17 octobre 2018

« Une fausse solennité. Une fausse modestie. Tout était faux, tant dans le fond que dans la forme ».

Invité ce mercredi de Sud Radio, Jean Leonetti, Vice-président délégué des Républicains, est revenu sur la déclaration du président de la République prononcée la veille au soir. Il a également évoqué le « scandale » de la campagne de délation orchestrée par l'exécutif contre les maires, mais aussi l'importance des élections européennes de mai 2019 et le projet que les Républicains porteront à cette occasion.

Un discours présidentiel faux

« Douze minutes pour rien sauf à comprendre qu'il ne changerait rien. Ce qu'il disait, c'était : j'ai entendu, mais je ne change rien », résume le maire les Républicains d'Antibes, qui ne comprend pas le « ton pathétique » employé par Emmanuel Macron.

« Il faut arrêter de nous donner le sentiment que la France est au fond du gouffre. Emmanuel Macron a exprimé une angoisse et même un fatalisme », dénonce Jean Leonetti qui attend du président de la République « de l'action et non du verbe. C'est bien de dire qu'il ne veut pas se soumettre au terrorisme, à l'islamisme, mais quelles mesures prend-il ? C'est bien de dire qu'il ne veut pas se soumettre à la finance internationale mais qu'a-t-il fait ? Il a enrichi 1% des plus riches des Français et a appauvri le reste de la population », tacle Jean Leonetti pointant le « divorce effroyable entre le mot et l'acte ».

Surdité du pouvoir

L'occasion d'évoquer « la surdité du pouvoir » envers les collectivités locales et territoriales. « C'est la première fois, dans la Ve République, que toutes les associations représentant les collectivités rompent le dialogue avec un exécutif qui se permet de modifier les taxes locales en les diminuant pendant qu'il augmente les taxes nationales », dénonce Jean Leonetti.

Quant à la campagne de délation #BalanceTonMaire, orchestrée par l'exécutif contre les maires ayant augmenté les taxes locales en raison du désengagement de l'État, « cela s'assimile à de la démagogie, du populisme », considère le Vice-président délégué des Républicains. « Désigner l'élu le plus populaire, celui qui est à portée de baffe, dans la rue, qui n'est pas derrière un micro en train de faire une déclaration solennelle, mais celui qui est le plus au contact de la population, et dire qu'il faut le balancer parce qu'il a augmenté les impôts, c'est de la démagogie et du populisme ! », insiste-t-il.

Un projet européen qui soit une espérance

A sept mois des élections européennes, Jean Leonetti souligne l'importance de ce scrutin. « Les enjeux de la planète se jouent au niveau des continents. Et si le continent européen faillit, il va se trouver en grande difficulté », considère Jean Leonetti qui « n'accepte pas cette idée qu'il y ait, d'un côté, les progressistes et, de l'autre, les populistes, les nationalistes ».

Rappelant que la famille des Républicains est le seul parti politique en France à avoir défini son projet européen et notamment les 7 piliers sur lequel il s'adosse, Jean Leonetti souligne l'attachement des Républicains à l'Europe. « Nous sommes pro-européens. Nous voulons construire une Europe que nous aimons mais que nous voulons changer. Nous voulons construire une Europe avec une civilisation européenne à laquelle on croit, des frontières qui sont gardées et étanches et en même temps un projet européen qui soit une espérance », souligne Jean Leonetti pour qui les Républicains sont « la seule alternative crédible » à Emmanuel Macron.

Enfin, interrogé sur la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public votée en octobre 2010 et que conteste la commission des droits de l'homme de l'ONU, Jean Leonetti réagit : « Que l'ONU s'occupe de l'international. Elle devrait développer son action pour la paix dans le monde et la réconciliation des peuples plutôt que de savoir s'il faut ou non masquer son visage en France », observe-t-il. « L'ONU a en son sein des pays dont on ne peut pas dire qu'ils sont des modèles de démocratie et encore moins de laïcité », fait remarquer Jean Leonetti qui considère le port de la burqa comme « une atteinte profonde à la dignité de la femme ».

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