20 juillet 2017

On nous avait promis la sanctuarisation du budget de la Défense mais, en lieu et place, Emmanuel Macron contraint son chef d'État-major à démissionner faute de moyens suffisants pour mener à bien ses missions. Ce choix fait suite à l'humiliation publique qu'avait dû subir le général de Villers, la veille du 14 Juillet. Le chef de l'État n'avait pas supporté qu'il exprime son désaccord – à huis clos devant la représentation nationale – sur les coupes dans le budget de l'armée. Nous saluons la décision courageuse du général de Villers, qui, avec sa démission, lance un cri d'alarme face aux décisions budgétaires dangereuses d'Emmanuel Macron, qui mettent en péril la sécurité de nos soldats et de nos concitoyens.

Le chiffre

850 millions d'économies demandées à nos forces armées pour 2017.

Consacrer 2% du PIB à la Défense : une promesse trahie !

En demandant à l'armée de réaliser 850 millions d'économies sur son budget en 2017, Emmanuel Macron trahit sa promesse de consacrer 2 % du PIB à la Défense d'ici à 2025.

Les 850 millions d'économies prévues sur le budget de la Défense pour 2017 remettent fortement en cause la crédibilité d'un effort de défense qui avait été annoncé à hauteur de 2 % du PIB, en 2025, par le président de la République. Pour atteindre cet objectif, entre 2018 et 2025, la France devrait accroître son budget de la Défense de plus de 2 milliards d'euros par an. La démission du général de Villiers ouvre donc les yeux des Français sur le manque de respect dont Emmanuel Macron fait preuve à l'égard de l'armée, malgré ses démonstrations de chef de guerre, à grand renfort de communication, lors du défilé du 14 Juillet.

Le principe de la séparation des pouvoirs bafoué

D'un point de vue institutionnel, le chef de l'État a méconnu le principe de séparation des pouvoirs en rappelant à l'ordre publiquement le général de Villiers devant la communauté militaire, nationale et internationale pour des propos tenus à huis clos, devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale. En effet, constitutionnellement, il revient au Parlement de voter les crédits militaires en adéquation avec les besoins de la Nation et d'en contrôler l'usage. Le général de Villiers n'a donc fait que son devoir en signalant le manque de moyens financiers et humains de l'armée aux parlementaires. Nous ne pouvons donc que nous inquiéter de la réaction du président de la République, suite à ce huis clos, dont le contenu est par définition secret. Si l'exécutif se permet de limoger les personnalités auditionnées dans ce cadre, plus que le fonctionnement des commissions parlementaires qui est remis en cause, c'est le pouvoir législatif qui risque d'être mis sous tutelle ! Au sein même de la majorité présidentielle, pourtant en admiration devant « Jupiter », aucune voix ne s'est élevée pour défendre le Président et certains ont même osé dénoncer des pratiques inacceptables.

Une décision irresponsable dans un contexte de menace terroriste

Le président de la République, par ses décisions budgétaires, affaiblit l'État dans sa capacité à conduire ses missions régaliennes. Alors que la loi contre le terrorisme est en discussion au Parlement, et face à une menace plus que jamais mondialisée, il est urgent de donner à notre armée les moyens de réaliser ses missions. Ces restrictions budgétaires sont d'autant moins compréhensibles qu'Emmanuel Macron persiste dans son projet d'instituer un service national universel qui pourrait coûter jusqu'à 30 milliards d'euros sur cinq ans et augmenterait le nombre de missions incombant à nos forces armées, sans répondre aux besoins de sécurité des Français.

Pour les Républicains, notre armée mérite des moyens et, les hommes qui la composent, le respect !

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