20 juillet 2015

François Hollande a pris position dimanche, dans un texte paru dans le JDD, sur la réforme des institutions de la zone euro. Il propose de créer « un gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique ».

L'idée du gouvernement économique est intrinsèque à la constitution d'une zone monétaire rassemblant plusieurs Etats indépendants. Elle a été reprise par de nombreux auteurs et hommes politiques depuis les premiers travaux sur les zones monétaires optimales dans les années 1960.

Nicolas Sarkozy a défendu la nécessité d'un gouvernement économique de la zone euro au moment de la crise financière de 2008 et 2009 et la France et l'Allemagne ont œuvré ensemble pour le renforcement des institutions de la zone euro avec la création du mécanisme européen de stabilité (MES), des procédures budgétaires renforcées et la mise en place de la règle d'or par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de mars 2012.

Mais le diable se cache dans les détails et le gouvernement de la zone euro de François Hollande n'est pas le gouvernement économique souhaitable pour les pays de la zone euro.

Pour François Hollande, il s'agit de se donner les moyens de contrer les positions de l'Allemagne et d'autres pays attachés aux grands équilibres budgétaires et monétaires, de mettre en place des eurobonds conduisant à une mutualisation des dettes en Europe et de continuer de laisser filer la dépense publique.

Or il ne peut y avoir de gouvernement économique de la zone que sur la base d'un accord franc et durable entre la France et l'Allemagne, dans le respect de la règle d'or des finances publiques et le refus de la mutualisation des dettes européennes.

Le gouvernement économique a pour objet de permettre une optimisation du policy mix de la zone euro, - c'est-à-dire de manier simultanément la politique monétaire, la politique budgétaire et la politique de change pour atteindre la croissance non-inflationniste maximale possible -, dans le respect d'un déficit structurel – déficit corrigé des variations de l'activité -, tendanciellement nul.

La politique économique que mène François Hollande, qui se traduit notamment par le fait que, depuis an, le chômage augmente en France alors qu'il baisse en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, ne favorise pas le nécessaire accord franco-allemand qui permettrait des avancées institutionnelles de la zone euro comparables à celles intervenues lors du précédent quinquennat.

Christian SAINT-ETIENNE
Délégué à l'Economie

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