Elections européennes : « Le vote utile, c'est la liste LR », affirme Laurent Wauquiez

Publié le 15/05/2019

À dix jours des élections européennes, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, explique au Parisien pourquoi ses adversaires ne pèseront pas à Strasbourg.

Les Républicains tiennent, ce mercredi soir, un grand meeting parisien. À dix jours du vote pour les élections européennes, Laurent Wauquiez lâche ses coups contre l'exécutif. Et espère ainsi mobiliser l'électorat de droite pour combler le fossé qui sépare François-Xavier Bellamy, tête de liste, dans les sondages, du duo de tête LREM-RN, Nathalie Loiseau et Jordan Bardella.

Nathalie Loiseau accuse François-Xavier Bellamy d'être « très très très à droite ». C'est bien résumé ?

Notre liste représente la droite et le centre et on assume de porter ses valeurs avec une Europe qui protège ses frontières face à l'immigration de masse, qui réaffirme son identité, sa culture, ses racines chrétiennes face à l'islamisme. Une Europe qui dit qu'il faut redonner une préférence européenne aux produits de nos entreprises et de notre agriculture. Madame Loiseau nous reproche d'être à droite, elle a raison. Elle, a clairement mis le cap à gauche.

Édouard Philippe, lui, vous accuse de recréer une « droite Trocadéro » (en référence au meeting catholique-conservateur tenu par Fillon en 2017 lors de la présidentielle)...

Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Mme Loiseau montrent une forme d'arrogance par rapport à ceux qui croient dans les valeurs de la droite et du centre. Pourquoi Édouard Philippe attaque-t-il la « droite Trocadéro » ? Parce qu'il s'est abîmé dans une fausse droite Solférino qu'il incarne parfaitement. Il a trahi les valeurs de la droite. On n'est pas de droite quand on prend 8 milliards d'euros sur le dos des retraités, quand on ne défend pas nos racines chrétiennes, quand on est soutenu par Bayrou et Cohn-Bendit.

Cette liste est aussi soutenue par Jean-Pierre Raffarin et d'autres personnalités issues de LR...

Moi, j'ai décidé de reconstruire une nouvelle droite qui soit capable de rassembler. Nous avons le soutien de maires comme Christian Estrosi (Nice), Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Arnaud Robinet (Reims), que le Premier ministre a pourtant essayé de débaucher. Et, ce mercredi, lors de notre meeting à Paris, il y aura Gérard Larcher, Valérie Pécresse...

Vous vous réjouissez que des maires de votre propre parti vous soutiennent. Ça montre que vous revenez de loin...

La situation a pu être difficile. Est-ce que l'élection Macron a soulevé une attente ? Évidemment. Au début, les gens lui ont fait confiance, y compris à droite. Mais aujourd'hui une désillusion extrêmement forte monte dans le pays, que ce soit sur l'immigration, la dépense publique, la sécurité ou la lutte contre l'islamisme.

Vous n'êtes pas en train de transformer ces élections en référendum pour ou contre Macron ?

Emmanuel Macron a fait ce choix de nationaliser le débat, ce n'est pas le nôtre. Nous, on dit : prononcez-vous par rapport à votre vision de l'Europe. En Marche est pour l'élargissement de l'Europe, ils veulent que les Balkans rentrent dans l'Union européenne. Le président a accepté que les négociations pour l'entrée de l'Albanie s'ouvrent en juin. Notre liste s'opposera clairement à tout élargissement. On souhaite aussi que l'Europe soit un bouclier contre l'islamisme. Ce sujet n'est même pas abordé par LREM.

Emmanuel Macron a dit que son but était de battre Marine Le Pen aux européennes. S'il n'y arrive pas, quelles conséquences devra-t-il en tirer ?

Soyons sérieux et arrêtons de raconter n'importe quoi comme le fait Marine Le Pen : ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron sera numéro 2 ou numéro 3 aux européennes qu'il démissionnera. En revanche, ce qui est important, c'est qu'en fonction de la vigueur du message qui aura été envoyé, on puisse obtenir un changement de direction pour les trois années qui viennent.

À partir de quel résultat estimerez-vous que les européennes auront été un succès pour LR ?

L'objectif, c'est d'aller le plus loin possible. Ce que, d'ores et déjà, je constate, c'est que tous ceux qui pronostiquaient la mort de LR se sont trompés. On a montré qu'il y a une attente dans le pays pour que cette voix reste et se fasse fortement entendre.

Vous voulez une « nouvelle Europe ». Pourtant, la droite européenne (PPE) est déjà majoritaire dans toutes les instances de l'UE...

Oui, merci de le rappeler. Les candidats En Marche s'apprêtent, eux, à siéger dans un groupe qui sera l'un des plus petits groupes européens. Ce qui signifie que les députés européens En Marche n'auront aucune influence au Parlement. Le vote utile pour la France, c'est notre liste de droite et du centre. La garantie que les Républicains apportent, c'est que ça permette à la France de se faire entendre dans la famille politique qui a le plus d'influence en Europe. Ce que je souhaite, c'est être un levier d'influence à l'intérieur du PPE pour refonder l'Europe.

Vous critiquez beaucoup LREM. Mais quelles sont vos différences avec l'Europe du RN ?

Elles sont massives. Marine Le Pen veut déconstruire l'Europe et nous, nous sommes pour l'Europe. Elle veut affaiblir l'euro et nous, on pense que c'est notre meilleure protection pour le pouvoir d'achat et le patrimoine des Français.

Elle a évolué là-dessus...

Non, elle n'a évolué que dans les mots mais pas dans la réalité. Marine Le Pen ment aux Français. Quand elle dit qu'elle veut garder l'euro, mais retrouver la souveraineté monétaire nationale, ça s'appelle déconstruire l'euro. Ce qu'elle propose, c'est ni plus ni moins que ce qu'est en train de connaître le Royaume-Uni avec le Brexit.

Dans un entretien récent, le Premier ministre hongrois Viktor Orban dit de vous que vous êtes son « ami ». Il est votre ami ?

Vous savez, il a été l'un des premiers à dire qu'il fallait que l'on retrouve la maîtrise de nos frontières et j'ai regretté qu'à ce moment-là, Emmanuel Macron n'ait pas la même lucidité et que lui explique, à l'inverse, qu'il fallait mettre en place des centres d'accueil de tous les migrants en Europe. La fermeté de Viktor Orban sur la problématique d'immigration massive, je la comprends.

>> Lire l'interview sur LeParisien.fr

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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