31 mai 2017

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, vient de confirmer l’intention du gouvernement de transformer l’usage de cannabis, actuellement considéré comme un délit, en simple contravention d’ici trois à quatre mois. Ce faisant, il ouvre tout bonnement la voie à la dépénalisation du cannabis ! Mettant en péril la santé de nombreux jeunes Français et refusant de faire face aux délinquants dont les trafics minent la vie de nombreux quartiers, le gouvernement préfère donc que l’État recule et que la loi capitule. La santé des Français mérite mieux que ces fausses bonnes idées.

APRÈS LES ZIGZAGS DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE, EN MARCHE ! SORT DU BOIS ET ANNONCE LA DÉPÉNALISATION DU CANNABIS

     Pendant la campagne présidentielle, il a été fort difficile de comprendre ce qu’Emmanuel Macron comptait faire en matière de consommation de cannabis. En septembre 2016, invité de France Inter, il expliquait, en effet, que « la légalisation du cannabis a des intérêts […] et une forme d’efficacité », avant de tenir des propos radicalement différents, quelques mois plus tard, dans une interview au Figaro : « Je ne crois pas à la dépénalisation des petites doses ni aux peines symboliques. Cela ne change rien ».

     Désormais en responsabilité, les responsables d’En Marche ! sont revenus à leur position initiale, la dépénalisation du cannabis. En sortant du flou, ils s’inscrivent donc, cette fois encore, dans la ligne idéologique socialiste qui a toujours fait preuve de laxisme en matière de lutte contre la consommation et le trafic de drogues.

LE GOUVERNEMENT OCCULTE TOTALEMENT LES QUESTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE LIÉES À LA CONSOMMATION DE CANNABIS

     La consommation de cannabis est un enjeu de santé publique. Or, le gouvernement ne l’aborde pas comme tel. Il est d’ailleurs révélateur que seul le ministre de l’Intérieur se saisisse du sujet. Pour En Marche !, le principal enjeu est du côté de la charge de travail pour les forces de l’ordre, pas de la santé des Français.

     Selon de nombreux Instituts de médecine et de pharmacologie, l’utilisation du cannabis chez les adolescents provoquent pourtant des dommages permanents sur le cerveau, perturbe les fonctions cérébrales, réduit le jugement, la concentration et la mémoire à court terme ainsi que la capacité d’accomplir des tâches routinières. Elle a pour conséquence la démotivation, le décrochage et l’échec scolaire chez de nombreux jeunes. Il n’existe pas de consommation sans risques ni sans conséquences médicales. Lever l’interdit ne résoudra pas le problème de santé publique. Au contraire, la dépénalisation diminue la perception du risque : si le produit n’est pas interdit, c’est qu’il n’est pas dangereux.

LA LÉGALISATION DU CANNABIS NE RÉDUIRA EN RIEN LES TRAFICS

     La voie choisie par le gouvernement exclut toute possibilité de recours à la garde à vue des consommateurs, alors que celle-ci est souvent utile aux enquêteurs. La lutte contre les trafics s’en trouvera donc affectée en les privant des informations sur les trafics que leur apportent les consommateurs.

     Par ailleurs, le recours à l’ordonnance pénale, permis par la loi du 5 mars 2007, permettrait de répondre aux attentes des forces de l’ordre et des magistrats tout en maintenant la possibilité de recours à la garde à vue et en gardant un éventail de sanctions large, mieux différencié selon les types de consommateurs. L’ordonnance pénale autorise notamment des sanctions pécuniaires plus lourdes que la contravention, avec des amendes plus élevées, allant jusqu’à 3750 €.

SANCTIONNER, PRÉVENIR, SOIGNER SONT LES SEULS OBJECTIFS QUI VAILLENT EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LA CONSOMMATION DE DROGUES

     Une politique de lutte contre la toxicomanie ne peut être efficace sans interdit. La dépénalisation aurait comme conséquence d’accroître le nombre de consommateur et réduirait l’impact des messages de prévention sur les risques liés à la consommation de cette drogue. Nous nous opposons donc à toute dépénalisation et à toute banalisation de l’usage du cannabis.

     Autoriser la consommation des drogues ne réglera pas non plus les problèmes de trafics qui se reporteront sur d’autres substances encore plus dangereuses (héroïne, cocaïne, drogue de substitution etc.). Au final, c’est l’ensemble de la politique pénale et sanitaire qui sera affaiblie sans gain clair en termes judiciaires ni de santé publique. Sanctionner la consommation de drogue, empêcher les jeunes d’y entrer et les aider à en sortir sont, pour les Républicains, les seuls objectifs qui vaillent en matière de cannabis.

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