Succès du cinquième Rendez-vous des Idées consacré à l’avenir de l’Union européenne

Publié le 29/11/2018

Pour la cinquième édition du Rendez-vous des idées, Guillaume Larrivé, Secrétaire général délégué au projet et Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine en charge des Affaires européennes, ont invité Bruno Alomar, mercredi soir, autour de son livre La réforme ou l'insignifiance. Dix ans pour sauver l'Union européenne. L’auteur tire la sonnette d’alarme sur une « Europe mourante » et propose un plan de réforme drastique des institutions européennes pour réorienter l’Union européenne.

De rencontre en rencontre, le Rendez-vous des idées recueille un succès grandissant. Soucieux que la droite républicaine refaçonne son logiciel pour se refonder en profondeur, Guillaume Larrivé, Secrétaire général délégué au projet a imaginé, sitôt l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains, d’appuyer le travail de réflexion du parti sur des rencontres régulières organisées dans un format particulier, le Rendez-vous des idées. L’occasion pour des intellectuels, des philosophes, des historiens, des entrepreneurs de haute volée, des experts, des femmes et hommes politiques « qui, sans être de notre monde politique et dégagés de tout carcan idéologique, acceptent d’échanger avec nous et de présenter le fruit de leur travail », apprécie Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine, ravie de participer « à ce remue-méninge qui a pour but de préparer la plateforme programmatique de notre famille politique ».

Un plaisir pour elle d’autant que cette cinquième édition était consacrée à l’Union européenne, institution que Constance Le Grip connaît parfaitement pour avoir siégé au Parlement européen de 2009 à 2017. Aujourd’hui chargée des Affaires européennes dans la toute nouvelle équipe thématique constituée la semaine dernière par Laurent Wauquiez, Constance Le Grip accueillait Bruno Alomar pour une soirée d’échanges et de débats autour de son dernier ouvrage La réforme ou l'insignifiance. Dix ans pour sauver l'Union européenne.

Diplômé de Sciences Po Paris, d'HEC, de l'Ecole de Guerre et ancien élève de l'ENA, Bruno Alomar, qui a une solide connaissance des institutions européennes, confie qu’il a essayé de mettre dans ce livre toute une série de réflexions tirées de ses expériences d’enseignant, de haut fonctionnaire - il a représenté la France à de nombreuses reprises dans les institutions européennes -, de consulting européen... « J’ai une appréciation de l’Europe qui est très diverse », confie l’auteur qui, dans les sept chapitres de son livre, s’est efforcé de dresser un constat suivi de propositions opérationnelles « qui ont vocation à servir pour ceux qui voudraient s’en emparer ».

Européen convaincu (« parce que France a un rôle particulier à jouer dans l’Europe et que c’est de l’intérêt de la France »), l’auteur tire la sonnette d’alarme et propose un plan de réforme drastique des institutions européennes. Pour Bruno Alomar, l’Union européenne « est confrontée à un dilemme : elle est mourante. Et ce qui la menace ce n’est pas la disparition mais plutôt le lien qui se distend, progressivement, avec les peuples qui l’ont créée, et qu’elle devienne insignifiante. Il est vraiment urgent de s’y intéresser et de dégager des pistes pour qu’elle aille mieux », insiste Bruno Alomar, préférant projeter son regard de réformes à dix ans et non sitôt les élections européennes de mai 2019 parce que, estime-t-il, « c’est une illusion que de croire qu’une machine complexe comme l’Europe peut être changée en 6 mois ».

