Laurent Wauquiez : « Il faut redonner du souffle à la civilisation européenne »

Publié le 11/04/2019

À six semaines des élections européennes, Laurent Wauquiez, président des Républicains, a participé, mercredi soir, sur CNEWS, à un débat opposant les responsables des principales formations politiques de notre pays. L'occasion, autour des thématiques du pouvoir d'achat, de la fiscalité, de l'environnement, de l'identité, de la sécurité ou de l'immigration de présenter la vision et le projet des Républicains pour l'Europe et pour la France.

« Il y a trop d'impôts en France et c'est sans doute parce que le gouvernement ne l'a pas compris au début que l'on s'est retrouvé dans cette crise ». Ce constat, Laurent Wauquiez l'a dressé lorsque, interrogé sur le pouvoir d'achat et la fiscalité, il propose une baisse de 10% de l'impôt sur le revenu « pour tous les Français ». « Parce que, explique-t-il, en France, lorsque l'on dit que l'on va taxer uniquement les plus riches, à l'arrivée cela finit toujours de la même manière : les seules qui paient ce sont les classes moyennes à qui le gouvernement prend jusqu'à 50% de ce qu'elles gagnent ». 

Voulant également, par cette mesure, supprimer les notions de seuils, Laurent Wauquiez, défenseur de « ceux qui sont au milieu », remarque que lors de ce débat et lors de la restitution du grand débat national par le Premier ministre, « personne n'évoque la situation des retraités ». « Et pourtant, rappelle-t-il, lors de sa campagne présidentielle, le candidat Macron a dit qu'il ne toucherait pas au pouvoir d'achat des retraités. Qu'en est-il de cette promesse ? », a-t-il lancé au Délégué général de la République en Marche, Stanislas Guérini. « Le résultat est qu'en deux ans, deux retraités sur trois ont perdu du pouvoir d'achat, en moyenne 400 euros par an pour un couple », déplore le président des Républicains qui propose de « revaloriser, au minimum de l'inflation, toutes les retraites ».

Autre mesure qui, selon Laurent Wauquiez, réduit le pouvoir d'achat des Français et qui est à l'origine du mouvement des gilets jaunes : la hausse des taxes sur les carburants. « Cela fait un gros trou dans le budget de ceux qui travaillent », constate le président des Républicains tout en rappelant que le gouvernement a mis en œuvre en 2018 une taxe sur les carburants « toujours appliquée et qui contribue à renchérir de façon importante le prix de l'essence ».

« Cette taxe que vous avez mise en œuvre en 2018 est toujours appliquée. Vous engagez-vous à la supprimer ? » demande Laurent Wauquiez à Stanislas Guerini qui n'a d'abord pas voulu répondre avant d'admettre qu'il n'en serait rien. 

Interrogé sur les solutions à mettre en œuvre pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, « il faut déjà commencer par en prendre moins », répond le président des Républicains. « Quand nous proposons de baisser l'impôt sur le revenu, c'est du retour du pouvoir d'achat. Quand on dit qu'il faut revaloriser le pouvoir d'achat des retraités qui ont été les principales victimes de la politique du gouvernement, c'est du pouvoir d'achat. Mais pour que cela marche, il faut faire des économies sur la dépense publique », invoque Laurent Wauquiez. « Or, tout le problème est que, depuis deux ans, il n'y a pas eu d'économies sur la dépense publique. Depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé, il a dépensé plus que François Hollande en deux ans. 28 milliards de dépenses publiques pour François Hollande contre 44 milliards de dépenses publiques pour Emmanuel Macron », fustige Laurent Wauquiez. L'occasion d'expliquer que par la volonté et le courage, il est possible de baisser les dépenses publiques comme il l'a réalisé en tant que président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous avons d'abord fait des économies sur la dépense publique en simplifiant nos dispositifs, en enlevant des agences administratives et nous sommes l'une des rares régions à avoir baissé des taxes », précise-t-il.

