11 juillet 2018

Premier Vice-président et Vice-président délégué des Républicains, Jean Leonetti était, ce mercredi matin, l'invité de la matinale de Radio Classique.

Deux jours après le Congrès de Versailles, Jean Leonetti regrette le « discours très long » d'Emmanuel Macron devant les parlementaires. « Nous aurions préféré qu'il soit plus concis et plus concret », déplore le maire "les Républicains" d'Antibes qui dresse le bilan de la première année de quinquennat d'Emmanuel Macron. « C'est moins d'autorité de l'État comme nous avons pu le constater avec Notre-Dame des Landes. Il a également beaucoup de difficulté pour parler du salafisme, de la laïcité, de l'autorité de l'Etat. Et il ne peut pas être un président économique de droite comme certains le prétendent car un président de droite ne creuse pas les déficits comme le fait Emmanuel Macron ».

Jean Leonetti pointe aussi le gouffre entre les paroles et les actes du président de la République. « Il a promis la suppression de 50 000 postes de fonctionnaires d'État et de 70 000 postes de fonctionnaires territoriaux. Aujourd'hui nous n'avons que l'annonce d'un début de commencement avec la suppression, au mieux, de 1 600 postes de fonctionnaires », précise-t-il.

Un exemple qui symbolise la cacophonie et le « flou » qui entourent l'action du Gouvernement « avec un ministre qui annonce que l'on va toucher aux pensions de réversion et un autre qui dit le contraire. Avec un ministre qui annonce des économies sur Bercy et le ministre concerné qui dit le contraire », relève Jean Leonetti pour qui « la lune de miel avec Emmanuel Macron est terminée.

Parce qu'ils ne le connaissaient pas, les Français lui ont donné le bénéfice du doute. Or, aujourd'hui l'état de grâce est terminé ».
« La seule façon de retrouver l'équilibre c'est de diminuer le train de vie de l'État. Or, au bout d'un an, on est loin du compte », peste Jean Leonetti qui garde en mémoire les 35 milliards de dette de la SNCF et les 25 milliards de la taxe d'habitation « qu'il faudra mettre dans la dette ou les rembourser ».

Interrogé sur les élections européennes qui se dérouleront en juin 2019, Jean Leonetti réfute l'affirmation d'Emmanuel Macron pour qui il y aurait "une frontière en Europe entre les progressistes et les nationalistes". « Le président de la République voudrait se trouver dans une belle situation face à Marine Le Pen. Nous considérons qu'entre le fédéralisme sans frontières défendu par Emmanuel Macron et la destruction de l'Europe portée par Marine Le Pen il y a un entre-deux, une voie, celle d'une Europe réaliste que nous, "les Républicains", portons ».

Au lendemain de la qualification de l'équipe de France pour la finale de la Coupe du monde de football, Jean Leonetti, qui se félicite de ce succès, souligne que « la cohésion, la solidité de l'équipe de France viennent de Didier Deschamps. C'est la discrétion au service de l'efficacité. Il agit beaucoup et s'exprime très peu. Le président de la République devrait s'inspirer de son action », glisse Jean Leonetti.

Le Vice-président délégué des Républicains a également été interrogé sur les ennuis judiciaires que rencontre le Rassemblent national (ex Front national) et qui pourrait conduire à la disparition de cette formation politique. «Ce n'est pas une bonne nouvelle quand on empêche le débat démocratique. Même si je suis très opposé aux thèses de Mme Le Pen, je considère qu'elle a le droit de continuer à s'exprimer », estime Jean Leonetti évoquant une « situation légale qui, en même temps, frustre la présomption d'innocence en empêchant un parti de s'exprimer ».

Le 1er Vice-président des Républicains considère également que l' « on n'a jamais intérêt à victimiser qui que ce soit. Et laisser penser qu'elle est la seule candidate anti-système alimente le sentiment du "tous pourris", "tous contre moi" ».

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