27 février 2017

D'abord sur sa vision des politiques économiques menées jusque là : il estime que la France et l'Europe se sont trompées de politique. En réalité, il s'agit surtout de la France qui a accumulé les retards en sortie de crise tant sur le chômage que sur la croissance. Ces mesures à « contretemps » sont largement imputables à Emmanuel Macron lui-même en charge de l'économie à l'Elysée puis à Bercy ! Quant à la recherche d'un nouveau modèle de croissance fait d'une autre politique énergétique et de beaucoup de numérique, tous les pays développés sont en passe de le trouver ! Ce qu'Emmanuel Macron présente comme un nouveau plan d'investissement n'est pour une large part un nouveau plan de dépenses de fonctionnement.

Emmanuel Macron veut respecter nos engagements européens en matière de déficit public. Il a raison de le vouloir. Il a eu tort de ne rien faire. Deux points de réduction en cinq ans c'est à dire rien...

Il est vrai qu'il est plus facile de respecter une trajectoire lorsqu'on s'appuie sur des chiffres faux. La prévision de 2,9% de déficit en 2017 est juste totalement irréaliste. Par ailleurs, il se trompe gravement en misant sur la faiblesse des taux d'intérêt et, sans jamais en parler, laisse en fait la dette dériver avec une grande désinvolture.

Les mesures qu'il propose sont soit inutiles soit des demi-mesures qui ne feront rien bouger tant la situation du pays est dégradée.

S'y ajoutent bon nombre de contradictions comme à son habitude.

Il dit vouloir supprimer une grande partie de la taxe d'habitation mais ne dit pas comment il financera cette perte considérable pour les collectivités locales pour assurer les services publics locaux. Il ne veut pas baisser les dotations des collectivités mais annonce un contrat de baisse de leurs dépenses ! Il souhaite une baisse des dépenses de 60 milliards qui n'est appuyée sur aucunes réformes précises : 15 milliards sur la maladie avec des idées générales et floues, et une réforme de l'assurance chômage qui laisse perplexe et conduira à la mise en place d'un système à l'anglaise c'est-à-dire à une baisse drastique de l'indemnisation pour chaque chômeur.

Enfin, il remet à plus tard ses annonces sur la retraite qui pourtant est la clé de toute modération de la dépense sociale.

Quant à la politique fiscale, il ne choisit pas clairement. Un peu de compétitivité, un peu de pouvoir d'achat et beaucoup d'augmentation de la CSG c'est-à-dire une baisse du revenu net des français. Il supprime sans le supprimer l'ISF et tue l'assurance-vie au détour d'une petite phrase c'est-à-dire une bonne part de l'épargne des français.

Enfin, la très faible baisse du nombre de fonctionnaires ne peut en aucune manière permettre le redéploiement, la productivité et l'efficience de nos services publics. Elle empêche à terme l'augmentation de la rémunération des agents publics.

Le système Macron c'est de ne pas choisir.

Les mesures annoncées sont des petites mesures « au milieu du gué ». Elles ne répondent pas aux enjeux du pays et ne sont pas de nature à redresser la France ni à rassurer nos partenaires européens.

François Fillon présentera dans son programme économique et social des réformes fortes qui s'inscrivent dans le monde d'aujourd'hui et de demain, et qui seront de nature à rendre fierté et confiance à notre pays.

Chez Emmanuel Macron et François Bayrou, tout est faible, de la baisse des dépenses publiques à celle des prélèvements obligatoires ! Et les réformes dites de structure ne sont en réalité que le « rechapage » de politiques déjà conduites. Il veut relancer les investissements d'avenir ... Tant mieux François Fillon l'a fait ! Bref, une politique de centre gauche qui vise d'abord à ne déplaire à personne et mécontentera donc tout le monde par son manque de résultat.

Macron c'est la poursuite du hollandisme par d'autres moyens. La meilleure illustration de cela est qu'il dit qu'il ne fera rien à l'été 2017 s'il est élu.

C'est un bon début !

Eric Woerth
Député de l’Oise

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