12 octobre 2017

Ils ont entre 25 et 39 ans, se réunissent chaque semaine pour réfléchir au futur « corpus politique » des Républicains. Leur travail sera rendu public à la fin du mois.

En cette après-midi d'octobre, le siège des Républicains, rue de Vaugirard à Paris, est désert. Il faut arpenter des couloirs où chaque pas résonne, hésiter entre plusieurs portes et finir par prendre l'ascenseur pour, enfin, retrouver au 10e étage dans une salle de réunion impersonnelle, la « joyeuse petite bande » comme ils s'appellent eux-mêmes. Ce jour-là, ils sont six garçons et une fille. Tous sont âgés de moins de 40 ans et chargés d'élaborer le nouveau corpus idéologique de la droite républicaine. Un travail de titan étayé par les cinq Ateliers de la Refondation qui se sont tenus depuis juillet à Paris sans compter les trois organisés en province.

Ce travail de fourmi s'est également appuyé sur un questionnaire détaillé envoyé aux 240 000 adhérents à la fin de l'été et dont les réponses sont épluchées une à une et saisies sur informatique. Des centaines de données apparemment disparates mais qui reviennent toutes à la même question : « Quel avenir en 2017 pour un parti de la droite et du centre ? » De nombreux experts ont été parallèlement consultés pour nourrir leur réflexion : la sociologue Dominique Schnapper, le géographe Laurent Davezies, l'économiste Nicolas Bouzou, la directrice de la fondation IFRAP, Agnès Verdier-Molinié, l'historien Arnaud Teyssier…

Les parcours de cette petite équipe soudée par des heures de travail et de confrontations — parfois vives — sont divers. Jean Spiri (35 ans) est normalien, géographe, adjoint au maire de Versailles. Robin Rivaton, (30 ans) est économiste et a fait partie de l'entourage de Bruno Le Maire du temps où ce dernier était candidat à la primaire de la droite. Olivier Vial (39 ans) arrive de l'UNI. Alexia Demirdjian a participé à la rédaction du programme de François Fillon. Guillaume Labbez était l'un des coordinateurs du projet d'Alain Juppé lors de la primaire…

Leurs visions du monde sont très différentes et ils ne sont pas toujours d'accord sur ce que doit être la droite demain. « Peu importe. Je dirais au contraire même », s'enthousiasme Nelly Garnier, directrice des études des républicains chargée de rédiger sous l'œil vigilant de Bernard Accoyer (72 ans), secrétaire général des Républicains, le rapport final qui sera rendu public fin octobre. « La droite doit, dit-elle, s'ouvrir et non se refermer. Redevenir une force de propositions innovantes. Quitte à être à contre-courant, sur certains sujets, de notre électorat. » Aucun de ces jeunes loups de la droite ne cherche à faire carrière chez les Républicains. Certains ne sont d'ailleurs « pas du tout » sur la même longueur d'onde de Laurent Wauquiez, probable futur président des Républicains (lire pages DH). « Nous terminons notre travail dans les jours qui viennent pour que tous les candidats à la présidence s'en inspirent. Nous leur proposerons un travail d'inventaire afin que se reconstitue un vrai parti de la droite et du centre. »

Comme le résume froidement Bernard Accoyer, nommé secrétaire général des Républicains en novembre 2016 dans « l'euphorie de la victoire de François Fillon » à la primaire de la droite et chargé aujourd'hui de gérer les conséquences de la débâcle : « Nous sommes passés d'une élection imperdable à une élection ingagnable. Le séisme fut politique, mais aussi humain et administratif. Aujourd'hui, il y a tout à reconstruire. » A écouter entre les mots l'ex-président de l'Assemblée nationale, l'on comprend que rien n'est inenvisageable. Rien et, surtout pas, la vente du gigantesque siège du parti (5 500 mètres carrés), surdimensionné, et surtout trop lourd financièrement à entretenir. La vente de ce bâtiment dont le prix avoisine les 40 millions d'euros servirait en outre à renflouer les caisses du parti plombées par une dette persistante de 55 millions d'euros.

Bernard Accoyer se sent d'autant plus libre pour conduire cette « refondation » des Républicains « qu'il ne nourrit aucune arrière-pensée pour la suite ». « C'est ma dernière mission nationale. Ensuite, je retournerai dans mes chères montagnes. Place aux jeunes. » Accoyer, qui ne prendra parti pour aucun des candidats à la présidence des Républicains, mène également d'une main ferme le processus d'exclusion des Républicains passés à En Marche. « Bruno Le Maire a déjà franchi le pas. Edouard Philippe et Gérald Darmanin ne sont pas officiellement à En Marche mais ils ont rejoint un gouvernement social-démocrate qui n'est pas la droite. Cela mérite clarification. Thierry Solère et Franck Riester sont les initiateurs du groupe Constructifs à l'Assemblée nationale. Là aussi, il va falloir qu'ils choisissent. J'attends de savoir à quelle famille politique ils se rattacheront fin novembre.»

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