13 février 2018

Une hausse budgétaire qui repose pour l'essentiel sur le prochain quinquennat.

Si la Loi de programmation militaire 2014/19 s'est avérée notoirement insuffisante face aux nombreuses opérations extérieures, avec les conséquences connues sur le niveau de préparation de nos armées et l'attrition du matériel engagé, la trajectoire budgétaire de la Loi de programmation militaire 2019/25 ne permet pas de rétablir la situation en reportant sur le quinquennat suivant l'essentiel de l'effort financier (1,7Md€/an à partir de 2019 - 3Md€/an à partir de 2023).

Les armées financeront les opérations extérieures : le reniement d'une promesse de campagne.

Emmanuel Macron s'était formellement engagé lors de la campagne présidentielle à ne plus faire payer par les armées le coût des opérations extérieures.

En présentant cette Loi de programmation militaire, il renie cet engagement en demandant à nos armées de les financer sur leur seul budget (1,1 Md€ dès le budget 2020).

De facto, cela signifie pour nos armées autant de ressources en moins pour financer leur préparation opérationnelle et le renouvellement pourtant absolument nécessaire de leurs matériels.

Des crédits insuffisants qui seront également utilisés pour assurer le renouvellement nécessaire de notre dissuasion nucléaire au détriment de notre armement conventionnel.

Ce renouvellement devra obligatoirement être mis en œuvre au cours de cette Loi de programmation militaire.

Cet effort budgétaire s’élèvera "à environ 25 Md€ sur la seule période" de 2019 à 2023.

Mais faute de trajectoire budgétaire adéquate et suffisante, cet effort amputera la capacité de nos forces armées à remplacer leur armement conventionnel.

En conclusion, si la Loi de programmation miliaire permettra de lancer le renouvellement nécessaire de notre dissuasion nucléaire, elle ne permettra pas de rétablir la situation de nos armées dans le cadre de leurs engagements conventionnels, laissant ainsi au quinquennat suivant la charge de remettre à niveau un potentiel pourtant très largement affaibli par ces dernières années d’opérations extérieures.

Cela est regrettable pour nos armées engagées bien au-delà de leurs contrats opérationnels et pour notre défense nationale confrontée à de nouvelles menaces.

Philippe MEUNIER
Délégué Général des Républicains à la Défense

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