15 février 2018

La question est à peine posée que la réponse fuse. « C'est un mode de scrutin hors sol ». Interrogée lors de la matinale de Politique Matin sur LCP, Rachida Dati, députée européenne "les Républicains", est vent debout contre le projet de loi d'Emmanuel Macron et du Gouvernement en débat actuellement au Parlement. Il vise à instaurer, pour les élections européennes de mai 2019, une circonscription nationale unique en remplacement des grandes régions. L'article 1er du texte, qui indique que « la République forme une circonscription unique » a été adopté par les députés ce mardi. Et l'ensemble du projet fera l'objet d'un vote en première lecture, mardi prochain.

« L'avantage d'avoir des circonscriptions et des candidats par grandes régions cela permet de faire des campagnes en fonction des sujets européens de chacune de ces régions. La région Île-de-France n'a pas les mêmes soucis que la région Midi-Pyrénées ou PACA », observe Rachida Dati qui estime que la France « a besoin de femmes et d'hommes qui connaissent et qui soient implantés dans ces régions pour pouvoir démontrer l'intérêt de l'Europe pour ces régions. Là, on va avoir des personnes hors-sol mais cela correspond au parti d'"En Marche" de parler d'Europe en principes mais pas de façon pratique. Je crains que cela éloigne encore plus le citoyen de l'enjeu européen », note Rachida Dati.

Mettant en avant le « bilan très honorable » des parlementaires européens "les Républicains", Rachida Dati compte bien profiter de la campagne des Européennes pour faire le bilan de l'action des élus de notre famille politique.

« A-t-on, en qualité de parlementaires européens "les Républicains", tenu nos engagements ? On doit cela aux Français », estime la maire du VIIème arrondissement de Paris qui souhaite également expliquer « pourquoi il faut aller plus loin sur certains sujets ».

Parce que, selon elle, sur de nombreuses thématiques, les sujets doivent se traiter de façon transversale, au niveau européen. « Sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, sur la politique agricole vous ne pouvez pas faire sans l'Europe. Sur la maîtrise des flux migratoires, si vous légiférez uniquement au niveau national, vous n'allez pas maîtriser efficacement les flux migratoires », relève Rachida Dati.

Et de prendre un exemple sur le droit d'asile en Europe. « Chaque année, en Allemagne, 300 000 demandeurs d'asile sont déboutés. Ils viennent ensuite en France et vont attendre six mois pour formuler une demande d'asile, cette fois à la France. Ainsi, un Afghan a une chance sur deux d'avoir un statut de réfugié en Allemagne et neuf chances sur dix en France », détaille Rachida Dati soulignant que les systèmes de protection sont différents au niveau européen « avec pourtant un même règlement européen. Nous avons donc besoin d'améliorer ce système européen pour être plus efficace », considère-t-elle, remarquant que chaque pays européen a son organisme d'asile en Europe. « Cela n'est plus possible. Cela génère de l'immigration illégale, de l'appel d'air et on n'expulse pas », constate-t-elle.

Profondément persuadée que l'Europe, « bien qu'imparfaite », n'avait pas encore exploré tous les champs des possibles, elle souhaite que cette dernière « construise une Europe des projets ».

« En Europe nous sommes très forts sur la recherche, sur la science et les nouvelles technologies mais nous n'avons pas de géants du net. Nous avons un problème de mise en commun, de force, d'allant, d'intelligence pour que nous puissions aussi créer, en Europe, nos géants technologiques, scientifiques », relève-t-elle. D'où l'importance, à ses yeux, de construire de grands projets industriels européens.

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