03 décembre 2018

« Si nous soutenons le fond des revendications des Gilets jaunes sur le pouvoir d'achat, nous n'acceptons pas que certains, sous couvert de ces revendications, se livrent à l'exacerbation de leurs violences ».

Ce lundi matin, lors du point-presse hebdomadaire des Républicains, Gilles Platret, porte-parole et maire de Chalon-sur-Saône, a exprimé la « colère » des Républicains et a « condamné avec force » les « violences inouïes » qui se sont déroulées samedi dernier sur Paris et aux abords de l'Arc de triomphe.

L'occasion pour lui de réclamer le rétablissement des peines-plancher pour tous les auteurs d'actes de violences à l'encontre des forces de l'ordre et dépositaires de l'autorité publique, proposition des Républicains systématiquement refusée par majorité. « Alors que les vannes de la violence sont ouvertes et se déversent sur le pays, il nous apparait essentiel de rappeler que cette mesure est destinée à donner à l'État et à la Justice les moyens de réprimer lourdement ceux qui veulent profiter de justes revendications pour instiller le désordre dans notre nation », souligne le porte-parole des Républicains.

Gilles Platret s'est également interrogé publiquement sur la stratégie qui a présidé à l'emploi des forces de l'ordre samedi dernier à Paris.
« Les évènements parisiens posent la question du choix, de la stratégie et de la pertinence de ces choix en matière d'assurance de la sécurité », souligne le porte-parole des Républicains après avoir constaté combien les « forces de l'ordre ont été pris à partie avec une violence qu'elles n'avaient jamais rencontrée dans bien des carrières ».

Alors que se profile un troisième week-end de mobilisation des Gilets jaunes à Paris le week-end prochain et « pour éviter que le phénomène se reproduise, comprendre ce qu'il s'est passé, identifier et corriger les failles », Gilles Platret souhaite que la chaine hiérarchique de décision, « à commencer par le ministre de l'Intérieur », puisse apporter à la représentation nationale « tous les éclaircissements nécessaires » de la façon dont a été envisagée la sécurisation de samedi.

« Le minimum, dans un régime démocratique comme le nôtre, considère Gilles Platret, est que le Gouvernement s'explique et réponde aux questions des parlementaires sur ce sujet car les Français sont nombreux à se les poser aussi». Pour le porte-parole, ce sujet est d'autant plus primordial que les Républicains sont particulièrement « attentifs à ce que l'organisation des mouvements ne donne pas la faculté d'agir à ceux qui veulent s'en servir comme prétexte pour tout casser ». Et par voie de conséquence « faire taire le peuple français sous prétexte qu'il y a des débordements ».

Ce cri de colère, Gilles Platret le comprend et l'entend. « Une colère profonde née du constat vécu durement par une majorité de Français en raison d'un pouvoir d'achat qui se réduit d'année en année et par une classe moyenne écrasée par des normes et la fiscalité. Pour beaucoup de Français, c'est la révolte de ceux qui ont travaillé et qui travaillent encore et qui n'arrivent plus à vivre du fruit de leur retraite ou du fruit de leur travail », analyse Gilles Platret soucieux que le Gouvernement « analyse la situation, prenne les décisions nécessaires pour assurer l'ordre républicain ». Mais, répète-t-il, «nous ne voulons pas que cet ordre républicain soit un prétexte pour éteindre des revendications dont nous comprenons la substance et que nous partageons en grande partie ».

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