18 mai 2018

Un an après l'élection d'Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez, président des Républicains, était invité, jeudi soir, par France 2, à dresser, comme l'ensemble des responsables des principaux partis politiques, le bilan du chef de l'État.

Et pour symboliser cette première année du quinquennat d'Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez a présenté aux Français les pensions de retraites d'un couple de Haute-Loire touchés par la hausse de la CSG, soit pour ce couple une perte sèche de 400 euros.

Évoquant les nombreuses mesures fiscales qui frappent les Français (hausse de la CSG, taxes sur les carburants, baisse de l'aide personnalisée au logement, politique familiale…), Laurent Wauquiez a fustigé ces « impôts qui ont considérablement augmenté, particulièrement pour les classes moyennes ». Le président des Républicains a surtout déploré la raison de ce matraquage fiscal : « parce qu'il n'y a pas d'économies sur la dépense publique, Emmanuel Macron est obligé de prendre dans la poche des Français. Et c'est l'une des raisons principales qui fonde mon opposition depuis un an. Ceux qui paient, ce sont les Français, ce sont les classes moyennes et comme il n'y pas d'économies, les impôts vont continuer à augmenter » prévient-il soulignant qu'en qualité de président de la région Auvergne-Rhône-Alpes il s'astreignait « à faire des économies, ce qui nous a permis de n'augmenter aucune taxe et d'en baisser certaines ».

Interrogé sur la lutte contre le terrorisme, Laurent Wauquiez considère que « les Français ne sont pas protégés, non parce qu'on ne peut pas mais parce qu'on ne veut pas ». Déplorant que la nouvelle loi antiterroriste « a baissé le niveau de protection », le président des Républicains demande « un débat sur des mesures de bon sens ».

Devant les Français il a rappelé les trois propositions que notre formation politique et nos parlementaires ne cessent de réclamer :

- l'expulsion des étrangers fichés les plus dangereux, les plus radicalisés. « Je ne comprends pas pourquoi on garde encore sur notre sol des gens dont on sait très bien qu'ils professent la haine de la France », s'étonne Laurent Wauquiez.
- Seconde proposition, l'adoption d'un délit d'incitation à la haine contre la France. « La nouvelle loi anti-terroriste qui nous a sortis de l'état d'urgence a tout juste permis de fermer 3 mosquées salafistes alors que nous avons 100 mosquées salafistes recensées en France », se désole-t-il.
- Troisième proposition : la mise en place de mesures d'internement administratif pour les fichés S les plus dangereux « nous permettant ainsi d'agir avant leur passage à l'acte », précise Laurent Wauquiez.

« Ce sont trois mesures perfectibles sur lesquelles on peut débattre », convient-il précisant qu'il est « prêt à travailler dessus avec toutes les personnes de bonne volonté. Mais je ne peux plus continuer à accepter ce que nous avons après chaque attentat : la même scénographie, le même moment d'union nationale et à la fin rien ni ne change, ni ne bouge. Nous avons un gouvernement qui nous explique qu'on ne peut rien faire. Ce n'est pas vrai ! Il y a des mesures qui permettraient d'améliorer la protection des Français », insiste Laurent Wauquiez qui dans un geste d' « union nationale » a demandé au président de la République de réunir les responsables des différentes formations politiques « pour que nous puissions travailler ensemble ».

« Face à la menace terroriste on a besoin d'être rassemblés. Et quand il s'agit de protéger les Français, je crois profondément que le devoir du président c'est de rassembler et de faire en sorte qu'on travaille ensemble. C'est ce qu'attendent les Français. Je réitère cette demande qui, pour l'instant, n'a pas reçu de réponse », persévère le président des Républicains.

Laurent Wauquiez a également profité de cette interview pour expliquer quelle était sa conception de la droite et quelle droite il voulait reconstruire autour des Républicains.

« Ma conception de la droite c'est la place des classes moyennes, qu'on n'oublie pas certains. Ce n'est pas juste le ruissellement. Si vous oubliez ceux qui sont au milieu, qui tous les jours travaillent, ceux qui ont travaillé toute leur vie, cela ne peut pas fonctionner. La droite ce n'est pas celle de l'ISF et des patrons », note-t-il rappelant que s'il était favorable à la suppression de l'ISF, « ce qui me gêne c'est que dans le même temps il n'y a aucun geste sur l'impôt sur le revenu et qu'on a augmenté la CSG ».

« La droite à laquelle je crois c'est une droite sociale » poursuit Laurent Wauquiez. « Je crois à la liberté mais pas à l'injustice. Et ce qui me gêne en ce moment c'est qu'il y a trop d'injustice. La fiscalité est l'injustice majeure », souligne-t-il tout en relevant deux « records » de l'exécutif : l'explosion des taxes et impôts et l'absence de réduction des dépenses publiques. « L'on n'est pas de droite quand on augmente les impôts, quand on ne fait pas d'efforts sur la dépense publique, quand on continue à faire augmenter l'immigration comme le fait Emmanuel Macron », tacle Laurent Wauquiez en réponse à tous ceux qui estiment que le président de la République applique une politique de droite.

Et de préciser : « je suis favorable à la réforme du travail, à la réforme de la SNCF mais quand je vois l'augmentation de la fiscalité, la dégradation de la sécurité, les sujets de l'immigration ce n'est pas à la droite à laquelle je crois ».

Observant « une France qui se sent de plus en plus abandonnée, qui a le sentiment que la politique qui est menée n'est pas pour elle mais pour ceux qui réussissent et qui n'ont pas de problèmes », Laurent Wauquiez a dessiné la droite qu'il voulait reconstruire : « une droite capable de faire l'unité du pays, de se féliciter de la réussite d'un chef d'entreprise et de dire qu'elle ne se construit pas sur l'oubli de ceux qui sont au milieu ».

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