Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame. Nous serons celle qui va la reconstruire.

Publié le 16/04/2019

Voir brûler Notre-Dame.

Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame de Paris.
Depuis plus de 850 ans, ce vaisseau de pierre, lieu de dévotion ou d'émotion pour tous, construit par le peuple pour Dieu, adopté par une République laïque qui en fit la Cathédrale de la Nation, avait pourtant traversé les âges, tous les âges, parfois avec grandeur, parfois avec tristesse, toujours avec espoir.

Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame.
Ce monument fut sauvé de tout depuis 1163.
Des affres du temps comme des balafres des hommes.
Du rejet du Moyen-âge comme des excès de la Révolution.
Du démontage de son clocher comme de la décapitation de son statuaire.
Des guerres de religion comme du totalitarisme nazi.
Sauvé, oui il le fût, parfois.
Par des héros français.
Romantiques, enracinés, habités par ce désir plus grand qu'eux-mêmes de transmettre cette chair vivante de France que la pierre gothique incarne, cette beauté qui, pour Victor Hugo, « appartient à tout le monde, à vous, à moi, à nous ».
Sauvé il le fût encore, cette nuit, sur le fil, par l'abnégation inouïe d'autres héros, nos soldats du feu.

Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame.
Il y eut d'abord, au fond de nous tous, cette révolte absolue bien que silencieuse, contre un événement qui nous semblait irréel. A quoi bon toute notre technologie, à quoi bon toutes nos normes, à quoi bon tous nos moyens, si nous ne pouvons protéger du feu le cœur de Paris et le cœur de la France. Epoque cruelle qui met des détecteurs de fumée dans nos maisons et ne sauve pas la flèche de Notre-Dame.
Hier, pourtant, sans l'héroïsme de nos pompiers, ce vaisseau éternel faillit sombrer. 
Et ces flammes qui dévoraient la chair de l'édifice et absorbaient dans leurs entrailles rougeoyantes sa flèche, ont marqué à jamais notre âme. 
Nous avons vu sous nos yeux la désolation imaginée dans le rêve de Nerval, la « ruine austère » de la vieille cathédrale, la « carcasse lourde aux nerfs de fer ». A l'aube de la semaine sainte.

Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame.
Et pourtant dans nos larmes et notre effroi, il y avait aussi quelque chose de fort qui montait en chacun. Tout le monde a alors ressenti que c'était une part de nous-même qui brûlait, nos racines, notre histoire, un morceau de notre civilisation. Et il y a eu dans la tristesse aussi une communion. Nous avons sans doute compris dans la perte, ce que nous avions en commun, cette transmission de l'histoire, cette fierté de ce qui a été édifié à travers les âges, cette part de notre identité. L'évidence des racines chrétiennes qui ont constitué la France était sous nos yeux. Nul besoin de débats d'esthètes pour contester encore ce que nos cœurs nous disaient : Notre-Dame brûle et c'est la France qui se consume.

Car ce monument plus qu'aucun autre, a su marier tout ce qui fait l'âme française. 
Cette cathédrale qui, chez Péguy, « s'élève dans sa royale robe et dans sa majesté, dans sa magnificence et sa justesse d'âme ». 
Cette demeure de Dieu sur son île et pourtant au cœur de la cité, celle du Roi puis celle de France. Cette demeure admirée, redoutée mais adoptée par la République.
Cette demeure ouverte qui avant même de célébrer des mariages ou sacres, royaux ou impériaux, sut faire en son sein une place au peuple politique, en accueillant la première réunion des Etats-généraux en 1302 avant, des siècles plus tard, d'honorer face au monde le dernier voyage de nos derniers présidents.
Cette demeure de paix et d'espérance, celle du 26 août 1944 et du Te Deum célébré par De Gaulle, faisant à nouveau sonner et résonner sur Paris et la France, le souffle vivant de la liberté retrouvée.
Cette demeure qui, bien loin de se contenter d'être ce grand corps de pierres millénaires qui, pour T. Gautier « rélargit l'âme », sut devenir grâce à Hugo, Nerval, Claudel, Péguy ou Aragon, cette « cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l'autre, aussi haute que ses tours » selon la si belle expression de Michelet.
Et oui cette demeure aussi, devenue un repère de la culture populaire depuis les comédies musicales jusqu'aux dessins-animés. 
C'est cela une civilisation, c'est tout cela une civilisation.
Viollet-le-Duc qui l'avait tant aimée l'avait compris : « Lorsque je me trouve seul, en face de mes piliers, mes murs et mes corniches, alors je laisse tomber sur ces pierres muettes un regard d'amour. »

Nous sommes la génération qui a vu brûler Notre-Dame.
Nous serons celle qui va la reconstruire.
Veillons à ce que cette reconstruction soit respectueuse, qu'elle porte avec un infini respect la démarche qui demandera beaucoup de patience à une société où tout n'est plus qu'immédiateté.
Nous allons reconstruire.
Mais n'oublions pas la leçon de ce feu. 
Une civilisation c'est précieux, une civilisation c'est rare, une civilisation c'est fragile. 
Il y a des destructions visibles et d'autres plus invisibles. 
Quand nous renions ce que nous sommes, quand nous ne transmettons plus le sens de notre histoire dont nous pouvons être fiers et dignes à la fois, quand nous laissons petit à petit s'oublier dans l'éducation le sens de la transmission, nous laissons aussi un incendie détruire notre civilisation.

Puisse cette leçon nous guider.

Laurent Wauquiez

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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