24 novembre 2017

En dépit d'un discours fleuve prononcé lors du Congrès des maires, le 23 novembre, le Président n'a rien annoncé de nouveau. Ses belles paroles n'auront pas permis d'effacer six mois de décisions brutales et d'absence de concertation. Les maires, ancrés dans la réalité quotidienne des Français, demandent davantage d'écoute et de respect de leurs prérogatives.

Le prof Macron sermonne les maires

Emmanuel Macron est arrivé au congrès sous de nombreux sifflets que les organisateurs ont tenté de couvrir par de la musique. Le chef de l'État a alors « demandé » à son auditoire de ne pas le siffler, comme il le demandait à ses militants dans ses meetings.

Ce sermon de prof a été jugé par les maires particulièrement infantilisant. En outre, c'était ne pas faire la différence entre des supporters et des maires libres et forts de la légitimité que leur a donnée le suffrage universel.

Les Français sont d'ailleurs bien conscients de cette réalité puisqu'un sondage Ifop publié le 23 novembre indique que 69 % des Français soutiennent la protestation et la défiance d'une partie importante des maires face à la politique du gouvernement.

De belles paroles mais aucune réponse concrète !

Les maires de France seront repartis du congrès avec autant de questions et d'inquiétudes qu'à leur arrivée. Car, derrière les nombreux « J'ai besoin de vous », il n'y avait rien de concret ! Emmanuel Macron ne dit pas où il compte trouver les 10 milliards pour compenser la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français. Alors qu'il n'y a aucun effort pour réduire la dépense publique dans le budget 2018, on voit mal comment l'État pourra dégager des marges de manœuvre financières.

Sur la grande réforme de la fiscalité locale, le chef de l'État n'a esquissé aucune piste. Il supprime une grande partie de la taxe d'habitation aujourd'hui sans avoir aucune idée de ce qui va la remplacer. La méthode est pour le moins hasardeuse d'autant que la question de la constitutionnalité de cette mesure se pose pour deux raisons : tout d'abord la concentration de l'impôt sur 20 % de la population qui crée une inégalité devant l'impôt, ensuite l'autonomie fiscale des collectivités elle aussi garantie par la Constitution.

Aux actes Président !

Au terme de ce 100e Congrès des maires, nos édiles auront jugé le président de la République non pas à ses belles paroles mais aux actes de son gouvernement qui, depuis six mois, leur a imposé des mesures injustes et brutales sans concertation comme l'annulation de 300 millions d'euros de crédits par l'État à l'été, une ponction budgétaire de 13 milliards d'euros, la réduction brutale des emplois aidés ou encore la suppression de la taxe d'habitation. Emmanuel Macron a d'ailleurs lui-même reconnu l'échec de la Conférence des territoires qu'il avait lancée cet été.

Alors que l'État n'a pas engagé les réformes structurelles pour baisser la dépense publique, les efforts demandés restent concentrés sur les collectivités comme c'était le cas sous Hollande.

Il est temps que le Président « hors sol » écoute un peu plus les territoires !

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