21 juillet 2015

Après des mois de tergiversations, l'accord trouvé en vue d'un troisième plan d'aide à la Grèce stabilise la zone euro, en dépit du louvoiement de M. Tsipras et de l'attentisme de M. Hollande.

En chiffres

  • Nouvelle aide : plus de 80 milliards d'euros.
  • Au total : plus de 400 milliards d'euros ont été accordés à la Grèce depuis 2010.

L'aide déjà apportée à la Grèce

  • Mai 2010 : Premier plan d'aide de 110 milliards d'euros.
  • Mars 2012 : Deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros.
  • Effacement partiel de la dette (privée et publique) : 200 milliards d'euros au total.

En dépit des postures, Tsipras a finalement accepté un accord sur les réformes

La Grèce d'Alexis Tsipras a signé l'accord avec les pays de la zone euro, apportant ainsi un cinglant démenti à toutes les démagogies. Après avoir fait campagne contre le plan proposé à Athènes, M. Tsipras a finalement accepté de faire les efforts qu'il refusait hier.

« La très grande question qui est posée c'est : peut-on ou non avoir confiance en M. Tsipras, dans sa parole et dans ses engagements ? », soulignait Nicolas Sarkozy, le 12 juillet, à l'issue du sommet du PPE.

M. Tsipras doit impérativement tenir ses engagements alors même qu'il déclarait, le 14 juillet, qu'il « ne croyait pas » en cet accord. En effet, l'accord ne suffit pas à résoudre la crise. Les mois à venir seront déterminants pour savoir si cet accord garantit véritablement la sortie de la crise grecque.

Les louvoiements français ont entamé le couple franco-allemand

Après avoir reçu M. Tsipras à l'Élysée, M. Hollande a fait preuve, pendant cinq mois, d'un attentisme regrettable, laissant la situation grecque se détériorer jusqu'à la crise. Pour ne pas froisser les frondeurs socialistes, sa position conciliante avec M. Tsipras n'était pas à la hauteur des enjeux.

Il n'était pas responsable d'affirmer, le 29 juin dernier, que l'économie française « n'a rien à craindre » de la crise grecque, alors que la situation se dégradait dangereusement, et finalement dire le contraire.

Qui peut croire qu'une catastrophe économique en Grèce n'aura pas de graves conséquences en France ?

La zone euro devait avant tout être protégée de la crise grecque, raison pour laquelle les règles de la solidarité collective devaient s'appliquer, en adoptant une attitude ferme et exigeante à l'égard de M. Tsipras. C'était la ligne partagée par les pays de la zone euro. C'était également la position des Républicains affirmée par Nicolas Sarkozy. Le président des Républicains soulignait ainsi dans une interview au Monde, le 1er juillet dernier, que « donner raison à M. Tsipras reviendrait à déjuger tous les gouvernements européens qui ont fait le choix de la raison ».

Au final, les socialistes se sont félicités de l'accord trouvé, à l'image de M. Hollande lors de l'interview du 14 juillet. Pourtant, les mensonges sur les conséquences d'un « Grexit », sur l'attitude de Tsipras, sur l'état du couple franco-allemand ont été nombreux. Il est étonnant de voir les socialistes saluer un accord exigeant des réformes à Athènes, alors même qu'ils ne sont pas capables de mener de telles réformes en France.

Renforçons la zone euro !

La crise grecque illustre la nécessité de revoir profondément le fonctionnement des institutions européennes. Alors que la France devrait être à l'origine de propositions pour renforcer la gouvernance de la zone euro, on ne l'entend pas !

Proposer des réformes de la zone euro face à la crise, c'est l'attitude adoptée par Nicolas Sarkozy, qui souhaite une véritable refondation de la zone euro :

  • « Il faut profiter de cette crise pour moderniser l'euro, lui donner un président digne de ce nom qui ne peut qu'être Français et Allemand car il n'y a pas d'alternative au leadership de l'Allemagne et de la France », a déclaré Nicolas Sarkozy, sur TF1, le 8 juillet dernier.

  • Création d'un Fonds monétaire européen pour que l'Europe ne soit plus à la traîne du FMI.

Alors que la perspective d'une sortie de la Grèce de la zone euro semble s'être éloignée pour un temps, il appartient à présent à M. Tsipras de respecter scrupuleusement les engagements pris pour sortir durablement la Grèce de la crise. La France, quant à elle, doit assumer son rôle en Europe, aux côtés de l'Allemagne, pour réformer la zone euro.

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