Préférant que la France se trouve dans une attitude cherchant à faire valoir ses intérêts plutôt qu’une attitude comme celle des Britanniques préférant le Brexit ou de celle d’eurobéats, Bruno Alomar tord le cou à certaines idées reçues. Comme celle du "on ne peut rien faire en France car l’Union européenne décide de tout ". « C’est faux, réplique-t-il. Les pouvoirs de l’Union européenne sont limités. Pour exemple, la question migratoire ne fait pas partie de ses compétences. Et si la France veut supprimer son impôt sur les sociétés, multiplier par cinq le smic, multiplier par cinq ses dépenses militaires, elle peut le faire. Ce n’est ni une institution qui nous empêche de faire, ni une institution qui nous sauvera. Ce n’est ni l’un, ni l’autre. L’Europe est là et il faut comprendre ce qu’elle fait », pose Bruno Alomar rappelant qu’à l’origine l’Union européenne avait été imaginée par la France « comme un outil de puissance alors que les Britanniques pensent que c’est un démultiplicateur de faiblesse ».

« L’Europe, c’est 500 millions de consommateurs. Si la Chine veut vendre une poupée en Europe et qu’en face l’Union européenne lui donne son accord mais en lui disant qu’il faut la fabriquer de telle façon, c’est évidemment un démultiplicateur de puissance pour l’Europe. Et les élites, surtout françaises, ont oublié cela », déplore Bruno Alomar prenant exemple sur l’Allemagne « qui n’a aucun problème à considérer que l’Union européenne sert à l’Allemagne pour être puissante. Cela suscite une forme d’anti-germanisme mais on n’a pas à reprocher à nos partenaires d’être plus malins que nous. Il faut l’être aussi », glisse Bruno Alomar pour qui « l'alternative est claire. Soit les principaux États membres se mettent d'accord sur une vision économique et ils mettent l'Union au service de cette vision. Soit l'Union continuera cahin-caha, mais c'est en dehors d'elle que les choses importantes se décideront ».

Si les 40 000 fonctionnaires européens, basés pour l'essentiel à Bruxelles, peuvent participer à l’idée de ce déficit démocratique parce qu’ « éloignés des citoyens », l’auteur de La réforme ou l'insignifiance. Dix ans pour sauver l'Union européenne pointe le vrai «déficit démocratique». « Le vrai scandale de la construction européenne, c'est la façon dont les grands États - grands par la démographie, l'économie, le poids politique - sont lésés par rapport aux petits États. Comment expliquer, par exemple, qu'à la Banque centrale européenne, le gouverneur de la Banque centrale de Malte ait le même pouvoir que son homologue allemand ? Comment expliquer qu'en un quart de siècle, le Luxembourg ait eu deux présidents de la Commission (M. Santer et Juncker) ? Il y a là une tendance délétère, que malheureusement certains souhaitent accentuer ». Une allusion au fait que la France pourrait renoncer à son Commissaire européen ! «  C'est le contraire qu'il faut faire », assure-t-il.

Pour Bruno Alomar, l’un des paradoxes de l’Union européenne est que ses outils sont limités. « L’Union européenne est avant tout un marché européen dans sa dimension intérieure et extérieure. Mais elle n’a pas de diplomatie européenne, pas de Défense européenne. Il faut que l’Europe arrête de prétendre bâtir et faire ce qu’elle sait faire et ce pourquoi elle a été faite », estime Bruno Alomar qui verrait d’un bon œil que l’Union européenne se déleste d’un certain nombre de politiques au profit des Etats membres.

Alors que les élections européennes vont se dérouler en mai 2019, Bruno Alomar ne pense pas que « les peuples européens soient hostiles à la construction européenne. Ils sont victimes d'une erreur de perception qui, paradoxalement, est le fonds de commerce commun aux opposants et aux partisans de l'Union: l'affirmation que rien ne se fait sans l'Union européenne ! S'il y a donc une urgence pour sauver l'Europe, c'est de faire comprendre aux Européens ce qu'elle est vraiment, et en particulier qu'elle n'est ni le Père fouettard, ni le Père Noël! ».

Quant au Parlement européen, Bruno Alomar juge « très important que les partis politiques nationaux fassent bien l’effort de prendre au sérieux les élections européennes, qu’ils cessent de considérer le Parlement européen comme le lieu de recasage de politiciens médiocres et qu’ils aient des personnes motivées pour aller porter les intérêts de la France ».

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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