09 mai 2018

Le projet de révision constitutionnelle propose de réduire les droits et les pouvoirs du Parlement

 

Alors que les résultats concrets tardent à venir dans de nombreux domaines, Emmanuel Macron et son gouvernement ont choisi d’ouvrir le chantier, bien éloigné des préoccupations des Français, de la réforme constitutionnelle, en pointant un bouc émissaire principal à leurs difficultés, le Parlement.

Pour la première fois depuis 1958, un projet de révision constitutionnelle propose de réduire les droits et les pouvoirs du Parlement.

Droit d’amendement, discussion des textes en séance publique, navettes parlementaires, maîtrise par les assemblées d’une partie de leur ordre du jour, le pouvoir exécutif veut remettre en cause ces libertés parlementaires fondamentales pour notre démocratie représentative.

Imprégnée d’un antiparlementarisme d’essence technocratique, combinée à une réforme électorale proportionnaliste qui transformera beaucoup de députés en élus hors sol, cette révision constitutionnelle risque d’alimenter la coupure ressentie par beaucoup de Français avec leurs représentants et de remettre en cause la juste représentation de tous les territoires.

Plus que jamais, la présidence jupitérienne réclame un Parlement abaissé, une majorité caporalisée, une opposition domestiquée et silencieuse. Emmanuel MACRON et sa majorité devraient se souvenir qu’en France, les débats dont le Parlement est privé, se terminent souvent dans la rue.

Légiférer moins mais légiférer mieux, renforcer les missions et les moyens du Parlement dans le domaine du contrôle et de l’évaluation, telles sont les pistes proposées par les assemblées, dans la continuité du rééquilibrage institutionnel intervenu en 2008. Le pouvoir exécutif devrait y répondre favorablement plutôt que de chercher à brider les autres pouvoirs.

Annie Genevard
Secrétaire Générale des Républicains

Abonnez-vous Les républicains magazine Toute l'actualité politique des républicains