13 septembre 2017

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a livré ce mardi devant le Parlement sa vision, optimiste et audacieuse, du projet européen. Il nous reste moins de deux ans pour faire de ce mandat celui du redressement de l’Europe et ne pas le laisser entrer dans l’Histoire comme celui du Brexit et de la montée des populismes. C’est pourquoi je ne peux qu’applaudir le volontarisme du Président de la Commission.

Gare cependant à l’autosatisfaction. Si l’Europe, encore incomplète, a jusqu'ici résisté aux crises, si le gros de l’orage semble derrière nous, il n’est pas encore temps de crier victoire. Bien au contraire, profitons de l’accalmie pour enfin bâtir un navire à l’épreuve des tempêtes.

En matière institutionnelle, je me félicite ainsi que Jean-Claude Juncker souhaite donner plus de visibilité, et de lisibilité, à notre machine démocratique, en fusionnant les rôles de Présidents de la Commission et du Conseil et en créant un poste de Ministre des Finances de la zone euro.

L’approfondissement de la zone euro et la démocratisation de sa gouvernance sont justement un premier chantier majeur, sur lequel Jean-Claude Juncker est largement revenu. Nous avons besoin de plus de solidarité entre États membres, mais celle-ci doit aller de pair avec plus de responsabilité budgétaire.

Je regrette par ailleurs que Jean-Claude Juncker n’ait pas insisté plus longuement sur le second chantier à mes yeux prioritaire : celui de l’Europe de la défense. Si l’annonce de la création d’une agence dédiée à la cybersécurité est à saluer, j’attends aussi que la Commission, aux côtés du Parlement, pèse de tout son poids pour la mise en œuvre de projets industriels communs, dans le cadre d’un nouveau Fond européen de défense, afin de favoriser la coopération entre États membres autour d’initiatives concrètes.

Enfin, je me réjouis des annonces du Président destinées à construire une Europe de la protection, que nous appelons de nos vœux. Protection de nos frontières face à la menace terroriste, protection contre le risque environnemental, qui s’aggrave, lutte contre le dumping fiscal et social, contrôle des investissements étrangers et protection de nos emplois via une nouvelle politique industrielle conquérante. Alors que le monde danse sur un volcan, l’Europe ne retrouvera le chemin de ses citoyens que si elle est capable de leur offrir de vraies perspectives d’avenir.

Seul bémol : la timidité du Président de la Commission concernant une éventuelle adhésion de la Turquie, qu’il exclut « pour l’instant ». Pour moi, la porte doit être définitivement fermée.

Jean-Claude Juncker l’a justement souligné : « nous ne devons pas pécher par excès de prudence ». Une fois passées les élections allemandes à la fin du mois, tous les astres seront alignés. Nous n’avons plus d’excuse pour ne pas agir.

 

Françoise Grossetête,

Députée européenne

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