11 janvier 2018

Les premiers éléments du projet de loi Asile et Immigration ayant été communiqués hier soulèvent la grande inquiétude des Républicains, qui craignent que la timidité du texte ne fasse qu'accélérer les phénomènes migratoires dont la France est l'objet.

Le Gouvernement ne semble aucunement avoir pris conscience de l'ampleur du phénomène, pourtant bien résumé par les chiffres publiés cette semaine par l'OFPRA : pour la première fois en 2017, la barre des 100.000 demandeurs d'asile a été dépassée et 64% des demandeurs ne répondaient pas aux critères de l'asile.

Après l'augmentation vertigineuse de 108 millions d'euros de l'Aide médicale d'Etat dans la loi de finances 2018, véritable appel d'air à l'immigration clandestine et après la baisse de 7% des crédits affectés aux reconductions à la frontière, le gouvernement donne une nouvelle fois des signes dangereux de son laxisme.

La confirmation de l'abandon du concept de « pays tiers sûr », qui constitue une garantie pour la France face aux demandes d'asile abusives, le simple doublement de la durée de rétention administrative, notoirement insuffisant, et les quelques aménagements techniques à quoi se réduit le projet de loi ne préparent pas la France aux vagues migratoires massives que va immanquablement engendrer la déstabilisation d'un certain nombre de pays de l'arc méditerranéen.

Rien pour dissuader les clandestins de se servir du droit d'asile comme d'un prétexte à leur désir d'immigration économique.

Rien sur les moyens d'accélérer et de rendre effectives les reconduites à la frontière des déboutés (96% de ces derniers restent aujourd'hui en France).

Rien pour réformer la circulaire Valls de 2012 qui facilite la régularisation des irréguliers.

Rien pour réguler l'immigration légale et la limiter au strict minimum par le biais d'objectifs quantitatifs annuels.

Rien pour conditionner le regroupement familial à la possibilité d'une véritable intégration sur le sol français.

Rien sur la réforme de l'Aide médicale d'Etat pour la recentrer sur les soins essentiels.

Le texte en préparation effraie peut-être les associations d'extrême-gauche qui en demandent sans cesse davantage sans considération de ce que la France peut supporter en matière d'immigration. Mais il ne trompe pas les Républicains qui voient, dans la loi en préparation, au mieux un coup d'épée dans l'eau, au pire un écran de fumée peut-être destiné à donner le change, mais bien incapable en l'état de faire face à la nouvelle donne internationale ni de protéger les Français contre une immigration clandestine massive.

Gilles PLATRET
Porte-parole des Républicains
Maire de Chalon-sur-Saône

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