Laurent Wauquiez à Sud Ouest : « Les classes moyennes sont les grandes sacrifiées de Macron »

Publié le 22/06/2018

Impôts, carburants, CSG... : Laurent Wauquiez, Président des Républicains, lance une offensive contre Macron, dénonçant la baisse du pouvoir d’achat des Français. Il répond aussi à ses détracteurs.

Sud Ouest. Pour reprendre la phrase de Jean-François Copé, Emmanuel Macron est-il « le président de droite qu'on n'attendait pas » ?
Laurent Wauquiez. Non. Quand on augmente la CSG pour les retraités, quand on augmente l’immigration, quand on ne permet pas aux forces de l'ordre d'être respectées, quand on explique qu'il n'y a pas de culture française, on n'est pas de droite.

Malgré les suppressions de cotisations salariales, Emmanuel Macron n'est pas le président du pouvoir d'achat ?
Cette année a été l'une des plus noires pour les classes moyennes. Elles sont les grandes sacrifiées de la politique d’Emmanuel Macron. Le record des prélèvements obligatoires a été battu. Si on laisse de côté la suppression de l'impôt sur la fortune, on a eu l'augmentation de la CSG, celle de la fiscalité sur les plans d'épargne logement, la remise en cause des APL, et les hausses sans précédent sur les carburants, le gaz et le fioul. Sur le quinquennat, elles représenteront une facture de 46 milliards d'euros pour les entreprises et les ménages. Ce n'est pas un hasard si leur consommation baisse.

Mais la hausse du prix des carburants, c'est pour financer la transition écologique...
Jamais l’essence n’a été aussi chère depuis des années avec des pleins qui sont passés de 60 à 75 euros ! Lutter contre le réchauffement climatique, ce n'est pas cibler ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Il n'y a que 5% de cette somme qui va à l'environnement. Avec ces augmentations, quand on fait un plein de 30 à 50 litres de gazole par semaine, on perd 160 euros cette année. En 2022, ce sera plus de 600 euros. Et si vous vous chauffez au fioul, vous perdrez 250 euros de plus par an.

Que proposez-vous ?
D'abord, la suspension immédiate des hausses de taxes sur l'essence et le gazole. Qui peut comprendre, alors que le prix du baril explose, que le Président rajoute toujours plus de taxes ? C’est la double peine. Ensuite, la mise en place de tickets-carburant, sur le modèle des tickets-restaurant, qui permette de payer un plein de 50 euros par salarié et par mois. Ce chèque serait défiscalisé, sans impôts et sans charges.

Pour vous aussi Emmanuel Macron est donc le président des riches ?
En tout cas, les classes moyennes ne lui disent pas merci. Cette année, la baisse de la taxe d'habitation va coûter 3 milliards d'euros. Mais l'augmentation de la CSG va en rapporter 23 ! Macron prend d'un côté en faisant croire qu'il rend de l'autre. Il ne suffit pas de s'occuper des premiers de cordée. Si vous oubliez ceux qui sont au milieu, vous n'arrivez jamais en haut de la montagne.

Sur la fiscalité jusqu'où seriez-vous prêt à aller ?
Ne faire aucun geste sur l'impôt sur le revenu, ce n'est pas acceptable. Pour le prochain budget, nous ferons des propositions d'économies à hauteur de 20 milliards d'euros qui permettront de financer des baisses d'impôts. Dont celle de l'impôt sur le revenu.

Etes-vous favorable à une hausse du SMIC comme l'a proposé Guillaume Peltier ?
Guillaume Peltier a raison d’ouvrir le débat sur le pouvoir d’achat. Pour moi, la priorité doit être la baisse des impôts, qui concerne aussi bien les classes moyennes que les retraités.

La question migratoire est au cœur de votre propos. L'Aquarius devait-il accoster en France ?
On en est pleine hypocrisie ! Le gouvernement a d'abord fait des leçons de morale aux Italiens avant de le refuser à son tour. Et au final, il a négocié en sous-main avec l'Espagne pour que ces migrants soient accueillis en France. Il n'est pas normal qu'un bateau affrété par une ONG impose sa décision aux Etats. C’est aux peuples d’Europe de décider qui entre en Europe.

Sur ce sujet, Virginie Calmels vous accuse de tenir une ligne « populiste »...
Ecouter les Français serait donc devenu une indignité ? Leur première attente, c'est l'arrêt de l'immigration de masse. Et je suis autant préoccupé par les questions d'immigration que de pouvoir d'achat ou de sécurité. Je suis contre le communautarisme, je suis pour la méritocratie républicaine, je crois à la laïcité et à l’équité entre les territoires. Concernant Virginie Calmels, je regrette qu’elle n’ait pas su s’inscrire dans un projet d'équipe. Je ne laisserai pas les divisions nous affaiblir et j’avance sereinement.

Que dîtes-vous à ceux qui vous accusent de rétrécir la droite ?
Jean Leonetti, notre nouveau vice-président, vient du centre. La profonde erreur de ceux qui m'ont précédé a été de croire qu'on pouvait élargir la droite jusqu’à la diluer... Sauf qu'à l'arrivée, on ne sait plus ce qu'elle est.

Dans les sondages, les Français, y compris à droite, vous jugent sévèrement. Comment l'expliquez-vous ?
On a écœuré les Français lors de la présidentielle. Ils ne vont pas nous refaire confiance comme ça. Ça va prendre du temps. Je veux qu'on me juge sur la durée, sur la constance de mes convictions, que les gens se disent « on n’est pas toujours d’accord avec lui mais il a du courage et au moins il dit les choses ».

Pourquoi ne pas être candidat aux européennes ?
Les habitants de ma région m'ont fait confiance, il y a deux ans. Je tiens mes engagements, j’ai une parole. On ne zappe pas d'une élection à l'autre. C'est le monde des tartuffes de la politique.

Quel sera le message de LR ?
Les deux voies que proposent Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont des impasses. La première veut la sortie de l'Europe et de l'euro. Le second veut l'élargissement jusqu'à l’Albanie et l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen. Nous, nous voulons une Europe qui protège, qui contrôle ses frontières européennes et nationales et qui défende, sur le plan économique, la préférence communautaire avec une priorité à nos emplois et à nos entreprises.

>> Lire l'interview sur SudOuest.fr

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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