10 juin 2016

En parallèle des conventions thématiques organisées chaque semaine au siège national dans le cadre de l'élaboration du projet politique d'alternance des Républicains, se tiennent régulièrement les Rendez-vous du projet.

Dans un format un peu plus court d'environ deux bonnes heures, les Français, qu'ils soient adhérents ou non de notre famille politique, sont invités par Eric Woerth, Secrétaire général chargé du projet, à venir débattre dans des échanges non conclusifs sur des thèmes précis avec des cadres de notre famille ainsi qu'avec des experts comme ce fut le cas ces dernières semaines sur l'e-santé, le coût du travail, la croissance bleue, la façon de libérer les PME pour créer de l'emploi...

Ce mercredi soir, près de deux cents personnes ont participé à un rendez-vous du Projet consacré à la Famille autour de la sénatrice du Haut-Rhin, Catherine Troendlé, Déléguée générale à la Famille mais également des secrétaires nationales Anne Lorne (Petite enfance) et Catherine Giner (politiques familiales et intergénérationnelles).

« Alors que la politique familiale n'a jamais été autant attaquée depuis 2012 avec le double rabot du quotient familial, la réduction des aides à la garde d'enfants, la modulation des allocations familiales qui met fin à l'universalité des allocations familiales, la diminution de moitié de la prime de naissance, la diminution du congé parental, nous tenions absolument à consacrer une soirée pour rappeler combien la famille, socle de notre vie sociale, doit être pour nous, Les Républicains, préservée », lançait Catherine Troendlé en guise d'introduction. Non sans rappeler que François Hollande (engagement n° 16) avait promis de maintenir « toutes les ressources affectées à la politique familiale ».

« Au total, ce sont 2,630 milliards d'euros qui, depuis 2013, ont été subtilisés aux 3,2 millions de familles injustement victimes », avait pointé Philippe Vitel en janvier dernier à l'assemblée nationale.

« Cette politique anti-famille du gouvernement socialiste depuis 2012 a affecté la confiance des couples en âge de procréer avec un résultat : pour la première fois depuis 1999 notre pays a connu l'an passé une chute des naissances. Le taux de fécondité est passée de 2,1 à 1,96 enfant par femme : c'est la baisse la plus importante constatée depuis vingt ans », relève la sénatrice du Haut-Rhin.

Ce « mépris » de la famille par les socialistes s'est également traduit dans d'autres domaines. Comme celui de la petite enfance. « François Hollande avait promis 275 000 places de garde d'enfants dont 100 000 en crèches. En trois ans ce sont à peine 40 000 places de crèches qui ont été créées », dénonce Aurélie Taquillain, adjointe-au-maire de Courbevoie déléguée à la famille, petite enfance et à la vie associative. « Devant ces réalités, des mamans sont obligées d'arrêter de travailler », déplore-t-elle. Une situation que les collectivités locales ne peuvent améliorer, touchées qu'elles sont par la baisse drastique des dotations de l'Etat.

« Sans les collectivités locales, il est impossible de créer des structures d'accueil pour la petite enfance », prolonge Marie-Laure Des Brosses, présidente du Mouvement mondial des mères pour la France qui déplore également les « promesses sans suite » de François Hollande. Elle promeut les assistantes maternelles, « un mode de garde important négligé par le PS » et qui « sont la solution en milieu rural ». Marie-Laure Des Brosses déplore le prix des berceaux (en moyenne 15 000 euros) qui a doublé en raison d'un empilement incompréhensible des normes qui, à bien suivre l'ensemble de nos conventions et réunions thématiques, apparaissent comme un véritable obstacle à toute envie d'entreprendre.

Directrice de la fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) Agnès Verdier-Molinié est intervenu lors d'une table ronde consacrée à la fiscalité et aux finances de la famille. « La politique familiale ne doit pas être désincitative à l'emploi » considère cette essayiste pour qui l' « envolée des dépenses sociales met en péril notre modèle social pour les prochaines années ». Elle estime que la fusion de toutes les aides en une allocation sociale unique serait une bonne idée. Concernant les modes de garde, une réallocation des moyens aurait pour effet, d'un côté, de créer de l'emploi, et de l'autre, permettrait aux femmes de retravailler.

Professeur d'économie de la protection sociale, Jacques Bichot, dans un détour conceptuel, a fait un vibrant plaidoyer sur un investissement : la famille. « Le capital humain est plus important que le capital physique. Et il faut reconnaitre la famille comme un investisseur, comme un agent économique fondamental ». Cela pose le problème du rôle de la famille dans la société, de l'éducation des enfants. « Si on n'apprend pas à être quelqu'un dans la famille, un être structuré, on ne peut pas être utile à l'économie », estime ce membre honoraire du CESE qui souhaite qu'on « abandonne le fatalisme de la redistribution ».

Lors de la table ronde sur la famille de demain, constatant le nombre croissant de familles monoparentales ( de 0,9 à 1,6 million de familles en moins de 20 ans), Anne Lorne a sensibilisé l'assistance à œuvrer d'urgence pour la conjugalité en proposant, notamment en mairie, une préparation au mariage civil.

« Les mots employés dans l'article 212 du code civil comme "respect", "fidélité", "secours", "assistance" ne sont pas de simples déclarations d'intention. Il est temps de revaloriser le mariage durable », relève Anne Lorne qui promeut les kits de soutiens à la conjugalité ainsi qu'un assouplissement du temps de travail « pour permettre de concilier vie professionnelle et vie privée. C'est une réponse par anticipation à la crise des modes de garde qui nous attend », note-t-elle.

Maître de conférences à l'Université de Reims, Clotilde Brunetti-Pons réclame la « filiation réelle ». « Nous devons réaffirmer des principes fondamentaux : l'intérêt supérieur de l'enfant est d'avoir un père et une mère par le mariage ; la filiation père et mère doit être connue ; la volonté ne peut pas avoir d'efficience sur la filiation... », détaille Clotilde Brunetti-Pons.

De ces échanges et débats avec les nombreux participants, près de trente suggestions ont été émises (revalorisation des métiers de la petite enfance, déplafonnement du quotient familial dans le cadre d'une réforme fiscale globale, financement des écoles d'auxiliaires puéricultrices par les régions, développement du logement coopératif et participatif, revalorisation du mariage durable...).

Ainsi que trois propositions retenues par notre famille politique : rétablir le quotient familial ; garantir l'universalité des allocations familiales ; réduire les charges sur les salaires des emplois à domicile.

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