12 février 2018

Après le renoncement d'Emmanuel Macron sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes, après le renoncement d'Emmanuel Macron sur l'organisation à Paris de l'exposition universelle 2025, après « le décalage entre ses propos d'une apparente fermeté sur le projet de loi immigration et la faiblesse des actes dans la loi de finances 2018 », "les Républicains" ont décidé d'alimenter chaque semaine « le compteur des promesses trahies par Emmanuel Macron ».

Cela, Geoffroy Didier, Secrétaire général-adjoint en charge du porte-parolat en a fait, ce lundi midi, l'annonce lors du point-presse hebdomadaire des Républicains.

Accompagné de Laurence Sailliet, porte-parole, Geoffroy Didier est visiblement fort agacé par une nouvelle promesse d'Emmanuel Macron non tenue, celle ayant trait aux nombreuses fermetures de classes qui sont annoncées dans chaque territoire de notre pays. Au point qu'une gronde gagne les écoles rurales où enseignants, parents d'élèves et élus sont furieux contre ces fermetures de classes motivées par la libération de postes d'enseignants pour les dédoublements des CP et CE1 dans les zones d'éducation prioritaire dans les villes.

« Et pourtant Emmanuel Macron s'était engagé, le 17 juillet dernier, lors de la première Conférence des territoires qui s'est tenue au Sénat, à ne pas toucher aux écoles rurales», se remémore Geoffroy Didier reprenant, mot pour mot, le verbatim d'alors d'Emmanuel Macron : "Les territoires ruraux ne peuvent plus être la variable d'ajustements. Il n'y aura plus aucune fermeture de classes dans les zones rurales" ».

Partant de l'adage qu' il y a des promesses que l'on n'oublie pas... surtout quand elles ne sont pas tenues , Geoffroy Didier fait un premier décompte, non exhaustif, de la variable d'ajustements version Emmanuel Macron : 15 fermetures de classes pour une ouverture en Corrèze ; 45 fermetures pour 17 ouvertures en Eure-et-Loir ; 34 fermetures pour 25 ouvertures en Loir-et-Cher ; 66 fermetures pour 37 ouvertures dans les Vosges ; 46 fermetures pour 14 ouvertures en Meurthe-et-Moselle...

« Force est de constater qu'Emmanuel Macron est devenu le premier fossoyeur de ses propres promesses », juge le conseiller régional "les Républicains" d'Ile de France pour qui « ces fermetures en zones rurales sont d'autant plus inquiétantes et préoccupantes que des études démontrent qu'un enfant de zone rurale a deux fois moins de chance de devenir cadre qu'un enfant de Seine-Saint-Denis, même si cet enfant de Seine-Saint-Denis n'en a déjà pas beaucoup dans l'absolu ».

« Emmanuel Macron voulait faire de la crédibilité de sa parole, sa force : "Moi ce que je dis, je le tiens". Il ne pourra plus le dire », constate Geoffroy Didier pour qui « ce qui se passe est en train de démontrer l'incapacité française à promouvoir l'égalité des chances. Cette dérive touche également les zones urbaines, les centres villes et certaines zones d'éducation prioritaire puisque les dédoublements de CP et CE1 sont uniquement dans les zones d'éducation prioritaire renforcée », rappelle-t-il tout en estimant que « créer une telle inégalité entre les territoires est un problème ». D'autant qu'à ses yeux « le rôle du président de la République est avant tout de chercher à harmoniser et réconcilier les territoires ».

 


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Le 17 juillet 2017, lors de la première Conférence nationale des territoires, Emmanuel Macron s'était solennellement engagé devant les représentants de la nation et des collectivités locales à ce qu'il n'y ait plus aucune fermeture de classes dans les écoles rurales. Les projets de futures cartes scolaires ayant été révélés ces derniers jours, de nombreux départements ruraux ont pourtant constaté que le gouvernement prévoit davantage de fermetures que d'ouvertures de classes sur leur territoire. Pour les familles, les enseignants et les élus locaux, c'est l'incompréhension !

Le solde entre les ouvertures et les fermetures de classes est en effet négatif dans de nombreux départements, notamment dans les territoires ruraux. Les premiers projets de carte scolaire ont fait état de chiffres alarmants : 15 fermetures de classe pour 1 ouverture en Corrèze, 45 fermetures pour 17 ouvertures en Eure-et-Loir, 66 fermetures pour 37 ouvertures dans les Vosges, 34 fermetures pour 25 ouvertures dans le Loir-et-Cher, 46 fermetures pour 14 ouvertures en Meurthe-et-Moselle. Face à notre mobilisation, les académies sont en train de revoir certains projets de fermeture mais la liste reste longue dans la majorité des territoires français !

« Le 17 juillet, lors de la première conférence nationale des territoires, Emmanuel Macron s'était solennellement engagé en affirmant : “ les territoires ruraux ne peuvent plus être la variable d'ajustement, il n'y aura plus aucune fermeture de classe dans les écoles rurales ”. Cette promesse, a-t-elle été tenue ? Plusieurs exemples démontrent malheureusement que non. [...] Force est de constater qu'Emmanuel Macron est devenu le premier fossoyeur de ses propres promesses. »
GEOFFROY DIDIER, député européen, secrétaire général délégué à la communication

Faute d'avoir mis des moyens pour tenir sa promesse de campagne de diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en zone d'éducation prioritaire, Emmanuel Macron a choisi de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

« Comment un engagement aussi clair peut être rompu et la confiance à ce point trahie. Avec tous les Républicains, je me fais en cet instant le porte-parole de millions de Français. Des parents, des élus locaux, des élèves, des instituteurs qui nous rappellent à juste titre qu'il ne peut plus y avoir des territoires oubliés. [...] L'école, c'est la République sur tout le territoire de la République. »
GUILLAUME PELTIER, député du Loir-et-Cher, deuxième vice-président des Républicains

Ces fermetures sont d'autant plus inquiétantes que des études ont montré que l'ascenseur social fonctionne peu en zone rurale. En novembre 2015, une étude de France Stratégie (« La géographie de l'ascension sociale ») indique ainsi que les chances d'ascension sociale sont plus importantes chez les enfants d'ouvriers ou d'employés issus des banlieues des métropoles que chez ceux issus des zones rurales. Ainsi, un enfant de classe populaire qui naît en Seine-Saint-Denis a quasiment deux fois plus de chances de devenir cadre qu'un enfant de classe populaire né dans l'Aisne, en Indre ou dans la Creuse (40 % de mobilité ascendante en Seine-Saint-Denis contre environ 25 % dans l'Aisne, l'Indre et la Creuse).

« La question du traitement équitable des territoires, ce n'est pas une question démagogique, contrairement à ce que dit Jean-Michel Blanquer. Le dédoublement des classes dans les zones défavorisées ne peut pas se faire au détriment d'autres territoires, notamment ruraux. Avec Laurent Wauquiez et Christian Jacob, nous ne laisserons pas faire. »
ANNIE GENEVARD, députée du Doubs et secrétaire générale des Républicains

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