sa porte nombre de ministres de François Hollande, pressés de poursuivre l'oeuvre du président le plus impopulaire de la ve République. Est-il d'ailleurs bien nécessaire de rappeler que ces cinq années dont il veut tourner la page, il en a été l'auteur en tant qu'architecte du projet de François Hollande, puis l'exécutant comme secrétaire général adjoint de l'Élysée, puis complice comme ministre. Depuis 2011, Emmanuel Macron s'active aux côtés de François Hollande...

Ministre de la défense depuis 2012, Jean-Yves le Drian, soutien de longue date de François Hollande et fraîchement rallié à Emmanuel Macron, ne cesse plus de chanter ses louanges supposées. Barbara Pompili, secrétaire d'État chargée de la biodiversité, qui longtemps était membre d'Europe Écologie Les Verts, concourt également pour l'obtention d'un nouveau portefeuille ministériel dans un éventuel et hypothétique gouvernement Macron. Claude Bartolone, président socialiste de l'Assemblée nationale, ne fait d'ailleurs pas autre chose en apportant son soutien à l'héritier de François Hollande.

François Fillon est le seul qui disposera d'une majorité cohérente et puissante

Alors qu'Emmanuel Macron incarne la résurrection d'une ive République où l'instabilité parlementaire était la règle - un gouvernement tous les six mois en moyenne - seul François Fillon pourra s'appuyer sur une majorité solide et cohérente à L'Assemblée nationale, rassemblée autour d'un projet destiné à redresser la France.

D'ailleurs, preuve s'il en faut, en retardant volontairement les investitures de son mouvement pour les législatives, Emmanuel Macron se livre à un jeu de dupes qui entretient le flou autour de la majorité qu'il souhaite construire. Se faisant le chantre d'un renouveau en mesure de dépasser les clivages partisans, Emmanuel Macron prépare en réalité une France ingouvernable. Comment pourrait-il rassembler une majorité allant de Robert Hue, ancien président du parti communiste, à Alain Madelin, en passant par Manuel Valls et François Bayrou ? Ou peut-être est-ce simplement pour pouvoir mieux investir après la présidentielle les députés socialistes sortants qui l'auraient rejoint...

>> Télécharger l'argumentaire

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains