17 avril 2018

Vice-présidente déléguée des Républicains, Virginie Calmels a été particulièrement « déçue » par la nature de l'interview du président de la République, dimanche soir. « C'était un peu brouillon. Nous n'avons pas eu de visions très précises, très claires. Le "en même temps" d'Emmanuel Macron s'essouffle », juge la première adjointe au maire de Bordeaux au micro, mardi matin, d'Europe 1.

Pointant « un flou artistique » du chef de l'Etat « sur des questions majeures pour les Français comme le respect de la laïcité, la lutte contre l'immigration, sa position contre le terrorisme alors que l'on attendait des réponses et une vision claires », Virginie Calmels y a perçu un exercice de communication « un show, alors que les Français l'attendaient sur le fond ».

Interrogée sur les frappes françaises en Syrie, la Vice-présidente déléguée des Républicains est dubitative sur le fait qu'Emmanuel Macron aurait convaincu Donald Trump de rester en Syrie. « Washington a démenti cette information », souligne Virginie Calmels qui s'interroge sur la véritable stratégie poursuivie par Emmanuel Macron. « Ce ne sont pas des frappes pour des frappes. Quelle est la stratégie maintenant pour combattre Daech ? Quelle est la stratégie vis-à-vis de la Russie », interroge la conseillère régionale "les Républicains" de Nouvelle Aquitaine pour qui « il est essentiel que ces frappes ne soient pas vaines et que l'on ne se trompe pas d'ennemi. Notre ennemi c'est Daech», insiste Virginie Calmels qui garde en tête les évènements de 2003 en Irak. »

Interrogée sur le CETA (traité international de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada), Virginie Calmes plaide le pragmatisme et trouve « essentiel de protéger et de défendre nos acteurs économiques européens. A l'origine de l'Europe il y avait cette volonté de préférence communautaire et de donner à nos entreprises un marché plus grand », rappelle la Vice-présidente déléguée des Républicains qui plaide pour des accords de « réciprocité » et une position équilibrée des intérêts économiques des Européens. « Dans cet esprit-là nous sommes favorables au CETA mais beaucoup moins au Mercosur (communauté économique de pays de l'Amérique du Sud n.d.l.r) », précise Virginie Calmels.

Evoquant la vie de notre mouvement, Virginie Calmels a fait un focus sur le projet politique des Républicains. « Nous souhaitons offrir aux Français des propositions très concrètes. Nous ne sommes pas dans l'opposition stérile, à l'image de notre position favorable à la réforme de la SNCF. On s'inscrit dans une vision pour la France avec la volonté de répondre aux préoccupations majeures des Français. » Au contraire d'Emmanuel Macron qui « après 4 heures d'interviews passe à côté des problèmes des Français que sont le chômage, l'immigration, le pouvoir d'achat », relève Virginie Calmels.

Critiquant un Emmanuel Macron « étatiste », la Vice-présidente déléguée des Républicains préfère croire et s'appuyer sur la décentralisation. « Je crois qu'il faut redonner davantage de libertés aux acteurs économiques. Cela passe aussi par une baisse de la dépense publique. C'est cela qui permettra de baisser les charges, les impôts qui pèsent sur les Français et principalement sur les classes moyennes et les retraités », plaide Virginie Calmels inquiète de la « négligence » du Gouvernement envers les Français habitant dans les territoires ruraux.

L'occasion de rappeler le reniement de la parole d'Emmanuel Macron sur les classes en zones rurales. « Il a dit qu'il ne fermerait aucune classe dans la ruralité. Nous en sommes à plus de mille fermetures pour la prochaine rentrée », cingle la Vice-présidente déléguée des Républicains.

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