14 février 2018

Nous attendions tous une révolution de l'hôpital public et plus largement de notre système de santé, car telle était la promesse du gouvernement et d'Emmanuel Macron...et ce matin nous sommes restés atterrés par la banalité des mesures proposées. D'ailleurs nous n'avons pas eu droit à une réforme, mais à l'annonce d'une réforme avec des consultations locales et nationales qui vont s'égrener sur plusieurs mois. Edouard Philippe ayant confondu sans doute un cours magistral sur l'hôpital public et son rôle de Premier Ministre, qui est d'agir.

Engager une réforme du numérus clausus ? Dont acte, mais on ne peut s'empêcher de noter que Mme Buzyn y était résolument opposée, il y a encore quelques semaines...

Quid des déserts médicaux ? Rien si ce n'est des phrases creuses sur la meilleure articulation ville/hôpital sans jamais bien sûr aborder le seul sujet en la matière de la liberté d'installation des médecins. Edouard Philippe a préféré encore une fois menacer les hôpitaux locaux de fermeture...et après il osera nous parler de fracture territoriale dans un parisianisme détestable.

Réduire les déficits ? Naturellement avec 1,5 milliard de déficits des hôpitaux publics, c'est une évidence. Mais cela implique de penser le financement de l'hôpital à long terme et non d'alterner les coups de rabot dans les lois de financement de la sécurité sociale puis les déblocages en urgence de reliquats d'enveloppes budgétaires.

Favoriser l'ambulatoire ? Edouard Philippe annonce une hausse prétendue incitative des tarifs de l'ambulatoire sans doute pour répondre à l'objectif hors sol de 70% d'ambulatoire à la fin du quinquennat Macron. Mais en même temps...il annonce une baisse généralisée de tous les autres tarifs hospitaliers, qui correspondent pourtant à la majeure partie des actes. Quelle sera la conséquence de cette baisse ? Une baisse de la qualité des soins et une mise sous tension renforcée des équipes soignantes déjà à bout. On retrouve bien là, la logique de Macron: travailler plus pour gagner moins!

Revenir sur la T2A (tarification à l'activité) ? C'est une vieille idée socialiste lancée par François Hollande et Marisol Touraine avec la mission Couty... Si de nombreux professionnels se plaignent de cette modalité de financement, il ne faut pas oublier que pour revenir en arrière, il faudra changer tous les systèmes d'information des hôpitaux (après avoir investi des centaines de millions pour déployer la T2A), ce qui sera long et très onéreux et licencier les personnels contractuels du contrôle de gestion T2A, qui n'auront plus d'utilité et de reconversion possible...ce que le Gouvernement ne fera jamais. Encore une fois, il berne les Français et les professionnels du soin.

La réforme de l'hôpital lancée par Edouard Philippe et Agnès Buzyn, est insignifiante et fluctue entre socialisme et libéralisme en restant dans les concepts et les annonces, sans jamais passer aux actes.

Il y a pourtant une grande différence, M. Edouard Philippe, entre annoncer la réforme et réformer !

Lydia Guirous
Porte-parole des Républicains

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