Quant aux affirmations du représentant de La République en Marche selon lesquelles le gouvernement aura baissé le déficit en 2019, Laurent Wauquiez le surprend en flagrant délit de mensonge. « Non, c'est faux, lui répond le président des Républicains. Le déficit se creuse et nous aurons en 2019 le pire déficit de la zone euro, ce qui n'est jamais arrivé dans l'histoire de la France. Au cours des deux années qui viennent de s'écouler, tous les pays européens ont baissé leur dette à l'exception de la France. Nous sommes le seul pays à détenir le record de la dépense publique et des impôts et vous venez fanfaronner en nous disant que vous avez tout rétabli en deux ans », se désole Laurent Wauquiez rappelant une triste réalité au représentant de la majorité : « vous avez appauvri les retraités. Qu'est-ce que vous avez fait de la promesse du candidat Macron ? », lance-t-il au patron d'En Marche lui demandant si les pensions des retraités allaient être revalorisées. Stanislas Guerini lui a répondu par un silence... évocateur.

Sur le thème de la sécurité, le représentant d'En Marche s'est contenté de rendre hommage aux forces de l'ordre. « Vous voulez rendre hommage aux gendarmes et aux policiers, c'est bien, mais commencez d'abord par les protéger, par mettre en place les mesures qui permettent de les protéger », rétorque Laurent Wauquiez pointant les insuffisances du gouvernement. « Comment voulez-vous que cela fonctionne quand les forces de l'ordre sont agressées et que le ministre de l'Intérieur dit qu'il ne veut pas une police brutale ? Ce n'est pas la police qui est brutale, ce sont les casseurs qui sont brutaux. Comment voulez-vous que cela fonctionne quand une garde des Sceaux explique que lorsqu'on est condamné à 6 mois de prison, il ne faut pas aller en prison ? », fait remarquer Laurent Wauquiez qui demande « la mise en place d'une mesure de bon sens : s'assurer que ceux qui agressent les policiers et les gendarmes soient punis avec des peines-plancher exemplaires. Ce serait plus efficace que de venir dire que vous voulez rendre hommage aux policiers et gendarmes. Ce dont ils ont besoin, ce n'est pas de votre hommage mais de votre protection qui leur a manquée depuis de trop longues semaines », tacle le président des Républicains à l'adresse du gouvernement et de la majorité parlementaire. Et de rappeler au passage que si le gouvernement avait adopté la loi anti-casseurs proposée par les Républicains au lendemain des violences du 1er mai, « et si vous nous aviez écouté sur l'état d'urgence, vous auriez probablement pu rétablir l'ordre plus rapidement », souligne Laurent Wauquiez.

Alors que l'exécutif et la majorité parlementaire donnent des signes pour réviser la loi de 1905 sur la laïcité, Laurent Wauquiez préfère qu'elle soit « protégée par des actions concrètes ».

Et concrètement c'est, propose-t-il, la fermeture des mosquées salafistes « qui prêchent la haine. Il y a 100 mosquées salafistes en France. Aucune décision n'a été prise en la matière », souligne-t-il. C'est aussi l'expulsion de France des individus étrangers fichés pour radicalisation. Quant aux djihadistes français partis combattre avec Daech, dont on a appris de la bouche de la ministre de la Justice que 200 d'entre eux sont revenus en France, « nous demandons qu'ils soient jugés, condamnés et qu'ils restent en Irak et en Syrie. Nous proposons un tribunal pénal international, à l'image de Nuremberg, qui permette de les juger et qu'ils restent en Irak », réclame le président des Républicains qui « ne comprend pas que l'on prenne le risque de faire rentrer sur le sol français des djihadistes qui prêchent la destruction de notre laïcité ».

Sur le thème de l'immigration, Laurent Wauquiez pointe une réalité : « nous n'avons plus de politique d'immigration, ce n'est plus le gouvernement français qui choisit qui rentre et qui reste en France », constate-t-il. « On n'a jamais donné autant de titres de séjour en France que depuis deux ans, soit 255 000 personnes », relève Laurent Wauquiez. « Ce n'est pas une fatalité comme le considère Stanislas Guerini et des mesures doivent être prises », estime le président des Républicains qui présente plusieurs axes d'action : l'adoption, chaque année, de plafonds d'immigration déterminés par le Parlement et qui permettraient « de diminuer massivement le nombre de titres de séjour » ; le conditionnement d'aides plus fortes au développement des pays africains « en contrepartie de leur engagement à reprendre ceux qui sont rentrés illégalement sur le continent européen ». « On a alloué 300 millions d'euros au Mali et le Mali a accepté de reprendre à peine 20 de ses ressortissants », prend pour exemple Laurent Wauquiez pour mieux appuyer sa proposition.

