03 mai 2016

« Il n'y a pas, d'un côté, les gentils qui parlent aux arbres et, de l'autre, les méchants qui habitent en ville. Nous, aux Républicains, nous avons une vision différente de l'écologie. Une écologie responsable, basée sur les faits et non sur les incantations. Celle d'une écologie qui s'appuie sur la science, la recherche, l'innovation pour répondre aux enjeux de l'augmentation de la population et la préservation de notre environnement ». 

En ouvrant ce mardi matin au siège des Républicains une journée de travail consacrée à l'environnement, l'énergie et la mer, Maud Fontenoy, Déléguée générale à l'Environnement souhaitait débattre, au contraire de la gauche, c'est-à-dire sans dogme, persuadée que l'écologie, source de progrès, pouvait rimer avec économie.

Nous voulons l'affirmer : il peut y avoir progrès, croissance et protection de l'environnement », a tout de suite abondé Eric Woerth, Secrétaire général en charge du projet souhaitant que notre formation politique « mette fin à de vieilles lunes » et à une « présentation hypocrite des choses ». Éric Woerth critique le principe de précaution, véritable inhibiteur d'initiatives, mais aussi la promesse impossible contenue dans la loi de transition énergétique voulant réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique d'ici 2025.

Président des Républicains, Nicolas Sarkozy appuie la réflexion politique de Maud Fontenoy, s'étonnant du « climat moyenâgeux » existant en France à l'endroit de la recherche et de l'innovation. « Pour nous, Les Républicains, les choses sont claires : le progrès, la recherche, la connaissance, l'innovation ne sont pas un problème, mais la solution. Jamais nous n'avons eu autant besoin de recherche, d'innovation et jamais notre pays a été autant confronté à un climat de défiance croissante envers le progrès et la science ».

Pour sa part, Nicolas Sarkozy pointe le principe de précaution devenu « principe d'inaction » et qui, à ses yeux, doit être remplacé par un « principe de responsabilité. Je crois que notre pays doit réaffirmer sa confiance dans la recherche, l'excellence de nos instituts, nos chercheurs et l'innovation, tout simplement dans l'avenir de notre nation », est convaincu Nicolas Sarkozy souhaitant sortir définitivement notre pays de l'écologie punitive mise en œuvre par la gauche et ainsi donner un signal fort de confiance à tous les acteurs de l'environnement.

« Une écologie punitive qui dénonce, pointe du doigt les professionnels, c'est à l'inverse de ce que nous voulons faire : considérer les professionnels comme des partenaires, comme ce que nous avons fait à l'occasion des Grenelle de l'Environnement et de la Mer », rappelle Nicolas Sarkozy aux yeux de qui les agriculteurs, pêcheurs, chasseurs… sont les premiers acteurs de la préservation de l'environnement et de la biodiversité. « Parce qu'ils n'ont aucun intérêt à la destruction de la terre, des mers et des forêts, nous souhaitons les associer pleinement aux politiques environnementales», explique-t-il.

Sujet transversal comme évoqué lors des conventions sur l'économie, la ruralité, le code du travail…, les normes feront l'objet d'une décision claire : la suppression des surtranspositions des normes européennes qui sont devenues une spécialité française, pénalisant à l'extrême, que cela soit dans le privé comme dans le public, les initiatives.

Au lendemain d'un déplacement en terre picarde, Nicolas Sarkozy s'appuie sur une anecdote bien réelle rapportée sur la chasse à l'oie sauvage interdite, dans la même période, en France en raison de l'extinction de l'espèce et autorisée en Hollande en raison de son abondance !

D'où la nécessité pour lui, au-delà des normes qui doivent être les mêmes pour tous en Europe, d'intégrer les acteurs concernés à l'élaboration des dispositifs normatifs.

Soucieux des effets du changement climatique, Nicolas Sarkozy a souhaité pousser le regard vers l'une des raisons peu évoquée du réchauffement climatique et première cause de la pollution, celle de la « pression démographique planétaire » qui verra la population de notre planète passer, d'ici 2100, de 7 milliards à 11,5 milliards d'habitants. « Cette question est centrale pour les grands équilibres de la planète », juge Nicolas Sarkozy qui, en qualité de président des Républicains, souhaite que notre projet politique intègre la demande d'une conférence mondiale annuelle sur la démographie. Ainsi que la création d'une institution internationale qui porterait l'organisation de cette conférence et mesurerait la démographie, continent par continent.

En matière de lutte contre les gaz à effet de serre, si la France est l'un des pays les plus vertueux au monde, elle le doit à son parc nucléaire, le second au monde avec ses 19 centrales et ses 58 réacteurs nucléaires qui permettent à la France de produire 75% de son électricité en énergie propre.

