Laurent Wauquiez à Europe 1 : « Le sujet de fond de notre pays, c'est l'appauvrissement des classes moyennes »

Publié le 04/02/2019

Invité ce dimanche du Grand Rendez-vous Europe1/CNews/Les Échos, Laurent Wauquiez, le président des Républicains, estime qu'Emmanuel Macron « prendra un grand risque » en cas de référendum « coupé des priorités » des Français. À ses yeux, le drame de notre pays, c'est l'absence de valorisation du travail et l'appauvrissement des classes moyennes.

Alors qu'Emmanuel Macron agite l'idée de la convocation d'un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, pour sortir de la crise des gilets jaunes, Laurent Wauquiez estime que le président de la République « prendra un grand risque ».

« Attention à ce que l'issue de ce grand débat ne soit pas des sujets qui sont très coupés des préoccupations et des priorités des Français, et attention à ne pas donner le sentiment qu'au fond tout est déjà décidé », relève Laurent Wauquiez en allusion à la réduction du nombre de parlementaires et au cumul des mandats, questions qu'Emmanuel Macron souhaiterait poser aux Français. 

« On va donc sortir de ce grand débat avec comme grand sujet adressé aux Français : on a compris ce que vous demandiez. En fait, votre profonde revendication pour l'avenir, c'est changer les règles électorales et modifier à la marge le fonctionnement des institutions ! C'est ça ? », s'étonne Laurent Wauquiez pour qui « si c'est le seul sujet qu'on propose aux Français comme point de sortie, alors le président de la République prendra un grand risque ».

Parce qu'aux yeux du président des Républicains, « le vrai sujet, le sujet de fond qui est le drame de notre pays, c'est l'absence de valorisation du travail. Le sujet de fond de notre pays, c'est l'appauvrissement des classes moyennes », souligne-t-il, suggérant que soit bien posé dans ce référendum un plan de baisse de dépense publique « avec, comme contrepartie, une baisse des impôts pour les ménages et des charges pour les entreprises ».

Interrogé sur l'utilisation plus régulière du référendum, le président des Républicains « y met deux limites. La première : il ne faut pas dénaturer les institutions de la Vème République. Et la deuxième : veillons à ce que notre pays ne devienne pas ingérable. Il faut qu'il y ait des règles qui soient posées et il faut juste que ça ne puisse pas être n'importe quoi, n'importe comment, et tout le temps ».

Interrogé sur les élections européennes de mai prochain, Laurent Wauquiez se félicite du choix quasi-unanime (38 voix sur 40), par la Commission nationale d'investiture, du trio composé par François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean pour conduire la liste des Républicains.

« Ce trio est un trio qui représente tout ce qu'est la diversité de la droite et sa richesse. Avec François-Xavier Bellamy, c'est la droite des valeurs. Agnès Evren, talentueuse, qui a remporté la fédération de Paris, a créé son entreprise, correspond à cette droite urbaine dont on a besoin et qui est une parole importante dans notre famille politique. Et puis Arnaud Danjean, qui était juppéiste, est une voix écoutée au Parlement européen, spécialiste de la lutte contre le terrorisme - une question fondamentale -, et qui a dénoncé très tôt la désillusion apportée par Macron sur la scène européenne. Avec ce trio, c'est un message très fort que l'on envoie. C'est une nouvelle droite, ce sont de nouveaux visages. On a besoin d'aérer la vie politique », apprécie Laurent Wauquiez.

Interrogé plus précisément sur le choix du philosophe François-Xavier Bellamy, « c'est quelqu'un qui croit qu'au nom de la modernité, il ne faut pas tout détruire, et qu'il faut des repères, des valeurs, des limites », appuie Laurent Wauquiez. « C'est un intellectuel et je pense qu'il est bien de relever un peu le niveau de la politique. Pas que le buzz, pas que le court terme ! », insiste le président des Républicains qui veut que « la droite s'appuie aussi sur ses valeurs, sur ce en quoi elle croit, sur ses idées ».

Alors que Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a annoncé mardi dernier le rapatriement de 130 djihadistes, Laurent Wauquiez est fermement opposé à leur retour.

« Je considère, je l'ai toujours dit, que les jihadistes ne doivent pas revenir en France. On sait que même s'ils passent devant la justice on n'a aucune garantie qu'ils iront en prison. Que même s'ils vont en prison on sait très bien qu'avec le système de remise de peine on peut aboutir ensuite à relâcher dans la nature des barbares, et prendre la responsabilité immense que ces gens contribuent ensuite à organiser des attentats sur le sol français », craint le président des Républicains pour qui la priorité « c'est la sécurité des Français. Ma priorité c'est qu'ils ne reviennent pas en France, ce n'est pas leur sort là-bas ».

« Pourquoi ne pas les confier à la justice en Irak ? Pourquoi ne pas les confier à la justice en Syrie ? Pourquoi ne pas faire des déchéances de nationalité ? Il y a des solutions qui existent. Ce sont ces solutions que je demande au gouvernement de prendre », insiste Laurent Wauquiez.

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Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

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