Lors de ce débat, il a été demandé à chacun sa définition d'être Français aujourd'hui. Pour Laurent Wauquiez, « être Français aujourd'hui, c'est être d'abord l'héritier d'une histoire qui est magnifique, être les héritiers de La Fontaine, de notre Histoire, de l'Histoire d'un pays qui a su se forger dans la résistance, dans l'affrontement avec ceux qui étaient autour de nous qui, petit à petit, édifiaient une civilisation unique, qui est l'héritière de trois traditions : notre tradition judéo-chrétienne, celle de l'Humanisme ; la tradition de l'Antiquité et la tradition des Lumières ». Pour le président des Républicains, « on est le point d'aboutissement de tout cela et, confie-t-il, ce qui me fait parfois rager, c'est le sentiment qu'on donne d'avoir honte de ce que nous sommes, de ne plus assumer notre fierté, de ne plus la transmettre, d'avoir petit à petit laissé s'installer au nom de je ne sais quel droit à la différence, le fait que maintenant, celui qui vient chez nous n'a plus à cœur d'adopter notre identité mais de contester notre mode de vie. Cela me rend triste car notre Histoire est magnifique, notre culture est magnifique et que la plus belle des générosités, c'est de la transmettre à ceux qui sont derrière nous. C'est cela être Français ».

Dans sa conclusion, Laurent Wauquiez réprouve le duel dans lequel on essaye d'enfermer les Français entre deux visions de l'Europe : « la déconstruction de l'Europe » portée par Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan « pour qui le Brexit est le modèle. On voit où cela conduit ». Et l'autre vision portée par Stanislas Guerini et la liste En Marche, qui « consiste à faire toujours plus de l'Europe qui n'a pas marché, plus de fédéralisme, plus d'agences, plus de bureaucratie, plus de normes », souligne le président des Républicains qui met en avant la « double conviction » de la liste des Républicains incarnée par le trio de tête composé de François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean.

« La première est de retrouver le chemin de l'Europe que nous aimions, celle de l'Europe des projets et de sortir de cette opposition entre la déconstruction et le fédéralisme. La deuxième est de réaffirmer notre mode de vie, redonner du souffle à nos valeurs, à ce qu'est l'Europe, la France », souligne Laurent Wauquiez pour qui la « bataille » est de « retrouver nos fondations, le travail, le respect, l'autorité, la transmission de notre culture, de réaffirmer ce que nous sommes. Et réaffirmer ce que nous sommes, c'est réaffirmer notre identité française, redonner du souffle à la civilisation européenne. C'est ce défi-là qui nous attend », conclut-il.

Signez la pétition

Exigeons 5h d'activités d'intérêt général par semaine en contrepartie du RSA !

Il y a huit ans, Laurent Wauquiez fut l'un des premiers à dénoncer les dérives de l'assistanat et à proposer l'instauration de contreparties au versement du RSA. Huit ans plus tard, Edouard Philippe a évoqué cette idée. Idée immédiatement rejetée par son propre gouvernement...
Nous croyons à la politique sociale par le travail, pas à la politique sociale par l'assistanat ! L'un des grands maux de notre pays est d'enfermer dans l'assistanat de trop nombreux Français en ne valorisant pas assez la reprise d'un travail.
Nous demandons que soit modifiée la loi pour conditionner à au moins 5h d'activités d'intérêt général par semaine le versement du RSA.

Signez la pétition

Nos dernières actualités

François-Xavier Bellamy à La Croix : « Soit l'Europe change, soit l'Europe meurt »

François-Xavier Bellamy à La Croix : « Soit l'Europe change, soit l'Europe meurt »

Published on 12/04/2019

François-Xavier Bellamy était jeudi 11 avril l'invité de l'émission « Face aux chrétiens »

François-Xavier Bellamy à France 24 : « Il faut redonner du sens à l'aventure européenne »

François-Xavier Bellamy à France 24 : « Il faut redonner du sens à l'aventure européenne »

Published on 10/04/2019

Avancer avec des blocs de coopération pour sortir de la paralysie, réorienter la politique

Arnaud Danjean : « L'identité des nations doit être respectée »

Arnaud Danjean : « L'identité des nations doit être respectée »

Published on 10/04/2019

Pour Arnaud Danjean, le fait que l'Europe n'ait pas inscrit ses racines judéo-chrétiennes