Une stratégie énergétique défendue et développée par tous les présidents de la Vème République, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy parce qu'elle assure l'indépendance énergétique de notre pays. « L'énergie nucléaire n'est ni de droite, ni de gauche. Elle appartient à la France. C'est l'un de ses atouts majeurs qu'ont assuré et développé des générations de chercheurs. François Hollande sera le premier président de la République à rompre ce consensus. Il portera une lourde responsabilité », lâche Nicolas Sarkozy, faisant écho à la volonté du président socialiste d'abaisser, d'ici 2025, de 75 à 50% la part du nucléaire dans l'énergie électrique mais également de fermer la centrale de Fessenheim.

« Si on arrête le nucléaire, on le remplace par quoi et par une dépendance vis à vis de qui ? Que lui reproche t on ? De payer 80% moins chère l'électricité que les Allemands lesquels ont relancé des centrales au charbon qui polluent alors que les centrales nucléaires sont une énergie propre ? On abandonnerait une technologie à laquelle les Anglais vont faire confiance ? », interroge Nicolas Sarkozy.

Rappelant que l'autorité de sûreté nucléaire considérait qu'il n'y avait pas de raison de fermer actuellement la centrale de Fessenheim, Nicolas Sarkozy rappelle que sur 20 ans cette centrale rapportera 7 milliards d'euros alors que le coût de sa fermeture est estimé à 11 milliards d'euros. « Voila que l'on a assez d'argent pour supprimer cette possibilité de recettes », remarque Nicolas Sarkozy, voyant dans la promesse de François Hollande de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans l'énergie électrique « le plus vaste plan social inimaginable alors que le gouvernement se fait fort de lutter contre les plans sociaux ».

En matière d'énergie nucléaire, la volonté doit être totalement inversée pour Nicolas Sarkozy. La prochaine majorité ne devra pas faire de la filière nucléaire « un enjeu de politique politicienne » et devra « remettre la politique énergétique sur de bons rails » en poursuivant la recherche sur le nucléaire, sur les réacteurs de 4 ème génération ainsi que la recherche sur la fusion nucléaire (ITER) qui représentent des opportunités de développement.

Appelant de ses vœux à une nouvelle ambition européenne sur l'énergie avec des mécanismes de garantie de production pour faire face à des pics de consommation et une plus grande interconnexion les réseaux, Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d'un marché européen du prix du carbone. « Le prix bas du carbone en Europe rend les centrales à charbon rentables alors qu'elles sont polluantes », observe Nicolas Sarkozy qui souhaite également que l'Union européenne se dote d'une surtaxation aux frontières extérieures, pour inclure le carbone dans le coût des marchandises importées. « Il s'agit d'intégrer dans le tarif des biens importés l'impact environnemental de la production dans les pays ne faisant pas d'effort dans la lutte contre le changement climatique », explique-t-il.

Enfin, le président des Républicains a évoqué la croissance bleue, celle liée à notre particularité qui, avec notre outre-mer, permet à la France d'être le deuxième domaine maritime mondial. Un domaine qui mériterait aux yeux de Nicolas Sarkozy d'être mieux exploité par, notamment, « une nouvelle stratégie nationale portuaire, favorisant la complémentarité des ports français et leur connexion multimodale ».

Souhaitant également que les ports français disposent de plus d'autonomie, Nicolas Sarkozy évoque le basculement des ports français« vers un statut de droit privé de manière à ce que nos projets deviennent compétitifs ». Constant que la France régressait d'année en année dans les échanges maritimes internationaux Nicolas Sarkozy veut également relancer la compétitivité par la baisse des charges, la création d'un fonds public d'investissement dédié à la construction navale ainsi que de mesures spécifiques pour rendre attractif le pavillon français.

Enfin, Nicolas Sarkozy a voulu adresser un « message de confiance » aux artisans pêcheurs. « Les quotas annuels, cela ne peut plus durer », a-t-il lancé, convaincu qu'il était « urgent de trouver un équilibre harmonieux » qui ne rende plus aléatoire, voire précaire, l'activité pêche qui doit retrouver toute sa dimension économique. Nicolas Sarkozy demande à ce que les marins pêcheurs soient associés aux constats scientifiques.

Il souhaite aussi que les patrons pêcheurs puissent bénéficier, grâce à des aides et subventions spécifiques, de bateaux du futur, ces bateaux propres (énergie hybride) qui ont la particularité de consommer moins et de bénéficier d'outils technologiques adaptés aux territoires de pêche.

« Si nous rentrons autant dans le détail, c'est parce que nous voulons tout dire avant les élections pour être certain de le faire après », a souligné en conclusion Nicolas Sarkozy, invitant l'ensemble des membres de notre famille à participer à notre prochaine journée de travail sur la politique de Défense de la France qui se déroulera mardi 10 mai 2016 au siège national des Républicains.

Nos propositions sur l'environnement, l'énergie et la mer sont consultables ici.

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