10 juillet 2018

« La seule chose concrète et précise qu'Emmanuel Macron a proposé c'est un amendement pour permettre aux parlementaires, lors du prochain Congrès, de répondre au président de la République en sa présence. Il y a mieux comme nouvelle ! »

Président des Républicains, Laurent Wauquiez, invité ce mardi matin de BFM/TV, a particulièrement été déçu de l'intervention du président de la République, lundi après-midi, devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles.

« Emmanuel Macron a procrastiné. La plupart des annonces étaient déjà prévues ou repoussées comme le plan pauvreté, l'action sur la dépense publique, l'organisation de l'islam de France. La seule chose concrète que l'on a retenu c'est cela, cet amendement à la constitution. Par contre il n'y a eu aucune réponse par rapport aux inquiétudes des Français qui montent comme la hausse des impôts, de la CSG, l'explosion du prix de l'essence, la lutte contre l'intégriste islamiste... », déplore Laurent Wauquiez qui attend du président de la République « qu'il apporte des résultats et non qu'il mette sa psychologie sur la table. La seule question qui vaille est : en un an qu'avez-vous fait pour répondre aux inquiétudes des Français ? »

Concernant le bilan de la première année du quinquennat d'Emmanuel Macron, reprenant une image utilisée par ce dernier lors du Congrès, Laurent Wauquiez a le sentiment que le président de la République « a réduit le gâteau. La croissance est moins élevée que ce qui était prévu car il a réduit le gâteau en augmentant les dépenses », pique le président des Républicains assurant que si la droite revient au pouvoir il supprimerait la mesure de la retenue à la source. « Vous n'êtes pas le président des entreprises quand vous vous apprêtez à instaurer le prélèvement à la source. Ce n'est pas aux entrepreneurs de gérer toute la complexité du droit. On fait faire aux entrepreneurs le travail des administrations. Pour se décharger des fonctionnaires on se décharge sur les entreprises », dénonce Laurent Wauquiez pour qui « le prélèvement à la source est une bombe à retardement. Ce sera mauvais pour les artisans, les chefs d'entreprise mais aussi les salariés », insiste-t-il.

Si Laurent Wauquiez ne conteste pas en soi la suppression de l'ISF, il regrette l'absence de contreparties à cette mesure. « Il n'a rien fait à côté. Aucun geste pour les classes moyennes, aucune baisse d'impôts, aucune baisse de la CSG. Pas d'économie sur la dépense publique. Il prend dans la poche des classes moyennes » note le président des Républicains qui demande en raison du prix des carburants à ce que les taxes soient suspendues lorsque le prix du baril augmente.

Interrogé sur la pression migratoire en Europe, Laurent Wauquiez estime que « l'Europe accueille trop de migrants ». L'occasion également d'exprimer sa « colère » suite aux propos du président de la République expliquant que " ramener les étrangers chez eux c'est de la déportation. « Il aurait dû comprendre que ses propos étaient indignes. Quand on utilise les mots "camps" et "déportation" cela renvoie à la Shoah. Ramener les étrangers en situation illégale chez eux ce n'est pas de la déportation", c'est juste l'application du droit », souligne Laurent Wauquiez qui a rappelé trois des principales mesures mises en avant par les Républicains : conditionner tout aide aux pays africains au fait qu'ils reprennent leurs ressortissants ; contrôler les bateaux au départ des côtes africaines ; mettre en place des centres sur la Libye où seront traitées les demandes d'asile.

Et sur cette question migratoire, Laurent Wauquiez s'est dit à nouveau favorable à ce que la France détermine, par un débat au Parlement, le nombre de personnes à accueillir. « Aujourd'hui ce sont les passeurs, la mafia qui décident », dénonce Laurent Wauquiez pour qui « la vraie générosité c'est de se battre pour le développement de l'Afrique ».

Questionné sur les prochaines élections européennes qui se dérouleront en juin 2019, Laurent Wauquiez a marqué son désaccord avec l'affirmation d'Emmanuel Macron qu'il y aurait "une frontière entre les progressistes et les nationalistes". « Je n'y crois pas. Il n'y a pas de frontière mais il y a une majorité d'Européens qui veulent qu'on défende les frontières européennes », assure en forme de conclusion Laurent Wauquiez.

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