11 septembre 2015

Dans une interview accordée au Figaro, le 10 septembre, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, présente son plan pour une politique d’immigration maîtrisée, à la hauteur des enjeux soulevés par des flux migratoires incontrôlés et la crise au Proche-Orient.

REFONDRE LA POLITIQUE D'IMMIGRATION EUROPÉENNE ET SCHENGEN : UNE ABSOLUE NÉCESSITÉ

Les quotas ne peuvent être que la conséquence d'une nouvelle politique d'immigration européenne, et en aucun cas le préalable ! Je m'explique : puisqu'il y a autant de politiques d'immigration que d'États membres de Schengen, fixer des quotas reviendrait à accepter chez nous des étrangers qui ne correspondent pas aux critères que nous avons fixés pour l'entrée sur notre territoire.

Je l'ai souvent répété depuis 2012, je suis convaincu qu'il faut ouvrir une nouvelle négociation des accords de Schengen. Aujourd'hui, Schengen ne fonctionne plus. C'est un constat incontestable. Il faut être lucide et en tirer les conséquences en suspendant provisoirement la libre circulation des ressortissants non européens au sein de Schengen. Naturellement, la liberté de circulation des Européens doit rester un principe intangible.

INSTRUIRE LES DEMANDES DANS DES CENTRES DE RÉTENTION AVANT L'ARRIVÉE EN EUROPE

Il faut créer des centres de rétention dans les pays périphériques à Schengen afin d'instruire les demandes d'entrée en Europe au titre du statut de réfugié politique ou de réfugié de guerre.

UNE INITIATIVE INTERNATIONALE DE LA FRANCE S'IMPOSE FACE À LA CRISE SYRIENNE

Il me semble urgent que la France prenne l'initiative d'une conférence qui réunirait l'Union européenne et nos voisins de la Méditerranée pour préparer un accord multilatéral sur l'immigration.

J'ajoute enfin que l'aide au développement de l'Afrique, à laquelle je suis tout particulièrement attaché, et l'obtention des visas pour venir en Europe doivent être désormais clairement conditionnées à l'acceptation par les pays d'émigration du retour chez eux de leurs ressortissants en situation irrégulière sur notre territoire.

Quant aux frappes aériennes en Syrie, j'en soutiens évidemment le principe car comment dire qu'on fait la guerre à Daech sans les frapper où ils se trouvent ?

On ne “peut” pas, on doit vaincre Daech en quelques mois, si l'on s'en donne les moyens.

ADAPTER LE MODÈLE FRANÇAIS D'IMMIGRATION POUR FAIRE FACE À LA CRISE

Il faut distinguer les réfugiés de guerre qui sont obligés de fuir provisoirement leurs pays en voie de désintégration – c'est le cas de l'Irak ou la Syrie – que nous devons accueillir pour la seule période des conflits et qui ont donc vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie.

Il ne doit plus être possible d'accorder des prestations sociales sans conditions.

Un étranger en situation régulière ne doit pouvoir postuler aux allocations logement et familiales qu'au bout de cinq ans.

L'aide médicale d'État pour les étrangers en situation irrégulière, qui coûtera cette année près d'un milliard d'euros, doit être supprimée et remplacée par la seule prise en charge des urgences médicales.

Quant au regroupement familial, sans revenir sur son principe, il nous faudra en revoir les critères car aujourd'hui, il est l'occasion de trop de fraudes.

Je m'interroge sur une évolution de notre droit du sol, qui garantirait la présomption de nationalité pour un enfant né sur le territoire national, mais qui permettrait à l'État de s'opposer à cette acquisition dans des cas bien précis :

  • si les parents sont en situation irrégulière au moment de la naissance ;
  • si l'intéressé s'est livré à des activités terroristes ou à des actes de délinquance.

CONCLUSION

Nous avons besoin d'une stratégie claire, seule à même de rassurer les Français sur la capacité de notre pays à maîtriser la situation.

Les Français constatent, chaque jour, que François Hollande a perdu toute maîtrise des événements.

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