04 avril 2016

L'Insee vient de publier plusieurs statistiques économiques et budgétaires pour l'année 2015, avec un déficit public estimé à 3,5 % au lieu de 3,8 % prévu par le gouvernement et une dette publique atteignant 95,7 % du PIB. Des chiffres qui sont plus imputables aux efforts consentis par les collectivités locales qu'à l'effort de rigueur budgétaire du gouvernement.

Le chiffre

2096,9 : C'est le montant total de la dette en 2015. Depuis la fin du premier trimestre 2012 (élection présidentielle), la dette publique au sens de Maastricht a augmenté de 270 milliards d'euros.

La baisse du déficit grâce aux seuls efforts des collectivités locales et non de l'Etat

Le gouvernement s'est immédiatement félicité des bons résultats budgétaires puisque le déficit public est de 3,5 % au lieu de 3,8 % prévu. Or, cette amélioration résulte principalement d'effets qui ne sont pas liés à l'action du gouvernement :

- Le déficit des organismes divers d'administration centrale (ODAC) s'est détérioré de 4 milliards d'euros. Ceci résulte de la diminution des transferts de fonds de l'État vers les ODAC au titre des investissements d'avenir. Au total, le déficit de l'État et des ODAC reste stable à 72,4 milliards d'euros entre 2014 et 2015 et représente l'essentiel du déficit public.

- L'État a également fortement bénéficié de la baisse des taux d'intérêt : ainsi malgré l'augmentation de la dette, la charge d'intérêts diminue de 2,3 milliards d'euros.

- Les dépenses publiques, même si elles ralentissent par rapport à 2014, continuent d'augmenter hors charge d'intérêt de 1,6 %, soit nettement plus que l'inflation, nulle en 2015.

- Les prélèvements obligatoires représentent 44,5 % du PIB, en diminution de 0,3 point par rapport à 2014, mais restent à un niveau plus élevé qu'en 2012 (43,8 %).

- L'amélioration du déficit global résulte essentiellement des collectivités locales qui passent d'un déficit de 4,6 milliards d'euros en 2014 à un excédent de 0,7 milliard d'euros en 2015, du fait principalement de la baisse de 10 % de leurs investissements.

Ceci est lié essentiellement au cycle électoral de 2014 pour les municipales et de 2015 pour les départementales, qui a conduit à une baisse des investissements après l'alternance. Ce phénomène est amplifié par la baisse des transferts de l'État aux collectivités locales.

Par ailleurs, malgré cette amélioration, le déficit de la France reste un des plus élevés de la zone euro. Seuls trois pays (la Grèce, l'Espagne et le Portugal) ont un déficit plus élevé alors que l'Allemagne est désormais en excédent.

La réduction du déficit en 2015 fait apparaître la modestie des engagements du gouvernement pour 2016, avec une prévision de déficit de 3,3 % soit une amélioration de seulement 0,2 point alors que le gouvernement table sur accélération de la croissance.

Il est peu probable que le gouvernement se fixe un objectif plus ambitieux compte tenu des nombreuses nouvelles dépenses annoncées ces derniers mois (point d'indice des fonctionnaires, plan emploi, soutien à l'agriculture).

« Les dépenses génèrent du déficit et l'addition du déficit génère l'endettement. Si vous vous attaquez au déficit et à l'endettement, sans vous attaquer aux dépenses, vous vous attaquez aux conséquences et non à la cause. Cette première orientation stratégique est fondamentale dans le projet économique des Républicains. Il ne s'agit pas pour nous d'une question idéologique, d'une question de gauche ou de droite, de socialisme ou de libéralisme, il s'agit d'une question de bon sens. »
Nicolas Sarkozy, le 30 mars 

Depuis 2012 la dette publique a augmenté de 270 milliards d'euros

La dette augmente en 2015 de 0,4 point de PIB pour s'établir à 2 096,9 milliards d'euros. Depuis la fin du premier trimestre 2012 (élection présidentielle), la dette publique, au sens de Maastricht, a donc augmenté de 270 milliards d'euros.

Conclusion

Si le rôle du gouvernement doit être largement minimisé dans l'amélioration du déficit public, élément corroboré par la hausse parallèle de la dette publique, c'est aux collectivités locales que l'on doit la totalité de l'amélioration du déficit, lesquelles, après l'alternance, se sont enfin engagées à maîtriser la dépense publique. C'est une bonne illustration de la crédibilité de la droite pour réduire la dépense publique.

>> Télécharger l'argumentaire

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains