Laurent Wauquiez à Nice Matin : « Il faut sortir la France de l'immigration de masse »

Publié le 19/04/2018

Le président des Républicains a présenté hier un arsenal de douze propositions pour « sortir la France de l'immigration de masse ». Il suggère notamment une restriction du droit du sol.

Laurent Wauquiez reprend du poil de la bête. Quatre premiers mois de présidence difficiles n'ont en rien altéré son souci de restaurer une droite cash, sans crainte du qu'en-dira-t-on. Tout naturellement, c'est sur le terrain de l'immigration qu'il a lancé hier sa contre-attaque. En formulant douze propositions drastiques, comme une compilation des plus sévères potions concoctées ces dernières décennies en la matière par la droite intransigeante, de Charles Pasqua à Nicolas Sarkozy. Rien de franchement nouveau, donc, mais une volonté plus affirmée que jamais du président de LR d'assumer des choix sans ambiguïté. Quitte, une fois de plus, à être taxé de proximité avec le Front national...

Vous proposez une synthèse des mesures les plus musclées suggérées par la droite depuis des années, de Pasqua à Sarkozy...

Ces propositions sont le fruit d'un travail de plus de deux mois avec les meilleurs experts sur le sujet, dont Eric Ciotti qui l'a supervisé. Vous avez raison, il y a une époque où la droite disait déjà cela. C'était celle de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua au début des années 90, quand elle avait un discours clair sur l'immigration.Mais depuis trop longtemps, elle a capitulé sur ces questions. Au moment où je veux reconstruire la droite, je souhaite qu'elle réassume un discours ferme, clair, qui dise qu'il faut sortir la France de l'immigration de masse, par laquelle on s'est laissé submerger. Ceci étant, le fait de sortir du droit du sol est une proposition neuve. Nous n'avions jamais assumé d'aller jusque-là aussi clairement. De la même façon, il est nouveau de dire que nous voulons voir remis en oeuvre de manière systématique le principe de la double peine. Aujourd'hui en France, un prisonnier sur cinq est étranger. Mes propositions sont celles d'une droite qui se réveille mais qui n'oublie jamais qu'il faut dire et surtout faire, car c'est là-dessus qu'on a déçu. Mon obsession est de revenir à une droite qui ait le courage de ses idées. La droite ne gagne que quand elle affiche du courage.

Sur quels critères seraient votés les plafonds migratoires ?

Il n'y a pour moi qu'un critère qui vaille : combien d'étrangers les Français veulent accueillir chez eux. Aujourd'hui, ce sont les passeurs et les juges qui choisissent. Et Emmanuel Macron est très laxiste. Jamais la France n'avait délivré autant de titres de séjour depuis quarante ans qu'en 2017 (262000, ndlr). A ce rythme, on accueillera un million d'immigrés en plus en cinq ans, c'est une folie. Actuellement, on délivre les titres de séjour au fil de l'eau, il n'y a pas de pilote, on décide à l'aveugle. Moi, je veux qu'on remette un pilote et que, chaque début d'année, on définisse un total au-delà duquel on n'ira pas. Beaucoup de pays procèdent ainsi. Nos capacités d'intégration sont saturées, ce qui fait le lit du communautarisme et de l'intégrisme.

Et sur quelles bases voulez-vous durcir le regroupement familial ?

On a accepté l'idée qu'un étranger qui s'installait en France pouvait faire venir en moyenne trois à cinq membres de sa famille. Emmanuel Macron a même prévu dans la loi en discussion qu'on puisse faire venir non seulement ses parents, mais des frères et sœurs. On va créer un nouvel appel d'air totalement déraisonnable. Je veux qu'on revienne à des règles strictes : si vous voulez faire venir quelqu'un en France, il faut être capable de le faire vivre sur vos revenus et non sur les allocations. Il faut aussi un logement susceptible de l'accueillir. L'immigration familiale, ce sont aujourd'hui 90000 personnes par an que la France ne choisit absolument pas.

Comment seraient mesurés l'adhésion à nos valeurs et le degré d'intégration pour l'acquisition de la nationalité ?

Je considère d'abord qu'on doit remettre en cause le droit du sol, qui est détourné. Actuellement, si des étrangers en situation irrégulière ont un enfant, celui-ci acquiert de fait la nationalité française. Si les parents sont en situation irrégulière, le droit du sol ne doit pas pouvoir s'exercer et il ne peut y avoir d'acquisition de la nationalité. Sinon, c'est une prime à l'immigration clandestine. Ensuite, on est le seul pays au monde à offrir notre nationalité à des gens qui ne parlent même pas français. Je veux qu'on exige qu'ils respectent la France. S'ils ont commis un délit, ils doivent partir. Et ils doivent adhérer à nos valeurs. En signant une charte d'engagement. On ne peut supporter que des gens qui ont obtenu la nationalité française considèrent que la charia est supérieure aux lois de la République. Ceux qui ne sont pas d'accord avec l'égalité homme - femme n'ont rien à faire chez nous. Nous devons sortir de l'hypocrisie. A force d'avoir nourri une culpabilité, comme Emmanuel Macron l'a fait en Algérie en affirmant que la France avait commis un crime contre l'Humanité, on se retrouve avec des gens qui viennent chez nous et demandent à la France de changer plutôt que de s'y adapter.

Ce contrôle du respect de nos valeurs serait lourd à gérer...

Non. Si elles ne sont pas respectées, on doit pouvoir embrayer sur la déchéance de la nationalité. Ce que je trouve lourd à gérer, c'est cette immigration que l'on n'arrive plus à réguler.

Quelle maîtrise minimale du français préconisez-vous ?

Il faut pouvoir s'exprimer dans notre langue sans la moindre difficulté. Mais ça ne suffit pas. Je ne veux pas non plus de gens qui parlent français et professent la haine de la France. Je veux qu'on s'assure de la volonté de respecter la France. J'ai trop retenu l'histoire de Leonarda. On prend trop souvent notre nationalité parce qu'on aime le RSA, pas parce qu'on aime Victor Hugo. Quelqu'un dont le droit à l'asile est refusé reste en France dans 96 % des cas. Ce n'est plus tenable. C'est pour cela que je plaide aussi pour que tous ceux qui sont rentrés illégalement ne puissent jamais obtenir une régularisation et un titre de séjour. Vous le voyez bien à Vintimille, les gens qui sont reconduits à la frontière reviennent aussi vite. C'est une histoire sans fin.

Vous pensez vraiment que priver de naturalisation par le droit du sol les enfants d'étrangers entrés illégalement se révélerait dissuasif ?

Oui. Cela mettrait un coup d'arrêt à l'appel d'air de l'immigration illégale. En France, nous sommes submergés parce que celui qui entre irrégulièrement sur notre sol espère être régularisé.

La lutte contre le travail illégal est un vaste chantier qui déborde la question migratoire...

Quand on a 9 % de taux de chômage et qu'on accepte le travail détaché et le travail illégal, on marche sur la tête. Il faut donc aussi lutter contre les employeurs qui font travailler des clandestins dans des arrière-cours, car cela contribue également à l'appel d'air.

Evoquer un référendum, n'est-ce pas un brin démagogique ?

Ce serait démagogique de demander leur avis aux Français ? Emmanuel Macron envisage un référendum sur la proportionnelle et on ne pourrait pas leur demander leur avis sur l'immigration, alors que c'est le problème majeur ? C'est aux Français de choisir la France qu'ils veulent et de faire taire les donneurs de leçons politiquement corrects.

Sur ces questions migratoires, qu'est-ce qui vous distingue finalement du Front national ?

Le vote FN est aujourd'hui une impasse, car Marine Le Pen ne sera jamais en position d'être aux responsabilités. Moi, je ne recule pas. J'ai trop connu la droite qui trahissait. Et mon sujet n'est pas de me dire en quoi mes idées peuvent être différentes de celles des autres. Ma seule question est d'apporter des réponses aux Français. Mes propositions sont juste fondées sur l'obsession de stopper l'immigration de masse.

>> Lire l'interview sur NiceMatin.com

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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