10 octobre 2018

« Être ministre de l'Intérieur, ce n'est pas seulement visiter des commissariats ! C'est un poste très important où on est sollicité, heure par heure, sur des sujets essentiels. Dire qu'on peut être Premier ministre et ministre de l'Intérieur, c'est minimiser le rôle de l'un ou de l'autre ».

Porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet, invitée de Sud Radio, mercredi, a fustigé les atermoiements de l'exécutif quant au remaniement ministériel motivé par la démission du ministre de l'Intérieur, voilà plus d'une semaine.

« Ce qu'on voit, c'est qu'Emmanuel Macron a totalement perdu pied, et pas seulement depuis quelques jours, mais depuis plusieurs semaines », juge la membre du bureau politique des Républicains.

« Ce remaniement, le président de la République le subit. On se retrouve avec un nouveau monde où les ministres ne veulent plus être ministres, partent, et les politiques ne veulent plus être ministres d'Emmanuel Macron », observe Laurence Sailliet qui dit comprendre que personne ne veuille le poste de ministre de l'Intérieur. «Qui va vouloir assumer la politique laxiste d'Emmanuel Macron, son aveuglement par rapport à la radicalisation ? Compte tenu de l'échec de cette première année de quinquennat, personne ne veut y aller », souligne la porte-parole des Républicains.

Laurence Sailliet pointe surtout la responsabilité du président de la République qui « décide de tout, qui affaiblit la position de ministre ».

« Quand le ministre de la Transition écologique et solidaire est parti, plutôt que de dire qu'il y avait peut-être un problème dans la politique, on a dit que le pauvre garçon n'était pas assez solide, que c'était trop dur. Quand le ministre de l'Intérieur est parti, on a dit que c'était un choix personnel, pour récupérer sa mairie de Lyon. Certes, c'était la vérité, mais il a dit deux choses en étant parti. Que dans les quartiers, c'est la loi du plus fort, des voyous, de l'islamisme radical. Qu'a fait Emmanuel Macron de cette remarque ? », interroge Laurence Sailliet.

Questionnée sur l'action du Gouvernement contre les violences faites aux femmes, la porte-parole des Républicains s'est dite « très déçue » par le bilan du Gouvernement et plus particulièrement par celui de Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes.

« On n'est pas capable aujourd'hui de protéger les femmes. La situation est grave, c'est intolérable. Dans le budget, c'est 200 millions, alors qu'on donne 1 milliard d'euros chaque année pour l'aide médicale d'État et on ne trouve pas l'argent pour aider les femmes ! », s'insurge Laurence Sailliet.

« Il faut que Marlène Schiappa dise qu'elle est déçue par les moyens qui lui sont donnés. Elle dit que ce n'est pas à l'État de tout faire. Mais quand on est ministre et qu'on a tant brandi son positionnement pour la défense des femmes, il me semble que le constat est très lourd pour elle. Si on ne lui donne pas les moyens de faire, qu'elle le dise ! », estime la porte-parole des Républicains.

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