05 décembre 2018

Président des Républicains, Laurent Wauquiez était ce mercredi matin l'invité des 4 Vérités sur France 2. L'occasion de demander le retour de l'état d'urgence temporairement pour prévenir le renouvellement des violences, de réclamer l'annulation de la hausse des taxes sur les carburants et l'organisation d'un « Grenelle des impôts et des taxes ».

« Rien ne justifie la violence, qu'on dégrade une préfecture, qu'on s'attaque à un commerce, qu'on brûle une voiture », estime Laurent Wauquiez, choqué par les violences commises ce week-end, notamment à Paris aux abords des Champs-Elysées. « Il y a, d'une part, des Gilets jaunes qui s'expriment pacifiquement et, d'autre part, des groupes de casseurs qui ont sombré dans la violence parfois accompagnés par d'autres groupes autour qui se laissent emporter », note le président des Républicains pour qui « la priorité est de s'assurer cette semaine qu'on ne revive pas le même samedi noir ».

Raison pour laquelle, reprenant une demande formulée par des représentants des syndicats de police et de commissaires de police, Laurent Wauquiez est « favorable à ce qu'on instaure temporairement un état d'urgence qui permette de protéger les forces de l'ordre et des Gilets jaunes qui veulent défiler et s'exprimer pacifiquement sans être pris en otage par les casseurs ». Le président des Républicains voit plusieurs avantages dans l'état d'urgence : « il permet de faire des interdictions de manifester pour ceux qui sont identifiés comme des casseurs, de faire des perquisitions administratives, notamment chez les plus radicalisés, les Black Blocs et de donner à nos policiers et gendarmes les moyens d'agir correctement ».

Rappelant que les Gilets jaunes est un « mouvement profond soutenu par l'ensemble des Français qui dit juste qu'il y a trop d'impôts et de taxes », Laurent Wauquiez souhaite « une sortie de crise rapide pour que le pays ne s'abîme pas dans le chaos ».

« Si le Gouvernement faut un vrai bout de chemin, nous sommes prêts à assumer nos responsabilités et à ce que les Républicains puissent participer par des propositions à une vraie sortie de crise », annonce Laurent Wauquiez. Cette « vraie sortie de crise » passe, selon le président des Républicains, par « une baisse durable des taxes et impôts. Cela veut dire que d'ici la fin de semaine il faut annoncer une vraie annulation, annonce que j'ai espérée jusqu'au bout, hier, lors de l'intervention du Premier ministre », confie-t-il.

« Les Français ne veulent pas de cette taxe. La repousser de six mois n'a pas de sens. Il faut juste l'annuler », insiste Laurent Wauquiez souhaitant que le président de la République s'exprime avant samedi. « Il y a besoin de sa parole et qu'il dise clairement que ce n'est pas un moratoire mais une annulation de la hausse des taxes », souligne-t-il.

Mais au-delà de l'annulation de la hausse des taxes sur les carburants, le président des Républicains met une autre proposition sur la table : « un Grenelle des taxes et des impôts pour engager un travail de fond et se poser la question globale du niveau des taxes et des impôts, notamment sur les classes moyennes mais également les questions relatives à l'impôt sur le revenu, la différence des revenus entre le travail et l'assistanat et la question des retraités ».

Parce qu'à ses yeux une catégorie semble être complètement oubliée, celle des retraités. « L'augmentation de la CSG sur les pensions a beaucoup appauvri les retraités », pointe Laurent Wauquiez qui fustige « l'approche » fiscale d'Emmanuel Macron. « Il y a eu principalement des augmentations de taxes sur les classes moyenne. C'est ce qui ne va pas. Or, c'est possible de faire autrement, de baisser les impôts dans ce pays. A une condition : avoir le courage de faire des économies sur la dépense publique », ajuste Laurent Wauquiez qui, en qualité de président de la région Auvergne Rhône-Alpes, région fusionnée la mieux gérée de France, n'a augmenté aucune taxe et même baissé certaines des taxes régionales, à l'image de celle de la carte grise sur les véhicules propres.

Interrogé sur les « consultations décentralisées » que prévoit le gouvernement dans les six mois qui viennent, Laurent Wauquiez invite le Gouvernement à procéder autrement. « Vous voulez consulter les Français, alors demandez-leur vraiment leur avis par un référendum pour qu'ils puissent s'exprimer et que cela ramène de la sérénité et du calme dans le pays », propose le président des Républicains.

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